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 Dans les ruelles des Bas-Fonds [PV Mayu]

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Dans les ruelles des Bas-Fonds


Impressionnée par la taille et la prestance de la cité-Etat, Elizabeth était restée 10 bonnes minutes en haut du point de vue à observer la Technopôle. Elle n'avait jamais rien vu de tel, et cela dépassait tout ce qu'elle avait pu imaginer. Devant elle s'étendaient des bâtiments à perte de vue. Dans le ciel, quelques aéronefs semblaient assurer les navettes entre les différents quartiers. Et au loin, elle pouvait même apercevoir la tour des Technologues se détacher légèrement du reste de la ville. C'était tellement grand que cela lui en donnait le vertige.

Sitôt descendue de son perchoir, elle s'était mise en route vers l'une des entrées de la ville. Elle avait vite abandonné l'idée d'emprunter l'un des aéronefs, vu la queue qui s'étendait à perte de vue et le contenu de sa bourse. Aussi s'était-elle décidée à passer par les Bas-Fonds. La rousse n'avait jamais mis les pieds dans cet endroit, mais avait entendu parler de ses conditions de vie insalubres et du haut taux de mortalité qui frappait les "égoûts de la Technopôle". La Cité-Etat avait beau être l'une des plus grande puissances d'Ezylone, elle n'avait pas un système très égalitaire.

Elizabeth marchait depuis 10 petites minutes dans la rue, mais elle se sentait déjà très mal à l'aise. Tous les passants se retournaient sur sa chevelure de feu, et elle entendait beaucoup de messes basses la concernant. Elle savait que les cheveux roux était généralement associés à un phénix, mais elle ne pensait pas se faire autant remarquer. A Bubble-City, personne ne l'avait dévisagé de la sorte. De plus en plus en proie à un sentiment d'insécurité, elle avait sorti sa cape de son petit sac et avait camouflé ses boucles sous l'épais tissus grisâtre.

Mais la jeune fille n'avait pas pour autant baissé sa garde. Et pour cause : elle avait remarqué que trois hommes la suivait de près depuis quelques minutes. Paniquée, elle avait tenté de prendre des rues transversales, mais les hommes étaient toujours derrière elle. Accélérant le pas, elle foulait le sol crasseux avec détermination, bien décidée à semer ses stalkers. Mais elle ne connaissait pas la ville, et se retrouva bientôt face à face avec un cul de sac. Sentant l'angoisse monter en elle, elle se retourna vivement et planta ses prunelles bleues dans celles de l'homme qui semblait être le chef de la petite bande.


- Et bien ma jolie, tu pensais pouvoir t'échapper comme ça ? C'est pas souvent qu'on voit des rouquines dans le coin ... T'es pas d'ici hein ?


Il s'approcha de quelques pas, toujours entouré de ses deux acolytes aux allures de gorilles. Il n'était à présent qu'à quelques  mètres d'elle. Un épais brouillard commençait à s'élever dans les ruelles alentours, et Elizabeth senti son coeur s'emballer. Qu'est ce qu'il lui voulait ?

- Allez, si tu veux pas qu'il t'arrive des bricoles, tu vas gentiment me donner ton fric ok ?

Il s'était de nouveau approché, et avait sorti une lame de son manteau. Son halène empestait l'alcool et le tabac. Les deux gorilles étaient restés en retrait, pensant sûrement que leur chef n'avait pas besoin d'aide pour dépouiller une pauvre fille paumée. La rousse déglutit lentement, et senti ses jambes s'affaiblir petit à petit. A la vue du couteau, elle n'était vraiment pas rassurée. Et si son argent ne leur suffisait pas ? D'une voix tremblante, elle articula :

- Lai ... Laissez moi tranquille, sales brutes ..

Le ton n'était pas très convainquant, on aurait dit qu'elle allait se mettre à pleurer. La brume autour d'eux avait refroidit la température, et elle était maintenant frigorifiée. Elle avait désespérément besoin d'aide.

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MessageDim 26 Nov - 19:28


Emmitouflée dans sa cape de voyage, l'Âme craignait d'être reconnue en tant que tel. Les êtres aux cheveux translucides attiraient facilement le regard, et bien que les siens tendent vers l'incarnat, ils étaient tout de même différents des teintes banales. Pas le passé, elle avait déjà eu des ennuis, et si elle était fière d'être ce qu'elle était, d'autres souhaitaient seulement l'utiliser à de sinistres fins. C'est pour tous ceux là qu'elle préférait la discrétion à l’exhibition. Resserrant le tissus autour de son visage, la demoiselle pressa le pas. Elle voulait quitter les bas-fonds avant la nuit pour gagner une auberge plus fréquentable. L'air était si étouffant ici. Mayu se prit à faire la comparaison entre les terres où elle était nées et la Technopôle. Qu'est ce que les habitants de la cité pouvait bien lui préférer à de vastes étendues verdoyante où l'air et l'eau étaient aussi pur que translucide ? C'était incompréhensible.

Les ruelles se succédaient, sombres, enfumée. Elle n'avait eu aucun mal à entrer, sortir le serait surement moins après la rencontre avec la personnalité qu'elle cherchait. Il n'était pas recommandé de fréquenter certains groupuscules que la ville avait vu naître au fil des ans. Mais ils étaient aussi les seuls à posséder certaines informations, dont celle qui l'avait convaincu de se déplacer aujourd'hui. Un épais brouillard tomba soudain sur les ruelles alentours et la blanche s'arrêta, surprise. Elle avait conscience de s'être perdue dans ses pensées, mais tout de même ! Cette brume et l'air glacé qui la composait s'étaient imposés si vite !

Des éclats de voix lui parvinrent et elle décida de céder à la curiosité et de se glisser discrètement, frôlant les murs, vers leur origine. L'Âme savait portant à quel point il était dangereux de traîner ici bas. Mais peut être découvrirait elle là une personne qui pourrait la conduire à son objectif. Se cachant dans l'ombre, Mayu s'avança jusqu'à apercevoir une femme et trois hommes. L'un deux, en avant par rapport aux autres, était en position agressive. Ses joues rougies témoignaient toutefois du nombre de verres qu'il avait du descendre avant de s'attaquer à la première venue. La femme était vraisemblablement paniquée et c'est d'une voix tremblante qu'elle répondit à la demande du goujat en bleu de travail usé.

Agacée par la façon dont cet homme ignoble se comportait, la blanche sortit de la brume et alla se placer aux cotés de l'inconnue, mains sur les hanches. Son regard reflétait toute la haine qu'elle éprouvait pour ce genre d'individu incapable de se tenir en société. La pauvreté n'excusait pas tout, et surement pas ce genre de comportement ! Bien droite, la tête haute, la demoiselle ne les craignait pas. Ils étaient surement trop alcoolisés pour être capable de quoi que ce soit, et dans tous les cas, ce n'étaient pas les premiers malfrats qu'elle rencontrait.

- Vous n'avez pas honte de vous en prendre à une femme seule ? A trois qui plus est !


Ses yeux brillaient d'une colère non contenue, c'était tout de monde un monde ! S'attaquer à une personne sans défenses pour lui voler ses moyens de survivre ! L'homme de tête ne semblait pas inquiété de la nouvelle venue, il haussa les épaules et lâcha avec négligence :

- Chacun s'en sort comme il peut ma petite dame. Mais peut être que tu veux participer aussi ?

Avait elle bien entendu ? Il prétendait que c'était là sa seule façon de s'en sortir ? Elle n'avait rien entendu d'aussi stupide depuis la prétendue disparition de la Chimère il y avait cinq an de cela. Sans se détourner des truands, elle demanda à voix basse à la rousse :

- Tu cours vite ?
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MessageMer 29 Nov - 0:18



Dans les ruelles des Bas-Fonds


Elizabeth n'osait pas regarder son interlocuteur dans les yeux, tant elle était effrayée. Des dizaines de scénarios tous plus horribles les uns que les autres se bousculaient dans sa tête, faisant ressortir sa paranoïa maladive. Tous les autres étaient un danger, elle ne pouvait avoir confiance qu'en elle.

Mais alors qu'elle perdait peu à peu foi en l'humanité, une étrange fille aux cheveux d'argent interpella ses agresseurs, leur faisant remarquer le ridicule de la situation. La rousse était d'accord : ils n'étaient que des déchets ambulants incapable de gagner leur vie honnêtement. Cependant, elle n'était pas convaincue de la démarche de la blanche. Etrangement, les trois bandits avaient laissé cette dernière venir se placer aux côté d'Elizabeth, et essayèrent même de l'entrainer avec elle.

La rousse bouillonnait de colère. Elle ne pouvait pas imaginer que de tels abrutis existent. N'existait-il pas quelque part des gens honnêtes et capables de simplement vivre leur vie tranquillement ? Depuis son plus jeune âge, elle savait à quel point le monde pouvait être pourri, mais depuis qu'elle était parti de Bubble City, elle n'arrivait plus à passer outre.

Elizabeth aurait pu rester longtemps à pester contre le monde entier, mais elle fût interrompue dans ses pensées par le chuchotement de son alliée provisoire. Imperceptiblement, elle hocha la tête, espérant qu'elle la regardait. S'il fallait courir, elle courrait. Et avec la brume qu'elle générait, elles pouvaient rapidement semer leurs adversaires. La rousse se redressa, et toisa l'homme le plus proche d'elle. Elle avait moins peur maintenant qu'elle n'était plus seule, et elle voulait les feinter. Arborant un léger sourire narquois, elle déclara :

- Tu fais moins le malin, gros tas de graisse ! Retourne donc t'occuper de ta femme au lieu de me chercher des ennuis. Ah mais non, j'oubliais ! Elle t'a probablement quitté depuis un bon bout de temps vu ton niveau d'hygiène répugnant.

L'intéressé devint violet et se jeta sur elle. C'était ce qu'espérait la rousse, qui l'esquiva d'un léger bond sur le côté avant de partir à toute vitesse vers la ruelle adjacente. Les deux autres ivrognes avaient visiblement trop abusé de la bouteille pour réagir assez rapidement, et elle réussi très vite à s'échapper. Elle ne prit pas la peine de regarder derrière elle si l'inconnue la suivait : elle courrait, sans réfléchir. A gauche, à droite, encore à droite puis à gauche. Finalement, elle se précipita dans une espèce de taverne et s'adossa au mur, essoufflée. Haletante, elle tentait vainement de reprendre son souffle, et se tourna enfin pour voir si la blanche était toujours là.

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MessageSam 2 Déc - 5:06


La rousse lui avait signifié d'un discret hochement de tête qu'elle serait capable de fuir si la situation le nécessitait. Rassurée, Mayu se détendit légèrement, elle n'avait donc pas à s'en faire pour elle. Si cet échange dégénérait, l'inconnue pourrait fuir loin de ces malotrus. Elle ne s'était par contre pas attendu à ce que la jeune femme les provoque ouvertement. Ses mots entraînèrent un excès de colère chez l'individu qui se jeta en avant, droit sur elles.

La blanche n'eut que le temps de bondir sur le côté, se rattrapant contre une palissade, du coin de l’œil, elle vit celle qu'elle avait sauvé esquiver et sprinter vers une rue qui plongeait droit vers le labyrinthe des Bas-Fonds. Si elle ne partait pas maintenant, elle ne la rattraperait pas. Mais peut être que cette demoiselle n'avait pas envie d’être suivie ? Après tout, l'Âme ne connaissait rien d'elle, et ne savait pas pour quelle raison elle se trouvait ici.

La curiosité piqua la blanche plus que l'inquiétude et elle prit la direction que l'inconnue avait emprunté avant elle après avoir fait un croche-pied à celui que la suivait. Elle prit une fraction de seconde pour se retourner, notant qu'il gisait à terre, puis accéléra, se fiant au bruit de pas puisqu'elle ne distinguait rien dans l'épais brouillard. Elle prit plusieurs virages, à tel point qu'elle perdit totalement le sens de l'orientation. Elle n'avait plus aucune idée d'où elle se trouvait par rapport à son point de départ, et ce n'était pas pour lui plaire. Son premier maître lui avait toujours appris que se repérer dans un nouvel endroit était très important.

Ses pensées angoissantes furent chassées par le bruit d'une porte qui s'ouvre. Mayu pila net et s'engouffra à sa suite avant de fermer la porte derrière elle. À travers le brouillard, elle ne distinguerait de toute façon pas si leur poursuivant s'était relevé pour les rattraper ou non. Essoufflée, la blanche prit une minute pour récupérer puis elle observa les lieux. Un comptoir couvert de crasse, des verres encore moins propres et une odeur infecte d'urine et de vomis. Le sol comportait plus de tâches que les monts gelés des grottes. Quel endroit ignoble. Mayu se tourna vers la rousse et lâcha à mi-voix :

- On dirait qu'on les a semés. Tu vas bien ?

En attendant sa réponse, l'Âme s’intéressa aux prix affichés au comptoir. Que des alcools de mauvaises qualités, et rien de réellement buvable. La blanche soupira, l'idée de demander un verre d'eau lui effleura l'esprit, mais un simple regard au robinet rouillé et entartré la découragea et elle se tourna à nouveau vers la femme :

- On ne devrait pas rester ici. Vu l'état des lieux, il est fort probable qu'on y trouve rien de mieux que d'autres malfrats dans leur genre.

Se rendant compte qu'elle ne s'était pas présenté, elle acheva en lui tendant la main :

- Au fait, je m'appelle Mayu, et toi ?
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MessageDim 24 Déc - 14:52



Dans les ruelles des Bas-Fonds


Le bar dans lequel les deux jeunes filles avaient trouvé refuge était encore plus sale que les caniveaux des ruelles adjacentes. Il y flottait un mélange d'odeur de vomi, d'alcool, de sueur, de renfermé et de tabac froid. Mais Elizabeth ne pouvait pas se résoudre à respirer cet air putride par la bouche, et se résigna à supporter l'odeur. Autour d'elles, la plupart des clients étaient couchés sur leur table, ou regardait le vide d'un air absent. Les verres semblaient perpétuellement vides, pourtant une serveuse s'occupait de les remplir inlassablement. Le liquide brunâtre qui coulait de son pichet en fer tenait plus d'une bière ratée que d'un Whisky de grand cru. A n'en pas douté, les prix ici devaient être exceptionnellement bas.

L'inconnue aux cheveux blancs s'adressa à elle afin de s'assurer que tout allait bien. Elizabeth lui répondit par un bref hochement de tête accompagné d'un sourire reconnaissant. Elle n'était pas très bavarde, comme d'habitude, mais elle n'en voyait pas l'utilité pour le moment. De plus, l'atmosphère pesante du bar l’étouffait, et elle n'était pas plus rassurée. Quand la blanche lui proposa de quitter cet endroit, elle répondit :

- Je suis du même avis. En plus, avec le brouillard, ils n'ont pas pu nous suivre.

La rousse se garda bien de dire qu'elle était la source de cette soudaine brume. Après tout, elle ne connaissait encore rien de cette étrange fille, et même si cette dernière l'avait sauvée, elle n'était pas encore prête à lui accorder sa confiance. C'est pour la même raison qu'elle se présenta sous le nom de Lisa. C'était une habitude qu'elle avait prise depuis son départ de Bubble City. Un moyen de s'assurer que personne ne suive sa trace, qu'aucun Attrape Coeur ne puisse la retrouver. Ou du moins, essayer de ralentir leurs recherches.

Elizabeth sorti du bar miteux avant que l'une des serveuses ne les interpellent, et se plaça sur l'une des rares dalles éclairées par un timide rayon de soleil. La brume s'était dissipée, mais les bâtiments et les fumées des usines proches rendaient la lumière rare dans ces quartiers défavorisés. La rousse s'étira, puis adressa un sourire à Mayu avant de déclarer :

- En tout cas, merci pour ton aide. Tu n'étais pas obligée mais tu es quand même venue à mon secours. Peu de gens auraient fait comme ça.

Wow, trois phrases d'affilé ! C'est qu'elle commençait à délier sa langue ! Elle poursuivit :

- Tu habites ici ?







Merci à Vhaera pour ce petit kit ♥️

Elizabeth écrit en #ef1928

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MessageMar 26 Déc - 1:39


La jeune femme acquiesça à ses inquiétudes, la rassurant, avant de lui confier être du même avis. Puis, en réponse à ses politesses, elle lui annonça son nom, Lisa. C'était assez classique finalement, cela ne serait pas dur à retenir. Comme la rousse avait l'air de dire qu'il était peu probable que les bandits les aient suivi dans la brume, Mayu resserra les pans de sa cape et sorti à sa suite. L'air était aussi irrespirable à l'intérieur qu'à l'extérieur, l'ambiance de ces rues insalubre usait ses nerfs. Elle préférait cent fois les senteurs de Mystarcia, où, à son opposé, l'air pur de Cirdania à cela... Le ciel était à nouveau dégagé, laissant ses rayons timides se frayer un passage à travers la fumée âcre qui brûlait ses poumons.

La demoiselle semblait plus détendue à présent qu'elle n'était plus pourchassée par d'odieux individus, elle souriait même franchement. Quoi de plus normal après tout ? Elle la remercia et c'est tout naturellement que la blanche lui rendit son sourire. Malgré l'effet désagréable qu'avait l'endroit sur son humeur, il fallait avouer qu'il y avait entre elles une bonne entente instinctive qui lui plaisait. Elle parlait peu, mais Mayu savait reconnaître cette qualité quand elle la croisait. Pour une fois qu'elle n'avait pas affaire à une pipelette intarissable dont elle peinaient à se débarrasser en restant courtoise, cela la satisfaisait. Aussi répondit elle sincérement :

- Ne m'en remercie pas, je pense que toute personne bienfaisante aurait pris le parti de te défendre devant ces malotrus.

La question qui suivit fut directe, sans détour et la réponse tomba sans voile, un peu hésitant :

- À vrai dire... Je n'ai pas de demeure. Je laisse le vent me porter comme il en accompagne tant d'autres. Mais je saurais nous guider en dehors de cet enchevêtrement de taudis. De ce qu'on m'en a expliqué, il nous suffit de rejoindre les Faubourgs du Milieu, là-bas, trouver une auberge fréquentable sera plus aisé. Qu'en pense tu ?

L'Âme avait beau dire cela, elle ne connaissait absolument pas le chemin pour sortir des Bas-Fonds. La simple idée de se perdre d'avantage l'angoissait. La blanche détestait ne pas connaître le chemin, sa soif de contrôle était plus forte que sa passion pour l'inconnu. Il fallait dire qu'il ne restait que peu d'endroit en Ezylone qu'elle n'ait parcouru en ses deux cents ans de vécu. Instinctivement, elle pensa aux Terres Maudites, puis aux différentes Iles et cité sous-marines du royaume de Mû. Elle l'avait pourtant traversé une fois, cette mer aux eaux turquoises et si limpides qu'on en apercevait les fonds avant que les profondeurs n'engloutissent tous sur leur passage. Rêveuse, elle lâcha dans un souffle :

- Je me demande ce que cela fait d'être immergée dans une ville où tout se déroule au ralenti... Comme dans un rêve.

Secouant la tête, elle chassa ses idées chimériques et reprit :

- Pardon, j'ai souvent la tête ailleurs ses temps-ci, ne tardons pas, je ne souhaite pas passer la nuit dans cet horrible endroit.


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MessageMer 10 Jan - 22:18



Dans les ruelles des Bas-Fonds


Mayu s'avérait être une voyageuse tout comme elle, une aventurière laissant son coeur décider où aller et quoi faire. Elizabeth sourit en repensant à ses propres découvertes, à ses propres voyages. Même si parfois elle regrettait son ancien foyer et cette stabilité, l'excitation qu'elle ressentait et sa soif de découverte valaient toutes les maisons du monde.

A sa proposition de quitter les Bas-Fonds, la rousse ne put qu'acquiescer.

-Oui, il me tarde de quitter ces ruelles nauséabondes et mal famées. Je te suis.

D'un signe de tête, elle indiqua à la blanche d'entamer la marche. Les pavés étaient glissants, couverts de crasse et de détritus. Il lui faudrait sans doute se racheter une nouvelle paire de bottes après ce périples, car celles qu'elle possédaient étaient déjà bien abîmées. Et avec une courses pareille, elles avaient prit un sacré coup.

Tout en marchant, il sembla à la jeune fille que sa camarade était pensive. Les yeux dans le vague, elle laissa même échapper presque dans un murmure sa fascination pour les villes aquatiques. Elizabeth frissonna. Elle savait, elle, ce que c'était que d'avoir cet amas d'eau au dessus de la tête. Cette menace constante, et cette peur aussi, que la bulle ne cède et que tout soit englouti. Certes, les paysages étaient atypiques, magnifiques pour toute personne n'ayant pas grandit dans ces quartiers : les coraux, les créatures aquatiques colorées, et les sirènes qui nageaient tout autour. Mais pour elle qui était née là bas, toutes ces merveilles n'effaçaient pas la douleur qu'elle avait toujours ressenti. Comme si cette eau tout autour absorbait ses forces vitales. La rousse se souvenait de ses nuits agitées, de ces soirées où elle était restée alitée, faible, aux portes de la mort. Elle ne voudrait y retourner pour rien au monde.

- Oh, tu sais, ce ne doit pas être si ... fantastique. Et l'atmosphère doit y être étouffante. Je ne voudrais pas y vivre ...

Etrangement, elle avait laissé une partie de son passé émerger, et se surprit à exprimer son sentiment. Ce n'était pas dans ses habitudes. Secouant la tête, Elizabeth reprit avec un sourire poli :

- Mais dis-moi, d'où viens-tu si tu n'es pas d'ici ?

Elle se garda bien de demander quelle était la cause du trouble de la jeune fille, se doutant qu'il était encore trop tôt pour ce genre de révélations.

Après une bonne dizaine de minutes de marches, les deux femmes n'étaient pas plus avancée qu'auparavant. Toutes les ruelles se ressemblaient, et Elizabeth avait l'impression de tourner en rond. Elle était loin d'imaginer qu'elles se trouvaient à à peine deux pâtés de maisons de leur objectif. Anxieuse, elle glissa ses doigt dans sa chevelure, tandis qu'autour d'elle la brume se formait de nouveau. Bien moins épaisse que la précédente, elle refroidit tout de même l'atmosphère de quelques degrés, et la rousse se surprit à frissonner.

- On devrait se dépêcher ... Je n'aime pas cet endroit. Tu es sûr du chemin à prendre ?







Merci à Vhaera pour ce petit kit ♥️

Elizabeth écrit en #ef1928

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MessageSam 13 Jan - 10:03

La rousse lui fit part de son avis sur les cités sous-marines, bien moins fascinée qu'elle. Ensuite, elle lui demanda d'où elle venait. Un voile passa devant ses yeux un infime instant, le temps pour son esprit de faire résonner, en écho, cette question pourtant essentielle. Elle se souvint d'un vieux poème dans un carnet de cuir relié qui parlait de grisaille et de néant, de l'odeur du papier et de la poussière, et d'un homme au visage ridé dont les traits demeuraient flous, perdus. La blanche répondit en s'étirant, chassant la mélancolie d'une conséquence contre laquelle elle ne pouvait rien :

- Je suis née à Sahl, près de Cirdania. J'ai grandi dans un grand manoir rempli de livres, perdu au milieu de la végétation, un endroit silencieux qui laisse beaucoup d'espace à la réflexion. J'ai aimé cet endroit de tout mon cœur, mais il a fini par devenir trop étroit et je me suis résolue à le quitter.

Mayu bifurqua encore sur la droite, puis sur la gauche, elle ne parvenait même pas à se souvenir du nombre de fois où elle avait dû choisir entre deux rues parfaitement similaires. Elle se sentait prise au piège et le bien-être qu'elle avait ressenti plus tôt en évoquant le souvenir de ses premières années de vie s'estompait en laissant place à une angoisse sourde qui grondait au fond de son estomac. La jeune femme détestait cet endroit. La voix de Lisa la tira de ses pensées, inquiète, elle ne fit que refléter les incertitudes de la demoiselle.

- On ne devrait plus être loin.

Elle ne pouvait en dire plus et n'espérer tromper personne, alors elle se tue et continua d'avancer dans cette étrange brume qui survenait comme elle disparaissait. Mayu serrait et desserrait les poings dans les larges poches de sa cape de voyage. Elle avait hâte de sortir des bas-quartiers, mais elle savait que les sentiments pouvaient se répandre comme une traînée de poudre si elle les laissait transparaître. Aussi accorda t'elle un sourire rassurant à la jeune femme, tentant de la distraire en l'amenant sur un autre terrain :

- Qu'est-ce qui t'amène à la Technopôle ?

Ce n'est qu'après l'avoir demandé qu'elle se rendît compte de son erreur. Si la rousse lui retournait la question, elle devrait mentir. La personne, ou plutôt, les personnes, que la blanche cherchait à rencontrer, n'avaient rien d'idoles ou de bienfaiteurs. Du moins, pas aux yeux de la majorité des êtres vivant de cette ville trop grande. Elle voulait rencontrer ceux qui cherchaient à rétablir l'équilibre. Car, que l'on soit fille de roi ou de personne, d'un pied, on se tient dans l'ombre, de l'autre seulement dans la lumière.


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MessageVen 9 Fév - 21:33


Dans les ruelles des Bas-Fonds


La rousse écouta l'histoire de Mayu avec attention, hochant la tête pour manifester son intérêt. Sahl ... Bien qu'elle soit passée plusieurs fois sur les Terres Agricoles d'une des plus grandes région d'Ezylone, elle n'avait jamais pris le temps de s'y arrêter, ne serait-ce que quelques jours. Il fallait dire que la plupart du temps, elle était focalisée sur sa piste, et ne faisait que très peu de haltes. Elizabeth se sentait proche de Mayu lorsqu'elle évoqua son besoin de voir plus grand. Elle aussi avait eu besoin de quitter le cocon dans lequel elle avait grandit, elle aussi n'avait pas supporté la prison d'eau qui s'affaissait petit à petit au dessus d'elle.

-Oui, je comprend ... On ressent tous un jour le besoin de quitter ses parents, je suppose. En tout cas, moi, ça ne me manque pas trop.

Bien sûr, c'était totalement faux. Sa mère lui manquait terriblement, mais la rousse s’interdisait de penser à sa famille, à ses anciens amis. Sinon, elle risquait de craquer, et de retourner à Bubble City. Et ce n'était vraiment pas ce qu'elle aurait pu faire de plus intelligent.

Les deux jeunes filles progressaient d'un pas hâtif, espérant avancer dans la bonne direction. Aucune des deux ne se sentait vraiment rassurée, surtout avec la brume qui les entourait. Elizabeth savait bien d'où elle venait, mais jamais elle ne l'aurait avoué à la blanche. A vrai dire, elle avait vraiment honte de ne pas réussir à se contrôler. Lorsque Mayu lui demanda ce qu'elle faisait à la Technopôle, la jeune fille ne su que répondre.

- Et bien ... Je cherche quelqu'un, en fait. Quelqu'un qui a disparu depuis longtemps. C'est ... C'est mon boulot, ce genre de choses.

Elizabeth espérait que ses informations évasives suffiraient sa camarade. Elle voulait lui faire confiance, mais ne pouvait se le permettre. Et puis, passer pour un chasseur de primes, ça fait intimide toujours un peu. Elle reprit ensuite :

- Et toi ? Tu es venue ici dans quel but ?

Et tandis que la rousse écoutait la réponse de la blanche, les deux jeunes filles tombèrent au détour d'une ruelle sur un canal qui marquait la fin des Bas-Fonds, et le début des Faubourgs du Milieu.

- Oh, regarde ! On a fini par trouver la sortie, finalement. Je suis soulagée, j'avoue.

Elizabeth se hâta de traverser le petit pont qui permettait de passer d'un quartier à l'autre, et désigna ensuite ce qui semblait être une enseigne pour une auberge.

- Et si on allait faire un tour par là bas ?







Merci à Vhaera pour ce petit kit ♥️

Elizabeth écrit en #ef1928

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MessageSam 10 Fév - 3:07

Lorsqu'elle approuva, évoquant ses parents, Mayu resta de marbre. Des parents... Si seulement elle savait ce que cela impliquait, elle pourrait mentir pour garder la face, mais elle n'avait aucune idée de ce que cela était censé représenter. Elle savait que de nombreuses personnes grandissaient sans, et qu'ils ne s'en portaient pas plus mal, alors pourquoi en faire toute une histoire ? Sans doute que le besoin de propager ses gênes, ou simplement de procréer, créait un lien étroit entre ces êtres du même sang. Lisa évoqua alors le but de sa présence, parlant d'une personne qu'elle souhaitait rencontrer en évoquant le fait que son travail consistait à retrouver des personnes disparues.

Mayu se tapota la lèvre supérieure, pensive. Cherchaient-elles la même personne ? La rumeur de sa disparition récente avait peut-être poussé des gens avides ou rancuniers à se lancer à sa poursuite. Devait-elle se méfier de sa compagne de route ? Se remémorant sa rencontre avec les trois bandits, elle conclut qu'elle n'avait pas de souci à se faire. Elle ne représentait pas un danger, physiquement. Mais qui savait de quelles ressources elle disposait en dehors ? Il pouvait s'agir d'une mage. Un corps frêle pouvait cacher le plus redoutable arsenal. Comme elle l'avait craint, la rousse lui retourna sa question et elle haussa les épaules, pensive :

- Il semblerait que nous soyons toutes les deux ici pour la même raison. Je suis la piste d'une personne depuis un moment déjà, et j'ai appris qu'elle se trouvait en ville, bien que je n'ai strictement aucune idée de l'endroit où elle pourrait se cacher.

Elle lui offrit un grand sourire amusée avant de s'exclamer :

- Je suis venue participer à une partie de cache-cache, on dirait !

La gargouillis de l'eau attira son attention sur l'horizon et c'est avec soulagement qu'elle repéra le panneau signalant qu'elles seraient dans les faubourgs du milieu une fois le pont franchit. Lisa semblait aussi ravie qu'elle et la blanche lui renvoya son regard réjoui, rassurée de ne pas avoir à passer la nuit dans un endroit aussi mal fréquenté. Elles traversèrent rapidement, la demoiselle jetant un regard par-dessus la rambarde pour constater que l'eau qui circulait dans le canal était aussi polluée que les ruelles qu'elles avaient suivies.

Tandis que la rousse lui proposait de se diriger vers l'auberge qu'elle entrevoyaient non loin, elle songeait déjà à un bon repas, un bain chaud et un lit moelleux. S'étirant, elle hocha la tête pour approuver l'idée, ajustant sa cape sur ses épaules. Elle pénétra dans l'humble bâtiment à deux étages et se rendit directement au comptoir ou elle commanda de quoi se restaurer ainsi qu'un pichet de bière, craignant que l'eau soit imbuvable, puis elle alla s'asseoir à une petite table contre le mur, avec vision sur la porte. L'endroit était plutôt animé, mais chaleureux. La propriétaire était une femme de caractère au rire carillonnant, et son mari, le cuisinier, leur servit un des meilleur pain de viande qu'elle ai jamais mangé.

À chaque fois que la porte s'ouvrait, le regard de la blanche se dirigeait naturellement vers la personne qui entrait. Elle espérait la voir apparaître, cette grande rousse aux yeux océaniques. Elle n'avait pas caché le fait qu'elle la cherchait, demandant à de parfaits inconnus s'ils savaient où la trouver en espérant que sa présence serait rapportée. Après tout, cette femme avait des contacts partout dans les étages inférieurs. Une petite brune en combinaison vert bouteille à demi-ouverte sur une brassière entra et observa la salle d'un regard circulaire. Avisant la blanche, elle se rapprocha de leur table et s'assit à la seule chaise libre qu'il restait avant de demander à mi-voix, aussi sérieuse qu'inquiétante tant son regard était sombre malgré sa couleur ambrée.

- Qu'est-ce que vous voulez à ma sœur ?

Mayu tiqua avec un temps de retard. Sa sœur ?! Son identité ne pouvait donc qu'être... Radja ? Elle ne pensait pas un seul instant que cette figure de la révolte se déplacerait en personne. La blanche avait espéré rencontrer la cadette, afin d'avoir plus de chance de lui faire parler de leurs plans d'actions à venir. Avec l'aînée, elle n'avait aucune chance. Confiante, elle répondit sans ciller :

- J'avais quelques questions à lui poser, mais je suppose que vous pourriez tout aussi bien y répondre. Toutefois, je ne voudrais pas mêler cette jeune femme à quelque chose qui ne la concerne aucunement. Peut-être pourrions-nous nous rencontrer à nouveau dans un endroit plus discret ? J'ai grandement besoin d'un bain et d'une bonne nuit de sommeil, je préférerais avoir les idées claires pour une discussion de cette importance.

La brune plissa les yeux, et Mayu lui renvoya un sourire sincère. Elle n'aurait pas deux fois cette chance. Il était hors de question qu'elle la gâche par fatigue. Secouant la tête en soupirant, Radja haussa les épaules et lâcha en se relevant :

- Très bien, j'enverrais quelqu'un vous chercher.

Elle quitta l'auberge comme elle était entrée, sans faire de vagues. Mayu se détendit alors et déclara avec amusement :

- Je crois que la partie de cache-cache est terminée.

Puis, achevant son godet de bière, elle s'excusa :

- La journée à été longue et je meurs d'envie de me détendre dans un bon bain. C'était agréable d'avoir de la compagnie pour traverser les bas-fonds, je ne m'en serais sûrement pas aussi bien sortie seule. J'espère que nous auront l'occasion de nous croiser à nouveau. Sur ce, je te souhaite une excellente soirée et la chance de trouver celui ou celle que tu cherches.


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Dans les ruelles des Bas-Fonds [PV Mayu]
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