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 Le mythe du diadème | Hétélia & Ailyn

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MessageMer 13 Déc - 19:13


Le soleil pointait enfin le bout de son nez, éclairant la mer à l'instant encore d'un bleu sombre de ses rayons orangés. Lodriel fixait le spectacle devant lui, comme hypnotisé. Il trouvait cela particulièrement fascinant. Il adorait la couleur du soleil quand il se levait ou se couchait, surtout lorsqu'il se reflétait sur une étendue d'eau. Et il affectionnait particulièrement le son des vagues qui s'échouaient sur la plage. Pour un manieur de feu, il était plutôt à l'aise dans l'eau. Bien sûr, il ne pouvait faire usage de pyromanie dedans, mais il aimait particulièrement se baigner ou observer l'élément. Cela l'apaisait. Et le fait de regarder sans se hâter ou s'inquiéter le soleil levant sur la plage, face à la mer, lui rappelait de lointains souvenirs qui étaient loin d'être désagréables.

Assis en tailleur sur un rocher de la dite plage, il finissait de griller son cinquième joint de la nuit, qui était en train de devenir celui du matin. Il n'avait pas beaucoup dormi. D'une part, parce qu'il se trouvait dehors, d'une autre, parce qu'il n'avait pas sommeil. Cela faisait quelques jours qu'il se traînait sans efforts de-ci de-là. Il avait eu largement le temps de se reposer, et flânait librement depuis hier sans objectif précis.

Il ne ruminait pas ses idées noires ce matin. Mais il savait qu'à force de rien faire, elles reviendraient le hanter assez rapidement. Lodriel n'était pas du genre à rester inactif, pas tout seul en tout cas. Il savait que sans personne à qui parler, il commencerait assez rapidement un monologue intérieur douloureux, inutile et stupide, qui le rongerait lentement. Il se leva donc, broya négligemment le bout de son mégot sur le rocher, et retourna en direction des habitations, maintenant qu'il faisait déjà bien jour.

Il se demandait si les gens d'ici, aussi heureux et rayonnants étaient-ils, avaient quelque chose à lui donner pour l'occuper. Il imaginait mal un habitant de l'endroit lui donner un travail intéressant, surtout vu son métier... Mais il ne désespérait pas. Si bien qu'il se ralluma un sixième joint.

Finalement, ce qui allait lui occuper la journée lui tomba dessus sans qu'il n'ait à chercher de lui-même. Et par tomber dessus, c'était vraiment littéralement.

Au coin d'une rue, une affiche qui virevoltait avec la brise lui atterrit en plein dans la figure. Il la retira rapidement, d'une part parce qu'il ne voyait rien, et de l'autre car le bout de sa clope était en train de mettre le feu au papier. Il mit le parchemin à bonnes distances de ses yeux et le déchiffra rapidement, alors que le coin supérieur droit était déjà en train de se consumer. Il eut un petit sourire lorsqu'il eut finir de lire, et une fois cela fait, il prit le contrôle de la petite flammèche, et l'intensifia afin de totalement détruire le morceau de papier.

Puis il se dirigea tranquillement vers l'adresse qu'il venait de lire et qu'il avait retenu. Comme tout bon assassin, Lodriel avait une certaine mémoire, un instinct et un bon sens de l'observation. Il n'avait aucun mal à se souvenir des informations importantes. Pire, il était extrêmement amusé par le fait d'observer attentivement les gens et les choses, pour deviner certains faits à leur propos. Lodriel était curieux de nature, de la nature des gens notamment, mais il était aussi légèrement misanthrope. Autant dire que c'était un personnage haut en couleurs et un peu paradoxal. Enfin, pour savoir cela, il fallait oser s'adresser l'armoire à glace antipathique de presque un mètre quatre-vingt qui déambulait dans la rue en fumant son joint, et réussir à faire ami-ami avec lui. Ce qui était très compliqué, pour ne pas dire proche de l'impossible.
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MessageJeu 21 Déc - 13:45


Nul ne saurait dire ce qui poussa véritablement l’Ael à se prendre pour une justicière dés son plus jeune âge. Etait-ce son éducation, qui dans les moindres détails prônait le respect, ou cette fascination maladive qu’on lui connût, à suivre la milice dans leurs moindres faits et gestes lors de son adolescence ? Ses propres parents n’auraient su répondre à cette question, mais il va sans dire qu’ils préféraient une jeune femme aux principes bien ancrés plutôt qu’une idiote de peu de valeur. C’était un jugement, et Ailyn les détestait tous autant les uns que les autres, sans pour autant se permettre de réprimander ceux qui en faisaient part.

Elle n’était personne, pour faire respecter la loi. Aucune insigne, aucun moyen de pression si ce n’est psychologique. Qu’une artiste vagabondant dans la capitale, en connaissant le moindre recoin, se contentant de froncer les sourcils aux infractions qui lui passaient sous le nez. La jeune femme ne soupirait plus, elle se forçait à les ignorer. Le but de sa vie était d’en profiter au maximum, de ne pas se préoccuper ce qui pouvait lui apporter du malheur. De voir le bon en chacun, l’espoir qui pesait sur les épaules du moindre passant. Le sien, bien entendu, ne lui échappait pas le moins du monde.

Elle revenait d’une promenade en cheval lorsque la nouvelle tomba : un vol avait été commis. Arrachant le parchemin placardé au panneau de bois en prenant soin de ne point en arracher un bout, elle le relut plusieurs fois. Quelque chose clochait. Il était habituel que des vols se produisent, cependant les informations manquaient cruellement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Ailyn n’appréciait pas de se présenter à des enquêteurs : elle craignait toujours qu’on la rejette, pire, qu’on lui demande de jouer un morceau et de se taire.

L’Ael n’oubliait pas les préjugés de beaucoup d’hommes à propos de sa situation, bien que la majeure partie restât bienveillante. Secouant la tête, elle chiffonna le parchemin puis le plongea dans sa sacoche après avoir enregistré l’adresse dans son cerveau. La jeune femme avait une mémoire sélective, aussi elle savait très bien que si elle ne se dépêchait pas, elle finirait par oublier et se déconcentrer. Elle flatta la crinière de Pleya avant de lui commander d’avancer. La jument hennit doucement avant d’obtempérer.

La route ne fut pas des plus longues, pourtant les alentours ne lui inspiraient pas confiance. C’était un quartier de Mystarcia qu’elle évitait soigneusement lors de ses balades. Non pas qu’elle était effrayée de la populace qui s’y entremêlait, loin de là, mais il s’agissait tout bonnement d’un tout autre monde que le sien. Les spectacles, la musique… Ici, n’étaient que des concepts véritablement abstraits. Mais alors qu’elle s’avançait avec une certaine appréhension, une silhouette lui parut familière.

Tout d’abord, elle fit ralentir son cheval, afin que les bruits de sabots n’attirent pas l’attention de celui qu’elle observait. Elle voulait être sûre, avant de se précipiter. Puis elle haussa les épaules, donnant un coup de talon doux mais énergique sur le ventre de sa monture. Il n’y avait pas cinquante armoires à glaces se baladant dans Mystarcia, et au pire, cela lui permettrait de faire connaissance. Une aide musculaire n’était jamais de trop dans ce genre d’endroits.

Ailyn arriva au galop avant de s’arrêter juste à côté de la silhouette, qu’elle reconnaissait à présent parfaitement. « Lodriel ! ». Entre l’enthousiasme et la surprise, l’Ael vacillait. Elle pensât pendant des jours qu’il eût quitté les lieux sans plus de cérémonies, et le retrouvait maintenant à vagabonder dans la capitale. Elle doutait que Mystarcia fut à son goût, alors le croiser l’étonnait bien plus encore. Puis un rire cristallin fit vibrer ses cordes vocales. Sur son cheval, elle atteignait sa hauteur. C’était bien la première fois qu’ils allaient pouvoir se parler sans qu’elle ne se torde le cou, et la situation l’amusait énormément. Il perdait de sa carrure, de son charisme, mais gardait cette stature imposante qui contrastait à présent complètement avec l’image qu’il renvoyait.

« Nos destins semblent liés. ». La jeune femme peinait à croire aux coïncidences. Tout arrivait pour une raison, et le karma faisait également parti de ses croyances. Qui maltraite autrui le paiera bien plus cher dans l’avenir. C’est ainsi que s’était construite sa vie : un système de donnant-donnant risqué mais qui lui plaisait inexorablement. « Serait-ce inapproprié de te demander ce qui te rend si… ». Elle hésita pendant quelques secondes, cherchant ses mots. Il avait beau feindre l’impassibilité, elle sentait une certaine excitation émaner de son être. Il ne pouvait rien lui cacher. Personne ne le pouvait. « comblé ? ». Aucun terme ne correspondait réellement aux sentiments qu’il éprouvait. Et ce n’était pas une mauvaise chose. L’idée même d’expliquer une émotion aurait suffi à donner un mal de crâne sévère à la jeune femme, qui se contenta de lui sourire chaleureusement, tout en poursuivant sa route, qui se trouva par hasard être la même que celle de son compagnon…






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MessageJeu 21 Déc - 21:55


Si Lodriel avait oublié son âge exact, tant il ne faisait pas attention aux années qui passaient depuis un moment, il n'était pas décati au point d'être capable d'oublier son propre prénom. Cependant, n'ayant pour ainsi dire aucune connaissance ou ami vivant à l'heure actuelle, il sursautait toujours intérieurement lorsqu'il entendait quelqu'un prononcer ce dernier. Il fallait dire qu'il aurait pu voir la chose à venir, en se concentrant par exemple sur le fait que des bruits de sabots claquant contre le pavé s'étaient soudainement précipité vers lui. Mais non, il était bien trop absorbé par ses pensées.

Il leva la tête vers l'Ael, qui, pour une fois, pouvait le toiser de haut. De la part de toute autre personne, cela l'aurait peut-être énervé. Mais la jeune femme n'était pas quelqu'un qu'il devait craindre ou mépriser, aussi, il lui adressa un léger sourire après avoir tiré une nouvelle bouffée sur sa cigarette. Il ne le perdit pas en l'écoutant poser une étrange question. Lodriel se méfiait de tout, mais pour cette soudaine supposition, il avait une explication toute trouvée, et il ne tarda pas à faire part de celle-ci à l'Ael.

« Ainsi c'est donc vrai... » soupira t-il, l'air faussement las, en regardant à nouveau devant lui. « Les femmes finissent toujours par tout savoir. Enfin, j'admettrais volontiers que comblé est quand même un bien grand mot. »

Il fourra ses mains dans ses poches, et reposa son regard sur l'Ael.

« Ou alors, peut-être que la rumeur sur le fameux sixième sens des femmes est fondée ? Pour être honnête, ça ne m'étonnerait même pas. J'ai eu beau côtoyé quelques femmes, dont certaines faisant sûrement partie des plus ambiguës et complexes d'entre vous, mais je n'ai toujours pas percé votre mystère. »

Il prit une grande inspiration, et défia son regard.

« Ou bien, vous m'espionnez... Cela expliquerait toutes vos connaissances de ma personne, votre façon de me décrypter... Je me demande pourquoi on m'espionnerait moi. Je pense que n'importe quel espion qui se mettrait en chasse de ma personne finirait par mourir d'ennui. »

Pas vraiment, à vrai dire. Lodriel, même s'il avait parfois des moments plus calmes, avait une vie des plus agitées.

« Sur ce Ailyn, je discuterais bien avec vous en chemin vu que nous semblons aller dans la même direction, mais je devrais vous laisser ensuite. N'allez pas croire que je trouve votre compagnie m'est désagréable mais... Je suis légèrement pressé par le temps. »
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MessageLun 29 Jan - 16:29


Ailyn plissa les yeux, peu convaincue des paroles du bronzé qui se tenait face à elle. Contrairement à ce qu’il tenait à afficher, elle ressentait toujours son excitation face à la situation mais ne parvenait point à en saisir l’origine et Lodriel n’avait, comme à son habitude, pas l’air très bavard. L’Ael se contenta de hausser vaguement les épaules, peu désireuse de comprendre ce qui animait le jeune homme. Ils auraient tout le temps de discuter de choses et d’autres plus tard. Pour l’heure, elle ne voulut point se mettre en retard sur ses propres activités. La jeune femme le gratifia d’un sourire chaleureux avant de donner un léger coup d’étrier sur le flanc de Fleya, poursuivant sa route à une allure plus vive, le parchemin plié au fond de sa sacoche de cuir, entre sa bourse et quelques bibelots inutiles.

Caressant la crinière immaculée de son cheval, elle s’avança vers l’entrée de Mystarcia, la tête dans les nuages. Elle songea que jamais elle ne se lasserait de cette architecture si particulière, de cette terre fertile resplendissante et sauvage de fleurs et végétaux aux couleurs chatoyantes et uniques. Le titan avait déjà quitté son esprit depuis quelques minutes alors qu’elle se remémorait l’adresse à laquelle elle devait se rendre afin d’en apprendre plus sur cette affaire qui commençait à l’intriguer plus que nécessaire. Il était peu commun de passer une annonce sans donner de précisions supplémentaires.

Souvent, cela témoignait d’un cas bien trop complexe pour être synthétisé en quelques phrases, ce qui lui donna encore plus envie de s’en mêler. Ailyn adorait les énigmes. Ses doigts parcoururent rapidement sa chevelure emmêlée avant qu’elle ne secoue la tête de gauche à droite. Elle éprouvait des difficultés conséquentes à se concentrer alors qu’elle se pavanait dans les rues de la capitale, prompt à se laisser guider par une inspiration soudaine. Et un imprévu n’allait pas l’aider à concrétiser son projet.

Se tournant vers les portes qui donnaient sur la jungle, elle y aperçut un visage – et surtout des cheveux – qui lui semblèrent familiers. Sans attendre, pour étancher sa soif de curiosité, elle se précipita au galop aux côtés de l’inconnue, un large sourire étirant ses traits détendus par avance de cette rencontre inopinée. Elle s’arrêta à son niveau, calmant le rythme effréné de sa jument. « Hétélia, quelle bonne surprise ! Je ne m’attendais point à te croiser en dehors d’Ahriman, c’est quelque peu inhabituel si je puis me permettre. ». Elle descendit après avoir flatté l’échine de sa monture, se rapprochant pour prendre la demoiselle dans ses bras, comme un salut qui leur appartenait. Ailyn écourta cependant volontairement l’étreinte, craignant de mettre son amie mal à l’aise.

« J’aimerais me dire qu’il s’agit d’une visite surprise car je te manquais, mais je te vois mal faire un voyage aussi conséquent juste pour me voir. ». Elle plaça sa main devant sa bouche, un rire cristallin faisant vibrer ses cordes vocales. « Tu es là pour affaires, quelqu’un à Mystarcia a ENFIN reconnu ton talent ? Ce ne serait pas trop tôt. ». Son arrivée, pire que lui faire perdre son objectif de vue, l’avait complètement coupée dans son élan. Et si on ne la ramenait pas à la raison très vite, elle finirait par oublier son but initial…






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MessageJeu 1 Fév - 23:36


Je marche dans la jungle, suivant distraitement le chemin les yeux levés vers le ciel. Les tours et toits des habitations de Mystarcia commencent progressivement à se distinguer à travers les arbres, indiquant que la ville n'est plus qu'à quelques minutes de marche. Une dizaine certainement, quinze tout au plus. Je soupir, chassant distraitement de la main un insecte envahissant. Pourquoi est-ce que je m'obstine à venir dans cette ville. Je ne l'aime pas, elle ne m'aime pas, et tout ce que je vois, tout ce que j'apprends la-bas ne me sert à rien. Quelques nouvelles tenues, des idées d'associations de tissus, de matériaux… Au final le résultat ne changeras pas, dans quelques semaines je n'aurais que vaguement conscience de ce que j'ai pu voir et je continuerais à n'en faire qu'à ma tête, faisant crier à l'hérésie la plupart des couturiers conventionnels. Je n'aime pas cette ville et pourtant je continue à venir, année après année. Finalement, sans que je ne m'en rende compte finalement cette visite, ces quelques jours passé dans la capitale des plaisirs sont devenus un rendez-vous auquel je ne peux me soustraire. Les choses sont néanmoins légèrement différentes cette fois-ci. Aujourd'hui cette ville n'est pas un territoire totalement inconnue. Je ne nourris que peu d'espoirs de la voir, la trouver reviendrait à trouver une aiguille dans une bote de foin et si c'était le cas elle sera certainement bien trop occupée pour avoir du temps à m'accorder mais… Si jamais toutes les conditions venait à être réunies alors cela suffirait à mon bonheur. Quand bien-même cela ne durerait qu'une journée.

Les minutes s'écoulent sans incident particuliers, le soleil est haut dans le ciel et après quelques instants de marches j'atteins enfin mon but. Alors que les grandes portes de la ville se tiennent devant moi je m'arrête quelques instant afin d'ajuster ma tenue aussi fatiguée que moi par le trajet. Ce n'est pas la première fois que je me fais la remarque mais il serait grand temps que j'en prenne pour me coudre une tenue de marche digne de ce nom. Rapide regard de bas en haut avant de hausser les épaules. Non. Actuellement elle me convient parfaitement et si je me suis retrouvée une fois obligée de courir dans la jungle pour aller chercher mes matériaux à la source j'ai bon espoir que cela n'arriveras pas de nouveau. Je ferais en tout cas ce qu'il faut pour que ce ne soit pas le cas. Après tout si je ne suis pas exposée au danger je n'ai pas à m'y préparer. C'est avec cette certitude en tête, et celle que je vais devoir trouver un endroit ou dormir, rapidement de préférence, que je rentre en ville.

À peine ais-je passé les portes de la ville qu'un bruit se distingue au milieu du brouhaha de la foule. Sans savoir si cela me concerne ou non je tourne rapidement la tête de droite à gauche, cherchant son origine. Finalement il ne faut pas plus de quelques secondes pour que la réponse s'impose à moi, sautant à mon niveau et m'enserrant avant que je n'ai le temps de faire le moindre geste ou la moindre remarque. Immédiatement je sens le rouge me monter aux joues alors que je regarde les gens marchant autour de nous. Quand elle me repose par terre je baisse les yeux, ne sachant pas comment réagir, cherchant mes mots, ne sachant comment réagir.« C'est… Je… Vous ne pouvez pas agir comme ça. Ce.. Ce n'est pas correct. » Je termine ma phrase en relevant la tête, un léger sourire sur le visage. « Que… Que vont dire les gens s'ils… Vous voient agir de la sorte avec une inconnue ? Une femme qui plus est... » Je laisse quelques instants s'écouler, me recoiffant rapidement après cette étreinte inattendue.

« Ce n'est pas totalement faux de… De dire que je suis venue ici pour vous voir. » Ce fait m'avait déjà frappé lors de notre première rencontre cependant, je ne parviens pas à comprendre comment elle fait pour être si… Naturelle. Si… Débordante de vie, de bonheur envers quelqu'un qu'elle ne connaît pas. Il est faux de dire que nous ne nous connaissons pas néanmoins, nous ne nous connaissons pas assez pour entretenir une relation comme celle-ci... À moins que je ne sois la source du problème… « Je… J'ai l'habitude de venir une fois par an, pour… Voir de nouvelles choses, peut-être apprendre. Il est rare que ce que j'acquiers me serve mais… Je ne sais pas, une question d'habitude. » Je penche légèrement la tête sur le côté souriante. Si son énergie peut être dérangeante je ne peux en tout cas pas lui retirer une chose. Elle est contagieuse. « Et vous ? Que faite-vous actuellement ? Enfin... Que faisiez-vous. Avant de… Me sauter dessus. »
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MessageVen 2 Fév - 12:27


Ailyn jubilait. Quand Hétélia se trouvait à ses côtés, sa timidité et son appréhension se propageaient dans la foule, et si personne ne leur avait porté attention alors qu’elle la serrait dans ses bras, maintenant plusieurs regards se posaient sur les jeunes femmes. Aussi, elle se délectait de ces sentiments qu’elle ne connaissait que trop peu : l’Ael était une danseuse, une violoniste, une actrice. Elle revêtait tant de masques en une seule journée que nul n’aurait pu affirmer véritablement la connaître. Qu’on se fasse des idées sur sa personnalité, sur ses goûts, c’était au fond tout ce dont elle aurait pu rêver.

Une couverture parfaite pour se faufiler dans n’importe quel groupe, dégoter des informations qu’elle n’aurait jamais pu obtenir d’elle-même… Un petit rire cristallin sortit de sa bouche rosée alors qu’elle flattait le ventre de sa monture une nouvelle fois, plongeant son regard dans celui de son amie. « Désolée. ». Elle n’était pas sincère. Elle ne s’en voulait pas d’avoir agi ainsi, cependant elle comprenait la gêne de la rousse dont le teint s’était accordé à sa chevelure en un rien de temps. Pourtant, elle ne se moquait pas, elle ne s’amusait point de son désarroi.

« J’étais si heureuse de te voir ici, je n’ai pas pu me retenir ! ». Un sourire guilleret étira ses traits tandis qu’elle sautillait doucement sur ses pieds. Elle ne pouvait contenir sa joie de retrouver la couturière dans son foyer, son petit nid douillet. Le regard des autres lui importait peu, et elle imaginait mal qui que ce soit la juger à Mystarcia. « Nombreux sont les artistes un peu égocentriques à la capitale. Je n’en fais pas parti d’ordinaire, mais s’ils veulent me regarder de travers car j’ai exprimé mon affection, je n’y vois aucun inconvénient et je n’aurais aucun regret. ». Plaçant ses mains sur ses hanches, elle s’appuya sur sa jambe droite, reposant ses muscles pendant quelques secondes. Même quand elle était sur le dos d’un cheval, elle trouvait quand même le moyen de se fatiguer.

Attrapant ses mains dans les siennes, elle les joignit. « Mais si je t’ai blessée ou si tu tiens à conserver une image, je ne recommencerais plus. ». Ailyn fit tous les efforts du monde pour que cette phrase ne sonne pas comme un reproche, car c’était loin d’en être un. L’Ael avait cette faculté de compréhension, d’ouverture d’esprit, qui lui avait valu bien des soucis, plus jeune. Sa fascination pour les Chimères alors qu’il était coutume de les craindre, son envie d’allier l’utile à l’agréable sous toutes circonstances… Sans oublier son profond dégoût pour la violence, autant physique que verbale.

Elle hésita à lui demander de la tutoyer. Le vouvoiement ne la gênait point d’ordinaire, mais venant d’une amie qu’elle se permettait de qualifier de familière, elle n’aimait pas sentir cet écart de force. Elle haussa légèrement les épaules. Hétélia savait ce qu’elle faisait, où tout du moins elle essayait tant bien que mal de trouver des repères, et Ailyn n’allait sûrement pas la brusquer. Elle se contenta de la gratifier d’un sourire doux et aimant, débordant de sérénité et de sincérité. « C’est une bonne habitude. Et maintenant que je suis au courant, j’espère te voir plus souvent ! ».

Saisissant son menton entre son pouce et son index, la jeune femme regarda le ciel bleu pendant un instant. Elle se rappelait de leur première rencontre, de l’angoisse qui planait dans l’air. De cette peur de ne jamais réussir à créer la pièce parfaite. La couturière était perfectionniste, mais surtout peu confiante en ses travaux. « Tu sais, quand je ne trouve plus l’inspiration, il n’y a rien de meilleur que changer d’air. Tu penses peut-être que tu n’utilises pas ce que tu acquiers, mais ça peut se produire inconsciemment. ». Elle rit à nouveau, à gorge déployée. « Je ne serais pas surprise de retrouver un vêtement qui pourrait me rappeler Mystarcia dans quelques mois sur ta vitrine. ».

L’Ael ne brossait pas les gens dans le sens du poil sans raison. Hétélia avait un talent, et il aurait été du gâchis de ne pas s’en servir. Beaucoup de gens ignorent qu’un don ne demande qu’à être travaillé, qu’une amélioration se voit sur plusieurs années, et qu’on ne peut guérir de ses blessures en un instant. Ailyn aimait rappeler aux autres leur valeur, mais surtout les pousser vers l’avant. Elle devait progresser, et elle lui faisait confiance pour la suite. Tout à coup, la surprise la gagna. Écarquillant les yeux, la jeune femme croisa les bras, pensive. « Ce que je faisais avant de te voir ?.. euhm… ». Ses souvenirs lui faisaient défaut. Elle ne se rappelait plus. Ou peut-être ne voulait-elle tout simplement pas se rappeler de ce qui la pressait tant.

La blanche retraça sa matinée dans sa tête, laissant un silence de plomb planer, presque à en entendre les mouches voler. Son cerveau carburait quand tout à coup, elle donna un coup de poing léger dans sa paume ouverte. « Mais oui ! ». Passant sa main sur son front, comme si une immense déception venait de l’abattre, elle soupira. « J’ai vu une affiche concernant un vol un peu plus tôt dans la journée, et je me suis dit que j’allais faire un tour sur les lieux pour en apprendre plus. ». Sa bouche se mua en un air désabusé. « Et comme d’habitude, en me promenant dans la ville, je me suis mise à réfléchir, et de fil en aiguille je suis arrivée ici sans faire attention. ».

Parfois, l’Ael s’épuisait elle-même. Son manque de concentration finirait bien par lui coûter cher, pourtant elle n’arrivait pas à recueillir ses pensées. Toutes ces émotions la touchaient, elle les absorbait telle une éponge. De la colère de la femme ayant encore surpris son mari somnolant à la tristesse de l’enfant cherchant son jouet perdu, elle transcendait avec une certaine satisfaction.

Secouant la tête, elle reporta son attention sur Hétélia. « Je suis navrée. J’ai tendance à être un peu tête en l’air. ». C’était un euphémisme. « Enfin, je ne voudrais pas te déranger si tu souhaites te promener. Mais si tu ne sais pas où te rendre, je pourrais toujours te conseiller ! ». Et elle rit, une nouvelle fois. « Je t’offre le logis pour ce soir afin de me faire pardonner. Je serais une bien piètre amie que de te faire payer une chambre d’auberge alors que j’ai de la place. ».






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MessageDim 11 Fév - 23:52


Ma question semble réellement la prendre au dépourvu et je suis dans la même situation vis-à-vis de sa réaction. Parviendrais-je à la comprendre un jour ? C'est une question que je ne cesse de me poser depuis notre première rencontre. L'une des premières que je me sois posée, l'une de celles qui me suis le plus et pourtant la seule à laquelle je ne souhaite pas de réponse. Elle est comme une enfant, un instant parlant sérieusement avec des mots précis, réfléchis ou le hasard n'a pas ou peu de place, avec une posture d'adulte d'où se dégage un charisme indéniable… L'instant d'après elle pourrait passer des larmes au rire à la simple vu d'une pomme. Jouant avec mes cheveux, la regardant curieuse de connaître son emploi du temps je repense à ses paroles. Des artistes égocentriques, une image à conserver… Je n'ai jamais réellement pensé à l'image que les gens ont de moi. Sûrement pas l'image d'une couturière, ce point est indéniable, mais pour le reste… Une jeune femme un peu perdue, hésitante… Mais… Enfaîte, je m'en fiche. Certes, me faire soudainement sauter dessus me dérange, mais non pas par rapport à ce que pense les gens de moi, mais par rapport à la relation que j'ai vis-à-vis d'elle. J'aimerais, j'adorerais apprendre à la connaître, et cela se feras je n'en ai pas le moindre doute néanmoins, actuellement, depuis toujours, le contact physique me dérange. Je ne suis pas comme ces gens retrouvant une personne perdue de vue avec une franche accolade, une étreinte de plusieurs minutes ou un baiser passionné. Je ne suis pas comme ça. Elle si.

La lumière semble soudainement revenir dans son regard quand ce qu'elle s'apprêtait à faire semble la heurter avec la force de l'évidence. Face à son air désabusée et son histoire je ne peux retenir un rire amusé. Aylin est une personne atypique, il est évident que tout le monde ne doit pas être en mesure d'apprécier passer du temps avec quelqu'un comme elle pourtant, me concernant, elle m'amuse… Pendant un instant je me retrouve à espérer qu'elle m'invite à l'accompagner avant de me reprendre. Elle à d'autre choses à faire que perdre du temps avec moi, comme elle vient de le dire elle s'apprêtait à se rendre sur la scène d'un vol. Tout cela concerne la ville, je n'y ai pas ma place… Même si… Je suis curieuse il faut bien l'avouer. « Pardon ? Je… Me déranger ? Pour… Oui, me promener… » Nouveau regard vers elle quand elle me propose de loger chez elle. Je réfléchis. La raison à bien souvent primée sur mes envies, il serait peut-être temps de cesser d'être raisonnable. « J'accepte avec joie, cela nous permettra de parler. Peut-être… En apprendre plus l'une sur l'autre. Et… Vous… T… Pardon. Vous pourrez me conseiller des endroits ou résider pour le reste de la semaine. » J'attends quelques instants, réfléchissant aux termes à employer, à la manière de formuler ma demande. Définitivement je manie bien plus facilement le fil et une aiguille que les mots. « Vous pourriez en effet me conseiller des endroits à visiter… Des boutiques à consulter… Ou… »

Nouvelle pause, longue inspiration, ma main se perd de nouveau dans mes cheveux, comme s'ils pouvaient me donner une contenance, une assurance que je n'ai pas. « Pardonnez moi si ma demande vous semble osée, déplacée ou bien simplement… Si vous avez autre chose de prévu. Dans ce cas ne vous inquiétez pas, je comprendrais parfaitement que vous ne puissiez accepter et je m'en tiendrais à mon programme initial. » Je lui souris, d'un sourire que je veux le plus sincère possible. J'aimerais du plus profond de mon coeur qu'elle accepte ma demande, mais… Peut-être cela sera-t-il trop demander… Enfin, je suppose que je n'aurais jamais la réponse si je ne me lance pas. « Acceptez-vous que je vous accompagne sur la scène du vol ? Je pourrais passer la journée avec vous, peut-être… Peut-être apporter mon aide si cela et nécessaire et… Et si je suis en mesure d'aider de quelque manière que ce soit. Et quand… Quand tout cela sera terminé... » Peut-être a-t-elle déjà compris ou je veux en venir mais je ne peux pas me permettre de simplement attendre sa réponse. En dépit du fait que ma demande n'est pas explicite ce n'est pas correct. « Vous avez parlé de me conseiller sur les lieux ou me rendre n'est-ce pas ? Je… J'aurais une autre proposition à vous faire… M'accompagner… Me… Me montrer ces lieux… La ville peut-être même... » L'un des mots employé précédemment me revient en tête. Je n'y avais pas prêté attention, je n'ai pas réellement l'habitude de l'entendre et si dans sa bouche il semble évident dans mon monde c'est loin d'être le cas. « Vous… Avez dit que nous sommes amies plus tôt… Vous me considérez réellement ainsi ? Nous… Ne sommes pas côtoyé très longtemps je… Ne pensais pas que vous me voyiez ainsi… » Si j'avais réussi à me calmer je sens mes joues rougir de nouveau face à cette demande et son côté déplacé, irrespectueux « Pardon. Je… Ma demande, cette phrase doit… Enfin… Ce n'était pas correct, excusez moi. Je suis vraiment heureuse de savoir que vous pensez ça de moi et n'allez pas penser que cela me dérange. » Je termine ma phrase dans un murmure pourtant prononcé plus fort que ce que j'aurais souhaité « Au contraire... »


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MessageMar 13 Mar - 14:35


Ailyn haïssait la seule idée d’avoir pu, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, dérangé la tranquillité de son amie. Hétélia n’avait aucun secret pour elle, et pour cause, il s’agissait d’un véritable livre ouvert. Elle se livrait sans fioritures, sans tenter de masquer la moindre émotion. Son visage se tordait et se muait dans tous les sens, affichant la plus petite déception et la plus grande joie qui se manifestait en son être. Dans un sens, l’Ael l’enviait d’être si réceptive malgré sa timidité. Cela lui donnait un air vulnérable, et l’envie de la protéger contre les maux du monde venait naturellement s’installer dans le cœur de la jeune femme.

Jamais elle ne pourrait lui confier ce qui se tramait au fin fond de son esprit, ce que son imagination démente trafiquait sans réellement lui demander son avis. La jeune femme ne voyait aucun mal à l’hésitation de la belle rousse, qui semblait parfois peiner à rassembler ses pensées. Elle marchait sur un fil, craignant de prendre le mauvais chemin, la route qui la mènerait à une mauvaise fin. La vérité étant, qu’il n’existe aucune mauvaise fin au jeu de la vie. Seulement des excursions plus ardues, résultant en des réussites fracassantes. Rien ne s’obtient en restant blotti dans sa zone de confort. Alors qu’elle mit fin à sa réflexion qui envahissait bien plus ses songes qu’elle ne l’aurait voulu, elle remarqua qu’Hétélia était soudainement encore moins à l’aise qu’à son habitude.

La rousse semblait vouloir dire quelque chose, sans pour autant s’y résoudre. Elle tournait en rond, reprenait les mots d’Ailyn comme s’ils ne lui appartenaient point... Le cœur de l’Ael se serra considérablement. L’avait-elle à ce point blessé, avec une étreinte qu’elle considérait si banale ? Ou était-ce justement le fait qu’elle la considère banale qui l’avait mise dans cet état ? Les relations humaines étaient si complexes, le moindre mot pouvait être interprété de milles et une manière. Ses doigts se mirent à trembler, presque imperceptiblement. Elle ne devait pas la voir paniquer. Elle allait empirer la situation. Prenant une grande inspiration, elle se calma lentement. Il s’agissait de garder son calme et de reprendre les rennes de la conversation. Elle pouvait y arriver. Tout du moins, c’est ce qu’elle aimait se dire, alors qu’un retournement de situation lui arrivait en pleine face.

Ailyn s’arrêta pendant quelques secondes, comme paralysée. Elle leva les sourcils. La surprise était totale et complètement impromptue, si rapide qu’elle la prit de court. Son cœur battit si fort qu’elle le sentit dans chaque partie de son corps. Puis un sourire vint étirer ses traits radieux, des minuscules rides se formant aux coins de ses yeux, témoignant de la véracité de sa béatitude. « Mais enfin, il ne fallait pas te tracasser à ce point ! Bien sûr que j’adorerais que tu m’accompagnes. ». Puis elle parut un peu plus gênée, le rouge montant à ses joues, ses mains se refermant sur son bassin et ses jambes se balançant nerveusement de gauche à droite. « Je ne voulais pas te l’imposer, après tout, nous nous sommes croisées par hasard. Ce serait bien égoïste de ma part de couper court à tes activités pour te forcer à me suivre. ». Et elle rit doucement. « Je ne peux pas rien te cacher décidément ! ». L’Ael aussi, était un livre ouvert. Cependant, il lui parut évident que peu de personnes avaient la clef pour ouvrir son cadenas, pourtant l’une d’entre elles se tenait devant ses yeux.

« Je dois juste te prévenir, un vol est rarement palpitant à investiguer. Je ne suis pas une enquêtrice de talent, aussi j’espère que tu n’as pas mis trop d’espoirs en moi quand j’ai évoqué le sujet. ». Plutôt prévenir que guérir. Elle craignait toujours autant de tomber de son piédestal imaginaire. « Ton aide me serait réellement précieuse. ». Elle plaça ses mains sur ses hanches, alors que son corps commençait enfin à retrouver sa plénitude habituelle. « Je te ferais visiter tout ce que tu désires, et crois-moi, il y a de quoi faire à Mystarcia ! Alors ne te sens point comme une intruse, tu es mon amie, et cela depuis notre rencontre. Je ne te demanderais pas de me témoigner la même affection, la base de l’amitié étant de donner sans pour autant s’attendre à recevoir. ».

Elle sautilla en l’air pendant quelques secondes, trépignant comme une enfant surexcitée. Pour une fois, elle ne serait pas seule ! Puis un détail lui revint en tête, presque brutalement. « Ah, euh.. Peut-être qu’avant de te parler des détails, on devrait aller déposer tes affaires chez moi ? Tu ne dois pas être très à l’aise avec tous ces sacs. ». Et d’humeur taquine, elle flatta l’échine de Pleya qui se trouvait à sa droite, et qu’elle chargea de garder les affaires d’Hétélia. « Ce n’est pas si loin, on y arrivera en un rien de temps ! ». Puis elle prit la route vers sa demeure, tout en plongeant sa main dans son sac pour confier le parchemin à la belle rousse. Il serait plus simple qu’elle lise les mêmes instructions qu’elle, plutôt que de lui expliquer de long en large et en travers les tenants et aboutissants du vol. Après tout, le peu d’informations laissait son imagination combler les vides…






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MessageMer 21 Mar - 23:01

C'est drôle. Nous sommes toutes deux des adultes et pourtant face à l'autre nous sommes hésitantes, nous accordons une importance bien trop grande à l'avis de l'autre, comme un enfant qui demande de l'aide à un inconnu et craindrait son jugement. Pourquoi ? Je ne peux pas croire que nous agissions ainsi uniquement par peur des réponses de l'autre. J'ai du mal à manier les mots, c'est un fait pourtant avec elle, auprès d'elle, tout cela est décuplé. Et bien que de son côté elle ne semble pas avoir le moindre problème à me parler il suffit de voir les regards qu'elle me jette de temps à autre pour savoir que quoi qu'elle puisse dire elle n'est pas plus à l'aise que moi. Pourquoi ? Je ne comprends pas. Notre relation, notre début de relation ne peut pas reposer sur de la crainte pur du jugement de l'autre. Ce n'est pas sain. Et nous ne sommes pas censé pouvoir nous considérer comme des amies en étant dans cet état d'esprit… Alors encore une fois. Pourquoi ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que malgré tous mes bégaiements, toutes mes hésitations, mes tremblements, mes reprises je suis bien avec elle. Et je suis certaine, tout du moins je l'espère du plus profond de mon cœur, qu'il en est de même pour elle. Non… à la réflexion je ne l'espère pas. Je sais que c'est la même chose pour elle. Je souris, timidement, bêtement, insouciante. Je vais continuer à bégayer, à hésiter, à trembler, à me reprendre. Cela prendra du temps avant que tout cela me passe. Peut importe. Il aura fallu qu'elle soit là, en face de moi, à me parler, à accepter mes requêtes pourtant osée pour que je comprenne que cela n'a pas d'importance. Elle attendra. Elle aura la patience que certain, la plupart, n'auraient pas eu. Et je ferais de mon mieux pour que son attente ne soit pas longue.

Cette prise de conscience, et la réponse à sa question, me font sourire de plus belle. « Un vol est rarement palpitant… Peut importe non ? Je veux dire… Je vais être accompagnée par l'une des plus prestigieuse artiste de la citée je… Suis certaine de ne pas m'ennuyer » Je lui ai demandé si je pouvais l'accompagner sans réellement penser à l'aide que je pourrais apporter. Pour l'instant nous avons toutes les deux les mêmes informations et cela ne représente pas grand-chose. Vais-je réellement pouvoir l'aider ? Je ne doute pas un instant que comme pour moi sa présence sur la scène d'un vol ou d'un crime doit être quelque chose d’exceptionnel, il est même cohérent de penser que… « Mais… avez-vous déjà investigué sur une scène de crime ? J'avouerais que pour ma part c'est une première… Peut-être pourrais-je vous venir en aide mais… Je ne compterais pas trop sur moi si j'étais vous. » Inconsciemment je repense à notre première rencontre, à cette robe que je ne savais créer et l'aide qu'elle avait su m'apporter sans le vouloir, sans même savoir de quelle manière elle me venait en aide. « Quoi qu'il en soit je ferais de mon mieux pour payer ma dette. Et si la seule aide que je peux apporter est un changement de point de vue alors je n'y manquerais pas. »

Pendant que je finis ma tirade elle cherche sa monture de porter mes sacs. J'essaye toujours de voyager de manière assez légère cependant, on ne sait jamais à quoi s'attendre dans un ville comme Mystarcia. Et chacun de mes préparatif se termine de la même manière, je me retrouve avec deux sacs en plus de celui prévu initialement, l'un vide les autres pleins de matériel de couture ou de tenues en tout genre. D'ordinaire cela ne me sert à rien et cette fois-ci j'ai failli réussir à me contrôler et ne partir qu'avec ce que je jugeais être le minimum nécessaire. Heureusement que je ne me suis pas écoutée. Si en temps normal mes voyages étaient plutôt calmes cette fois je ne suis pas seule. Je lui fait confiance quand elle dit qu'elle me montreras tout ce que je désire en ville. Enfaîte, il n'y a pas réellement que je désire voir, être à ses côtés et la voir me présenter les lieux ayant de l'importance pour elle ou simplement qu'elle apprécie suffira pour me rendre heureuse. C'est sa ville, quand je lui ai fait visiter Ahriman elle avait confiance en mon jugement à choisir tel ou tel lieu, à éviter un endroit à ce moment de la journée pour pouvoir profiter du soleil à un autre. Ici la situation est inversée et pourtant identique. C'est les yeux fermés que je la suivrais et que je me remet à son jugement.

Je la regarde un instant trépigner d'impatience. Je n'ai pas cessé de sourire depuis tout à l'heure et c'est toujours souriante que j'inspire profondément avant de plonger mon regard dans le sien reprenant la parole « Nous pouvons y aller. Je te laisse ouvrir la voie, après tout c'est chez toi que nous allons cette fois »


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MessageVen 20 Avr - 19:17


Le cœur d’Ailyn s’apaisa, lentement. Son rythme cardiaque revint à la normale, son souffle auparavant précipité retrouva sa cadence naturelle et ses yeux vifs cessèrent de chercher un endroit où cacher son embarras. Elle détendit ses muscles, sentit ses articulations se relâcher une par une, procurant une sensation de bien être qui finit de mettre un terme aux souffrances qu’elle s’infligeait. Elle ignorait ce qui l’angoissait tant auprès de la belle rousse. Craignait-elle de commettre une erreur, de la voir s’enfuir, lui filer entre les doigts ?

Tout ceci lui semblait fort contradictoire. L’Ael embrassait la Liberté sous toutes ses formes, et n’aurait jamais été capable d’enfermer cet oiseau flamboyant dans une cage. Il méritait d’étendre ses ailes, de découvrir le monde. La jeune femme à la chevelure argentée allait devoir trouver un compromis entre deux sentiments bien distincts : le désir de la protéger et la nécessité de la laisser décider de son destin. Un sourire naquit sur ses lèvres, timide et léger. Qu’allait-il advenir de leur relation, si à ses ébauches, elle lui causait déjà tant de tracas.

Son compliment ne fit qu’élargir son sourire. Une prestigieuse artiste.. Certes, aux yeux de la populace, cela devait bien être l’image qu’elle renvoyait. Pourtant, s’ils imaginaient seulement ce qui se tramait dans son esprit avant chaque représentation, le trac, les répétitions acharnées, le stress qui s’emparait de ses jambes et la paralysait… Parfois, elle s’arrêtait distraitement devant la porte de Gaïa pour l’observer. Cette appréhension disparaissait-elle un jour, pour ne laisser place qu’à un ennui, une lassitude ? Elle priait pour que ce ne soit pas le cas.

La peur, aussi désagréable soit-elle, était une émotion que la nature insufflait aux hommes pour les prévenir du danger et avertir leurs sens. La réprimer la rendrait plus inconsciente qu’elle ne l’était déjà. Elle se frotta la tête, grattant son cuir de chevelu alors que les réponses se bousculaient dans son esprit. « Malheureusement, je dois admettre que ce n’est pas une première. ». Elle pouvait lui dire. Elle omettrait volontairement les détails. « J’aimerais que ce genre de choses n’arrive point, cependant tant que les hommes existent, le crime et le pêché ne feront que les suivre au galop. ».

Elle prit une grande inspiration. « Je ne suis pas une enquêtrice, et je ne dispose d’aucun talent qui pourrait réellement aider l’investigation, mais je ne peux me résoudre à attendre que l’affaire se tasse. Avec ma détermination et tes réflexions, on ne peut arriver qu’à un résultat, n’est-ce pas ? ». La route vers son foyer prit environ dix minutes. Sur le chemin, Ailyn s’arrêta devant de nombreux bâtiments, tenant à informer sa compagne de leur utilité. Bien entendu, le bureau des artistes n’échappa point à son inspection.

C’est avec cette candeur qui la caractérisait tant que son doigt pointa vers une des fenêtres. « C’est mon deuxième petit nid douillet ! », s’exclama-t-elle avant qu’un rire s’échappe de sa gorge. Le tutoiement soudain de la belle rousse l’avait mise en émoi, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle termina enfin le sentier et plongea sa main dans sa sacoche, y cherchant ses clefs. Le son lui indiquait qu’elle ne se trompait point d’endroit, mais elle n’arrivait pas à les saisir correctement. Cela lui valut quelques secondes de gêne, alors qu’elle sortit enfin le sésame avec un sourire gêné, l’enfournant dans la serrure rapidement. S’éloignant de la porte, elle fit entrer l’invitée. « C’est un peu différent de chez toi, j’espère que tu aimeras quand même. ».

Baignée dans la lumière du soleil, la pièce principale d’une superficie d’environ une vingtaine de mètres carrés se composait de deux axes. La droite se composait d’un nécessaire de cuisine tout ce qu’il y a de plus classique. Un âtre, remontant sur une cheminée qui expulsait les fragrances de nourriture, un établi sur lequel Ailyn se penchait afin de préparer ses mets ainsi que deux couteaux usés, une râpe et une louche. Les provisions trouvaient leur place dans un placard fermé à clef, mais dont le contenu ne trompait personne.

La gauche s’affichait dans un tout autre registre. Une bibliothèque en chêne longeait le mur, rangée plus ou moins correctement, proche d’un fauteuil de qualité récupéré chez ses parents. L’usure le gagnait lentement, mais il avait tenu tant d’années qu’Ailyn ne pensait plus à le remplacer. Entre les deux se trouvait une table ainsi que deux chaises, provenant du menuisier du coin. Il avait fallu des années à la jeune femme avant d’accepter que diner sur son lit n’était pas acceptable en présence d’invités. Chaque fois qu’elle les voyait, elle ne pouvait s’empêcher de soupirer. Elle avait fini par se plier à la norme.

Un solide escalier se trouvait au fond de la pièce, dévoilant une chambre douillette à la draperie immaculée. Mais ce qui avait sans doute le plus frappé la rousse qui inspectait les lieux, fut sans doute le nombre de plantes se trouvant dans cette maison. Certaines grimpaient au mur, d’autres rampaient sur le sol, reflétant la jungle qui prenait inexorablement le dessus sur les hommes. Une amaryllis trônait sur la table de nuit, protégée par un socle de verre. Laissant la jeune femme se mettre à l’aise, Ailyn prit son cheval par la bride et l’emmena dans le jardin qui entourait sa demeure, le pas tranquille. Elle le détacha avec douceur, le laissant libre de ses mouvements. Elle détestait l’idée de l’obliger à côtoyer l’écurie. Pleya était une jument difficile, peu friande de compagnie animale. L’Ael avait appris à faire avec.

Revenant par la porte d’entrée, la jeune femme posa les affaires de son invitée dans la chambre et lui indiqua les commodités. Cela n’avait rien de très glamour, mais la vie de tous les jours n’avait rien d’extraordinaire. Puis elle croisa les bras, s’affalant dans son fauteuil. « Si tu as la moindre question, n’hésite pas à demander. Je me lève tôt le matin, mais je tâcherais de ne pas faire de bruits si tu aimes faire la grasse matinée ! ». Elle lui fit un clin d’œil avant de relire le parchemin, se concentrant à nouveau sur leur objectif.

« Tu en as fais du chemin. Dis-moi quand tu souhaites repartir, et si jamais, ça peut attendre demain. Je ne suis pas particulièrement pressée, même si cette histoire m’intrigue. ». Elle se pencha en avant, perplexe. « Si tu devais demander de l’aide pour un vol, tu ne donnerais pas plus d’informations que ça ? C’est rare que la milice soit à sec sur ce genre d’affaires, autant attirer l’attention. Pourtant, il n’y a rien. On ne sait même pas ce qui a été volé… ». Cela lui paraissait inimaginable. Mais croiser le regard d’Hétélia lui fit savoir instantanément qu’elle ne serait pas seule dans ce pétrin.






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