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 L'ennuis de l'huître produit les perles. [Quête | & Kaïros]

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Tueuse de siless
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La blanche s'était laissée menée jusqu'à la boutique par les gardes. Leurs pas rapides ne l'empêchèrent pas d'en observer la devanture. Les carreaux étaient vierges de toutes traces, le bois bien entretenu, et une enseigne en fer forgé se balançait mollement de droite à gauche sous la brise légère. Un endroit aussi propre ne pouvait qu'être dirigé par quelqu'un de droit. Un rapide coup d’œil à son acolyte lui fit remarquer que celui-ci, tout comme elle, était assez perplexe. Si leur curiosité quant à l'affaire était somme toute assez commune, ils ne devaient cependant pas avoir la même raison de vouloir résoudre l'énigme qui avait causé une si grande pagaille. L'Âme croisa les bras sur sa poitrine et demanda aux gardes qui les avaient menés devant la porte :

- Allez-vous enfin nous expliquer ce qui se passe ici ?


L'un d'eux, le plus grand, haussa les épaules et répondit d'un ton las :

- Aucune idée m'dame, on n'est pas plus au courant que vous. On sait seulement qui nous envoi et quoi chercher, les détails vous seront donné par la propriétaire de la boutique.

Ils poussèrent la porte de bois, faisant tinter la clochette annonçant l'entrée d'un client et les poussèrent vers l'intérieur avant de s'éclipser pour reprendre leur fouille des passants. La jeune femme fit un rapide tour d'observation le temps que la femme arrive. C'était un bel établissement, comme l'avait laissé présager l'extérieur, de nombreux mannequins drapés de tissus précieux affichaient la qualité du travail des ouvriers travaillant sur les lieux.

- Bonjour messieurs dames, comment puis-je vous aider ?

La voix fit sursauter la blanche et la sorti de ses pensées. Se tournant vers la mezzanine dont descendait une Animatronus souris élégamment vêtue et possédant une prestance visible au premier coup d’œil, Mayu répondit poliment :

- Les gardes qui nous ont amenés ici nous ont appris que vous requerriez de l'aide pour une affaire délicate.

La femme haussa un sourcil et alla se planter devant elle, mains sur les hanches, les sourcils froncés. Elle avait bien une tête de moins qu'elle, mais son air sérieux ne tolérait la moindre moquerie. Sa longue queue fine battait l'air avec agacement et ses oreilles s'orientaient en fonction des sons, cela fascina la blanche un instant avant qu'elle ne se concentre sur ce que disait la propriétaire.

- Les gardes parlent toujours trop, mais puisque vous êtes venus jusqu'à moi, je vais effectivement abuser de votre proposition.

Elle alla jusqu'à un petit comptoir et désigna une belle étoffe sur laquelle étaient brodées quelques minuscules perles à la régularité parfaite avant d'expliquer :

- Ce matin j'ai du m'absenter de la boutique quelques instants, en laissant la surveillance à l'une de mes apprentis. Lorsque je suis revenue, le sac contenant le reste de ces perles avait disparu. Je dois livrer cette étoffe le plus rapidement possible afin que la robe soit achevée à temps pour madame Dionis. C'est une cliente fidèle qui fait régulièrement appel à nous et nous ne pouvons, de ce fait, pas nous permettre de la décevoir. Vous comprenez ?

Elle reprit sa respiration et acheva en les fixant avec suspicion :

- Si vous estimez être capable de retrouver l'odieux personnage qui a commis ce vol, je saurais vous récompenser en conséquence.

Mayu hocha la tête, jeta un regard au jeune homme et rétorqua :

- J'espère que vous avez au moins quelques pistes à nous donner.

Un rictus agacé transparut sur le visage de la souris avant qu'elle ne lâche avec supériorité :

- Je peux vous donner la description des deux clients qui sont passés, ainsi que le nom de nos plus proches rivaux. Ce serait bien leur genre de nous voler pour faire baisser notre popularité auprès des grandes gens de cette ville !
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MessageSam 16 Déc - 13:41

Kairos était surexcité ! Non seulement la fouille s'était plutôt bien passé (les gardes n'avaient même pas réveillé le chaton qui dormait encore tranquillement dans une large poche intérieure de sa besace) mais en plus, ils avaient dégoté un tuyau pour une aventure !
Pas de doute, cette fille avait du culot et ça avait payé !

La boutique où les gardes les conduirent ne payait pas vraiment de mine en extérieur. Pourtant, l'œil avisé deviné qu'à l'image de l'entretien des matériaux qui était fait, que l'enseigne était fleurissante. Kairos se dit qu'il ne devait pas être de bon ton d'étaler sa richesse ici, pour éviter d'attirer les convoitises.

Les gardes les avaient conduits ici sans vraiment savoir de quoi il était question. Ils avaient l'air d'être des bons gars, compétents dans leur boulot, mais qui ne faisaient pas plus que ce qu'on leur demandait.

L'intérieur était d'un tout autre genre. Tout ici n'était que luxure et douceur extrême. Des mannequins portaient des tissus dont la finesse ne faisait aucun doute. Kairos avait pu voir ce genre de vêtements sur les riches marchands qu'il avait croisé durant son périple. Mais malgré cela, l'effet fut tout de même comparable à celui d'un enfant s'extasiant devant un verre de grenadine.

Kairos avait toujours admiré les travaux manuels. Il aimait observer les gens réaliser des tâches minutieuses qui faisait mouvoir leurs membres de manière si gracieuse. Il les admirait, parce qu'il ne comprenait tout simplement pas comment on pouvait être si doué avec ses mains. Lui n'avait aucun talent pour les travaux manuels. Soyons clair, il avait deux mains gauches. Son truc à lui, c'était la créativité, l'imagination, la conception. Pour ce qui est de l'application, mieux vaut laisser faire les autres, croyez moi.

Kairos fut sorti de ses rêveries par l'arrivée d'une dame - oui une dame au sens noble du terme tant elle dégager quelque chose de particulier. Elle avait comme un aura autour d'elle qui la sublimait. Son corps était à mi-chemin entre l'humain et une souris. Son visage était d'une mignonnerie sans commune mesure, mais c'était surtout sa manière de se mouvoir qui aspirait les hommes. Elle semblait littéralement flotter à travers l'espace, ne se contraignant pas de la gravité et des règles de la physique. Quand elle posa une question, Kairos n'aurait vraiment pas su quoi répondre tant il était estomaqué. Heureusement que la fille était avec lui. Il se dit dans sa tête qu'elle devait vraiment en avoir marre de lui et se demander pourquoi elle ne l'avait pas encore abandonné comme une vulgaire chaussette - sans doute éprouvait-t-elle de la pitié pour lui.

La souris sembla intriguée par les deux protagonistes, et un léger haussement de son sourcil trahissait son besoin cruel de gens plus compétents que ces gardes un peu sots.

Ainsi, donc c'était des perles qui avaient été volées, et elle promettait une grosse récompense... Intéressant.

Ce que Kairos ne vit pas, c'était l'esprit des sables qui rôdait dans la boutique et qui observait attentivement le petit homme. L'esprit espiègle avait senti quelque chose en lui, mais il n'était encore sur de rien - il devait encore faire ses preuves !
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MessageLun 18 Déc - 2:53


Mayu hocha la tête, signifiant qu'elle voulait bien ces fameuses informations. Ses yeux témoignaient autant d’intérêt que de soupçons à son égard. Cette femme aussi sûre d'elle que de ses informations pouvait facilement mentir, il fallait donc se méfier de ce qu'elle leur apprendrait et en tirer eux même des conclusions. Elle la tira de ses réflexions en se raclant la gorge pour être sûre d'avoir leur attention :

- Pardonnez-moi, je ne suis pas présentée. Je suis Eleanor Mouse, mais, ici, on me nomme Spiddy. Je suis la responsable de cet établissement appartenant à la famille Derra.

La belle Animatronus alla jusqu'au comptoir et attrapa un carnet de notes. D'où elle était, l'Âme ne pouvait rien distinguer de plus qu'une belle écriture calligraphique aux boucles régulières. C'était une femme minutieuse et perfectionniste, voilà ce que son écriture traduisait.

- Ce jour-là, d'après ma vendeuse, il n'y a eu que deux clients entre le moment où je suis partie et celui où je suis revenue.

Elle fit tourner les pages d'un calepin et arrêta son index sur une ligne qu'elle leur lue, enchaînant sur d'autres informations complémentaires :

- Monsieur Jil Lornis, que vous trouverait au fleuriste qui fait le coin de la rue puisqu'il en est le propriétaire, et Madame Celia Braseros qui doit sans doute prendre le thé avec ses amies au salon Soleil Bleu à cette heure.

Son regard se fit plus sombre, agacé, hautain, et elle siffla entre ses dents :

- Quant à nos concurrents, ces rats de Stymer, vous les trouverez en prenant à gauche au prochain carrefour. Vu l'exubérance ridicule de leur boutique, vous n'aurez aucun mal à la repérer. Maintenant, si vous voulez bien, j'ai énormément de travail qui m'attend étant donné le retard que je prends sur cette commande. Si vous voulez d'autres informations, demandez à Elisa, à l'accueil.

La souris fit un signe de tête signifiant clairement qu'elle ne dirait rien de plus et se détourna d'eux de façon à ignorer totalement la suite de leurs décisions. Soupirant devant son attitude, mais n'en étant pas à sa première rencontre du genre, la demoiselle aux cheveux d'argent se tourna vers le brun, chassant sa mauvaise humeur, elle tenta un sourire chaleureux. Il fallait qu'elle sache à qui elle avait affaire avant de continuer, et pour ça, elle devait prendre l'initiative, alors elle lui tendit la main.

- Nous n'avons pas pu nous présenter avec toute cette pagaille. Je me nomme Mayu. Je suggère que nous allions d'abord voir les clients, un à un, pour obtenir leur version des faits et savoir s'ils sont suspects, ou on vu quelque chose s'ils ne sont pas impliqués. Qu'en pensez vous ?
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MessageMer 20 Déc - 20:42

Kairos parvint enfin à s'extirper de son mutisme. Sa partenaire du jour venait de l'interloquer personnellement et il voulait essayer de se faire pardonner pour ses maladresses passées. Ainsi parvint-il à bredouiller :
- Les gens m'appellent Kairos. Votre idée me convient parfaitement.  

A dire vrai il n'avait pas vraiment d'avis sur tout cela. Qu'importe les moyens, l'important était de vivre une aventure. Ainsi se rendirent-ils auprès de Jil Lornis, fleuriste dans une petite boutique. La boutique ne payait pas de mine au premier abord. On devinait à la devanture peu entretenue que le gérant ne devait pas être quelqu'un de très matérialiste et qu'il n'accordait pas beaucoup d'énergie à rendre cet endroit plus intéressant. Kairos se dit qu'il était sans doute de ces gens qui se laissent totalement absorbé par leur passion et qui ne laisse un pied dans la réalité, que par pure obligation.

Ils virent une entrée fracassante dans la boutique. Kairos avait ouvert la porte, sans faire attention au fait qu'il y avait un pot caché derrière, qui se fracassa en milles morceaux. Une voix perça le silence de l'endroit :

- Milles tempêtes de SCARABANG enragés ! Quel est l'equilope empoté qui a renversé mes belles echytae sylvanus !!

Vous vous en doutiez sans doute, ce n'était autre que le Jil Lornis, un biologiste passionné qui avait dévoué son existence entière à la biodiversité.

Kairos ne savait vraiment pas où se mettre. Il était terriblement géné et detesté sa maladresse quand elle le mettait dans de tes embarras. Pourtant ce n'était pas faute d'essayer, mais son tempérament reprenait toujours le dessus et il ne pouvait s'empêcher d'agir, sans véritablement réfléchir aux conséquences.

Pas de doute, Kairos ne s'était par contre pas trompé sur le drôle de bonhomme. Il était habillé en blouse de travail, et semblait continuer à préparer une drôle de mixture tout en observant d'un oeil le duo qui venait d'entrer dans sa boutique.

Si l'extérieur n'était pas plaisant, l'intérieur était d'un tout autre genre. D'abord, se qui frappait en premier étaient les odeurs à faire tourner la tête. Dans cette boutique, pourtant pas si grande, se cotoyer des milliers d'espèces différentes, toutes plus belles les unes que les autres. Chacune semblait s'être acclimatée de l'endroit, et aussi du maître de ces lieux. Il les voyait comme ses enfants, et elles, semblaient le couver du regard, apeurées par l'idée que le petit homme ne se laisse dépérir par sa passion.

Kairos n'avait qu'une question à la bouche, qui lui échappa sans même qu'il s'en rende compte :
- Que diable veniez vous faire dans une boutique d'habillement ?

Le vieil homme haussa un sourcil, surpris par la question du jeune homme. Mais avant qu'il entame sa réponse, il aperçut les oreilles bleus azur du familier de Kairos dépassant du bout de sa poche. Sa curiosité piquait à vif, il se rapprocha et put comtempler un VOLTIRAN au pelage azuré.
Aussitôt il expliqua :
- Petit, tu as dans ta poche un être très spécial. Protège le comme la prunelle de tes yeux. Puisqu'un tel être t'a choisi, je ne peux que t'accorder ma confiance. Alors, tu sembles avoir des questions à me poser, n'hésite pas. Oh et ne t'embarasse pas pour le pot, c'est un stratagème que j'ai mis en place pour faire fuir les clients impertinents qui me dérangent dans mon travail !

Kairos se demanda intérieurement comment l'homme parvenait à subvenir à ses besoins ?


La souris des sables continuait d'observer le jeune homme discrétement. Que ce petit être était drôle et rafraichissant. L'esprit n'avait pas ri autant depuis si longtemps. Vous auriez vu la tête qu'il avait faite lorsque le vieux homme avait hurlé dans la boutique contre lui...  
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Tueuse de siless
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MessageJeu 21 Déc - 2:09


Ainsi, le jeune homme se prénommait Kaïros. Bien, ce serait plus simple si elle devait l’interpeller plus tard. Il accepta sa proposition, ce qui évita des débats inutiles, et ils sortirent donc, rejoignant la cohue où ils purent slalomer sans se faire intercepter, comme si le mot avait été donné que ce n'était pas nécessaire. Plutôt satisfaite de cette liberté, l'Âme fut tentée de disparaître dans la foule. S'il n'y avait eu cette curiosité dévorante, c'est sans doute ce qu'elle aurait fait. Un regard au brun la dissuada définitivement. Il semblait tellement naïf !

Ils arrivèrent rapidement devant la boutique de premier client, le fameux Jil. L'entretient laissait à désirer, des toiles d'araignée venaient déposer sur la scène un côté poussiéreux et négligé et Mayu craint un instant qu'il en soit de même à l'intérieur. Perdue dans ses pensées, elle n'en fut tirée que par un immense fracas. Son regard alla de l'insecte qu'elle fixait à l'entrée et elle remarqua bien vite le pot qui gisait en mille morceaux. Haussant un sourcil devant les jurons qui fusèrent et la voix furieuse dont il provenait, elle soupira. Dans quoi s'était-elle embarquée ? Franchement !

Un quarantenaire en salopette par-dessus laquelle il portait une veste de travail tâchée de terre, les mains enfoncées dans de gros gants usés, apparut alors dans un coin, au fond de la pièce. Penché sur un bol en bois dans lequel il mélangeait différentes plantes qu'il écrasait avec dynamisme, il les ignora cependant, concentré dans sa tâche. Mayu ne sut comment elle devait interpréter cela. Quel était l'intérêt de pester ainsi si c'était pour ne rien en faire ensuite ? Le plaisir de râler, sans nul doute.

L'attention de l'Âme fut soudainement captivée par ce qui s'étalait sous ses yeux. Des centaines de pots et de bacs entreposés dans un joyeux surenchérissement d'étages, voir même accroché au plafond, débordaient de milliers de plantes dont certaines qu'elle n'aurait même pas imaginé ! C'était à la fois magnifique et perturbant. La demoiselle se sentit ainsi lentement happé par la verdure et elle fit quelques pas à l'intérieur de la boutique, fascinée, presque émue. L'endroit débordait d'une sorte d'attention particulière. Comme si l'amour de son propriétaire déteignait sur les visiteurs.

La question de Kaïros l'arracha à sa contemplation et la surprit. C'était... Déplacé en quelque sorte. Et, dans tous les cas, ce n'était pas avec ce genre de réaction qu'ils allaient l'amener à coopérer. Mais alors que la jeune femme croyait qu'il allait s'énerver, ou les chasser, tout simplement, son expression changea du tout au tout. Il s'avança vers le brun et caressa le pelage soyeux du Voltiran tout en lui expliquant la rareté de son compagnon. La demoiselle, qui ne l'avait pas repéré jusque-là, en profita pour l'observer également. Elle avait été tellement préoccupée par cette histoire qu'elle en avait négligé les détails ! C'est vrai que sa boule de poils était à croquer. Elle n'en avait jamais vu de semblable.

Dans tous les cas, le biologiste fleuriste était à présent enclins à leur répondre, elle n'allait donc pas se priver. Tandis qu'il enlevait ses gants et s'asseyait sur un tabouret de bois en se massant le dos, son regard allait de l'un à l'autre. Rompant le silence, Mayu se permit de les présenter tour à tour avant d'enchaîner sur des explications :

- Je me nomme Mayu, et voici Kaïros, nous avons été mandatés pour résoudre un vol qui a eu lieu ce matin, alors que vous vous trouviez à la boutique l'Encapé. Avez-vous remarqué quelque chose d'étrange ? Une personne agissant bizarrement, ou même quelqu'un d'insistant ? Une dispute ?

Le vieil homme gratta sa barbe où se mêlaient brins de végétaux et pétales de fleurs et répondit, gêné :

- Je suis désolé, j'étais un peu ailleurs à ce moment-là, je n'ai rien vu de particulier. Cela peut vous paraître surprenant, mais... J'étais là-bas pour commander du tissus afin de faire coudre une robe pour la femme que j'aime. Ne vous moquez pas de moi, vous êtes jeunes, à votre âge, aimer est si simple ! Pour elle, je veux ce qu'il y a de mieux, peu importe le prix que je devrais y mettre... Et si je devais vendre ma boutique pour obtenir sa main, alors... Je crois que je saurais m'y résoudre.

Ses joues rougies et ses lèvres tremblantes témoignaient de la sincérité de ses propos et son regard pensifs appuyait encore d'avantage cette impression. Ce n'était pas lui. Un homme aussi simple et passionné n'aurait décemment pas commis un vol. Attendrie, la jeune femme posa sa main sur la sienne en lui répondant avec douceur :

- Je suis certaine que cette robe lui plaira. Si quelque chose vous revient, n'hésitez pas à vous rendre à la boutique de tissus. Nous allons à présent vous laisser, notre enquête n'en est qu'à ses prémices et la journée promet d'être longue.

Sur un dernier signe de la main, Mayu quitta la boutique, un sourire aux lèvres. Cette belle histoire l'avait ramené à celles que lui contait parfois son premier maître. Des histoires d'amour, avec des fins heureuses où tout le monde vivait longtemps et avait beaucoup d'enfant. Cette pensée la crispa. Elle n'aurait jamais cette chance. Quant à aimer... En était-elle seulement capable ? En deux cent ans d'existence, l'Âme n'avait jamais rien ressenti de similaire à ce que lui avait décrit l'érudit. Perdue dans ses songes aux couleurs changeantes, la blanche demanda alors, sans la moindre arrière pensée :

- Avez-vous déjà aimé une personne au point d'abandonner pour elle tout ce que vous possédez ?
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Tueur de Siless
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MessageJeu 21 Déc - 17:35

Etait-elle toujours aussi directe ? M'enfin Kairos avait au moins maintenant la réponse à sa question.

C'était donc une histoire d'amour qui avait poussé le botaniste à quitter sa grotte pour dénicher un cadeau pour sa belle. L'amour dégoulinait du scientifique, se qui ne manqua pas d'émouvoir le jeune homme. Il lui rappellait drôlement celui qui l'avait éduqué dans les montagnes - deux ours plein d'amour mais qui ne savait pas comment le montrer - et cela créa un profond lien, sans doute indéfectible entre les deux hommes, sans même qu'ils ne s'en rendent compte eux mêmes. Comme deux êtres qui ne peuvent s'oublier mais qui pensent naïvement pouvoir vivre sans l'autre.

Ce qui surpris Kairos, fut que la jeune femme aussi sembla émue par l'histoire du botaniste. Elle qui était toujours aussi implacable et distante, semblait, l'espace d'un instant, avoir laissé tombé ses défenses. Elle prononça des mots remplies de tendresse et partie, convaincue que celui-ci n'était pour rien dans la déroute de la couturière.

Kairos resta dans la boutique encore un peu rêveur, pris congé auprès du boutiquier et referma la porte derrière lui. Son amie semblait perdue dans ses pensées et quand il franchit le seuil de la boutique, elle susurra presque une question bien étrange.

Kairos, d'abord surpris, finit par lui répondre :
- Je n'ai pas beaucoup vécu, mais j'ai aimé un homme de tout mon être. C'était de la passion plus qu'un véritable amour. Mais mon être entier était consumé par mon désir pour lui. Mais, ma mère a tout abandonné pour que je puisse vivre. Je pense que l'amour d'une mère détermine qui nous sommes ensuite.

Sur ses paroles, Kairos pris le chemin vers la boutique de thé que la souris leur avait indiqué. Bientôt les deux jeunes gens arrivèrent devant le fameux salon le Soleil bleu. Le salon de thé était situé entre deux grandes rues piétonnes de la ville. Les clients montaient par un escalier sur le coté pour accéder à une terrase qui offrait une vue panoramique sur Ahriman. Le soleil brillait fort aujourd'hui et était déjà haut dans le ciel. Les rayons étaient réfléchis par les eaux du fleuve, ce qui donnait des reflets azurés aux bordures de la terrase. Kairos grimpa les marches en sautillant comme le font les enfants et remarque vite un groupe de femmes attablées au bord de la terrase, le plus près possible du fleuve. Pas de doute, celles-ci étaient des habituées et on pouvait presque pensé qu'elles avaient gravé leurs initiales sur les chaises qu'elles occupaient, pour être sûres de toujours être assises à cet endroit précis - qui n'était autre que le meilleur emplacement du salon.

Les 3 amies étaient en train de siffloter un thé tout en bavardant bruillament. Elles ne perdaient pas une miette de ce qui se jouer dans les ruelles, mais aussi sur la terrasse. Rapidement elles se rendirent donc bien compte qu'on les observait sans même s'en cacher. Quel impertinent ce jeune homme faisait-il ! Pourtant son visage était doux et inspiré la confiance, mais aussi la curiosité du groupe d'amis.

L'une d'elle s'exclama :

- Au lieu de nous observer sans rien dire, tu n'as qu'à trouver une chaise et venir t'asseoir avec nous. J'ai hâte d'entendre ton histoire.

Kairos, gené, s'exécuta. Il ne trouvait plus la jeune femme qui était censée l'accompagner. Où pouvait-elle bien être ?

Comme à son habitude, Kairos ne fit pas vraiment attention et se dévoila tout entier. Il raconta son histoire, plus ou moins en détails, mettant en avant ce qui pourrait sans doute intéresser les 3 comparses. Ces dernières étaient, il est vrai, totalement absorbées par le récit du jeune garçon.

A dire vrai, elles n'étaient pas totalement insensibles aux charmes du garçon. Après tout leurs hommes ne prêtaient plus depuis bien longtemps maintenant attention à leur apparence et la passion s'était doucement éteinte, pour faire place à un relation qui n'existait plus que par commodité. Alors que lui était encore vigoureux et insouciant. C'était son insouciance qui les faisaient le plus craquer. Il était semblable à un chaton qui découvre naïvement le monde, et trébuche à la moindre embardée.

Les 3 amies peinèrent à masquer leur déception lorsqu'elles apprirent qu'il aimait les hommes. Il ne savait pas ce qu'il loupait celui là !

Une fois que Kairos eut fini, les 3 amies avaient tous la même sensation - elle voulait protéger ce petit être et éviter que le monde ne se montre trop cruel avec lui. Mais avant qu'elles ne puissent l'étouffer avec leur instinct maternel, Kairos demanda qui était Celia Braseros et lui demanda si elle n'avait rien remarqué d'étranger lorsqu'elle était passé à la boutique plus tôt ce jour là.

Celia Braseros rougit d'abord - elle n'avait pas dit à ses amis qu'elle était passé à la boutique récupérer une commande que son amant lui avait offert. Elle savait qu'autrement ses amis auraient été jalouses et lui auraient reprocher son manque de fidélité - de manière totalement hypocrite étant donné leur propre comportement volage.

Celia Braseros prit néanmoins la parole sans se laisser décontenancer outre mesure :
- Quand je suis entrée dans la boutique, j'ai remarqué que la petite secrétaire était toute essouflée et ébouriffée. Cela m'a surpris de voir une employée d'un tel établissement aussi surmenée mais je n'ai pas osé lui demander ce qui avait bien pu la mettre dans un tel état.

Kairos avait une piste, maintenant il ne restait plus qu'à retrouver son amie.

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MessageVen 22 Déc - 15:03


Comme il mettait du temps à répondre, l'Âme se sentit gênée. Aurait-elle du rester dans son rôle de personne froide et insensible ? N'était-ce pas ce qu'on attendait d'une arme après tout ? Elle réfléchissait trop. Le brun lui répondit enfin, la tirant de ce mauvais pas avec sincérité. Il évoqua d'abord un homme, puis la femme qui lui avait donné la vie. Ce n'était pas la première fois qu'elle songeait à cette partie manquante de son existence et se trouvait devant l'impossibilité d'en discuter sans révéler sa véritable nature. C'était frustrant. Sa condition était une barrière dont elle ne pouvait se débarrasser. Prenant sur elle, la demoiselle murmura à voix basse, presque inaudible, pour elle-même :

- Comme si je pouvais deviner ce que c'était...

Puis se reprenant, faisant preuve de tempérance et chassant ces souvenirs d'absence, elle jeta un regard intrigué sur le grand bâtiment qui se présentait à eux. Le Soleil bleu était un établissement distingué, peut être un peu trop pompeux pour elle, jamais elle n'aurait voulu y mettre les pieds de son plein gré. Alors qu'ils repéraient le groupe de femmes dont devait faire partie Celia Braseros, l'Âme fut interpellé par le comportement bizarre d'un homme à l'étage inférieur. Celui-ci faisait de grand gestes et paraissait furieux.

Mayu se demanda ce qu'il pouvait bien dire et faussa compagnie à son allié, qui irait à coup sûr interpeller la femme sur la terrasse. Oubliant totalement l'enquête, elle se glissa dans la salle de réception, et se glissa derrière l'un des rideaux de l'entrée. L'inconnu parlait suffisamment fort pour que la blanche n'ait pas à se rapprocher. Elle perçut enfin ses mots.

- Vous vous moquez de moi ?! Je ne vous demande tout de même pas la lune, je veux juste que vous remettiez ceci à Celia !

Perplexe, la demoiselle se demanda pourquoi il n'était pas directement allé lui donner lui-même. Après tout, s'ils avaient pu repérer ces femmes sur le balcon, lui aussi avait dut les voir. Il n'aurait eu qu'à monter les marches et lui tendre la petite boîte qu'il tenait en main. Le serveur insista fermement :

- Je suis désolé, nous ne sommes pas autorisés à confirmer la présence des clients qui se trouvent dans notre établissement, encore mois à leur faire livrer une boîte dont nous ne connaissons pas le contenu, et comme vous refusez catégoriquement de l'ouvrir, vous comprendrez que je ne puisse prendre le risque.

Ils passèrent encore dix bonnes minutes à insister chacun de leur côté, puis l'inconnu reparti, son paquet dans les mains, le poing serré et le visage fermé. Quand il passa à porté, Mayu attrapa la boîte sur une intuition et en ouvrit le couvercle que rien ne maintenait clos. Quelle ne fut pas sa surprise d'y trouver un coussin de velours sur lequel était posé un magnifique collier de minuscules perles nacrées. Son regard se fit tranchant alors que l'homme perdait contenance en bredouillant :

- Ce n'est pas ce que vous croyiez !

Haussant un sourcil, la jeune femme exposa lentement les faits :

- Ce sont les perles qui ont disparu à l'Encapé, n'est ce pas ? Et si vous m'expliquiez comment elles sont entrées en votre possession et pourquoi vous comptiez les faire apporter à Celia Braseros ?

L'homme se laissa tomber sur une chaise, le visage déconfit, les larmes aux yeux, puis il se livra tout entier, sans fard :

- Ce matin, je suis passé à la boutique de tissus pour acheter de quoi offrir une nouvelle robe de bal à ma femme, Celia. Et là, pendant qu'Elisa cherchait la commande que j'avais faite, j'ai vu qu'elle devait en recevoir une autre, pour la même destinataire. Imaginez ma surprise ! Qui donc pourrait faire un cadeau à ma femme sans que je sois au courant ?!

Une première larme glissa sur sa joue mal rasée tandis que les jointures de ses mains blanchissaient sous la colère qu'il refrénait. Il continua, la voix sifflante :

- Elisa ne voulait pas me donner le nom de la personne qui avait passé cette commande. On se connaît depuis longtemps elle et moi, je suis le parrain de sa fille, c'est pour ça que j'ai deviné que cette garce me trompait ! J'étais fou de rage alors, pendant qu'elle allait emballer ma commande, j'ai volé les perles. Je voulais les faire apporter à Celia avant de prévenir la garde que c'est elle qui les avait...

Honteux, il se ramollit, et ses mains vinrent couvrir son visage rougi alors qu'il lâchait :

- Je sais... Je n'aurais pas du... Mais, je l'aime tellement ! J'ai toujours tout fait pour qu'elle soit heureuse, alors pourquoi ? Pourquoi a t elle fait ça ?

Soupirant, Mayu posa une main sur son épaule et répondit tranquillement :

- Bien, je vais m'occuper de ces perles. De votre côté, vous devriez rentrer et faire le nécessaire pour vous calmer et réfléchir à la situation. Et surtout... Vous devriez discuter avec votre femme de tout cela.

Elle se retira sans un mot de plus, ce n'était pas son job de jouer les conseillères conjugales. De toute façon, cela ne l'intéressait pas. Une pensée l'envahit d'un coup, l'envie de faire plus dans cette enquête, de rendre justice. Cachant les perles dans sa besace, elle sortit et chercha du regard autour d'elle. Elle devait retrouver son allié pour continuer son enquête. Heureusement, elle n'eut pas à chercher longtemps, l'intéressé descendait l'escalier de la terrasse dans sa direction. Sans lui laisser le loisir de prendre la parole, elle lui lança avec le plus sérieux du monde :

- J'ai une piste ! Vous ne devinerez jamais qui j'ai croisé à la réception ! Monsieur Braseros, le mari de Celia. Il m'a appris quelque chose d'intéressant...

Elle laissa le suspens régner, espérant qu'il parviendrait à deviner lui-même le dénouement de cette histoire.
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Tueur de Siless
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MessageDim 24 Déc - 22:48

Alors que Kairos était sur le point de quitter la terrasse, il vit son acolyte revenir vers lui comme si de rien n'était. Il était un peu irrité de l'avoir perdu de vue et de s'être occupé de toute l'histoire tout seul. Il lui en voulait de l'avoir laissé seul. Certes il avait passé un bon moment avec cette bande d'amies, mais il aurait aimé être averti. La loyauté était une valeur sacrée pour Kairos, qu'il présumait bien trop souvent et qui lui causait bien souvent de sombres déceptions. Les gens étaient de plus en plus achetables. La loyauté n'avait plus rien de définitive, c'était une notion malléable, avec laquelle on pouvait s'enrichir, sans jamais vraiment rien construire.

Qu'importe, il devait finir cette mission. La blanche avait une piste ? Soit, mais elle ne semblait décidément pas vouloir lui en dire plus. Kairos avança que Celia n'était pour rien dans l'histoire des perles volées, et qu'il fallait semble t-il trouver une autre piste. A moins que la blanche ne finisse par cracher le morceau.

Le jeune homme avait changé de comportement. Il était ronchon, comme souvent quand il était déçu. Heureusement son chaton bleuté vint s'enrouler autour de son cou en ronronnant, alarmé de voir son maître adoré dans un si mauvais jour. Il n'aurait pas du être aussi énervé pour une si petite chose, mais les détails sont parfois se qui distinguent le bon grain de l'ivraie.

L'esprit des sables avait écouté avec délice le petit être raconté sa vie. Pas de doute celui là aimer l'aventure et avait la fâcheuse tendance de se mettre dans de beaux draps. En plus d'être un hôte parfait pour un esprit joueur comme lui, l'esprit s'était lui aussi laissé attendrir par le récit du jeune homme, comme la bande d'amies. Il était franc, sincère et surtout il avait cette fâcheuse tendance à vous regarder droit dans les yeux pour vous parler, comme si vous acceptez entièrement, avec toutes vos qualités mais aussi vos défauts, et qu'il ne vous jugerait jamais que sur vos actes. Pas de doute, l'esprit l'avait choisi, il ne restait plus qu'à trouver comment l'approcher.
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Tueuse de siless
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MessageMar 26 Déc - 19:58


Plutôt que de répondre à sa question, le brun déclara simplement que Célia n'était pas leur coupable, ce que la blanche savait déjà. Elle aurait préféré qu'il lui confirme que la femme trompait son mari, comme elle avait cherché à le provoquer un instant plus tôt, mais bon, elle se contenterait de ce qu'elle savait pour lui proposer un plan. Un coup d'œil autour d'eux lui permit de constater qu'ils avaient attiré les regards. Ce n'était pas une bonne chose. Attrapant son bras, et malgré son visage fermé, l'Âme entraîna le jeune homme à l'extérieur. Elle ne pouvait décemment pas sortir les perles devant tant d'attention, nul ne pouvait savoir si quelqu'un les surveillait ou non. Mayu était devenu légèrement méfiante vis-à-vis des habitants des grandes villes depuis qu'elle voyageait seule et rendait de nombreux services pour gagner de quoi continuer à se déplacer sans rien devoir à personne. Craignant qu'il résiste, elle glissa à voix basse :

- Il faut que je vous parle de quelque chose, mais pas ici, suivez moi.

Lorsqu'ils furent dans la rue, et qu'enfin, les regards se détachèrent d'eux, la demoiselle soupira et plongea son regard dans celui de Kaïros. Et s'il ne partageait pas son avis ? S'il décidait de la faire accuser ? Elle connaissait la ville, elle disparaîtrait rapidement, et sans inconnu sur ses talons elle se fondrait rapidement dans la masse et se cacherait jusqu'à ce que l'agitation se tasse. Et puis, zut ! Il fallait prendre des risques de temps à autre ! Cet homme avait fait une erreur, parce qu'il avait été blessé. Le simple fait qu'il se soit rendu compte de son erreur suffisait, aux yeux de Mayu, à lui éviter des problèmes plus graves. Alors que le cocufieur, lui, ne devait, et surtout, ne pouvait, pas s'en sortir si facilement ! Serrant le poing pour se donner le courage d'aller au bout de son idée, la jeune femme lâcha, en sortant le collier de son sac :

- Je sais qui avait les perles, mais... Pour moi, ce n'est pas lui le vrai coupable dans cette affaire.

Rangeant à nouveau les perles dans sa besace, vérifiant qu'elle n'avait toujours personne dans son ombre, elle continua, plus sérieusement, chassant toute hésitation de son attitude :

- Célia trompait son mari, c'est pour cela qu'il a volé les perles. Il espérait la piéger pour laver son honneur, et je l'ai interrompu juste à temps. Alors, nous avons deux choix, et j'accepterais le vôtre quoi qu'il advienne.

Croisant les bras contre sa poitrine, l'Âme lui laissa le temps d'assimiler ce qu'elle venait de lui apprendre et annonça sa proposition :

- Dans le premier cas, nous ramenons les perles dès à présent, et, en plus d'avoir perdu la femme qu'il aimait, cet homme perdra l'une de ses mains, au minimum. Il sera donc doublement puni s'il échappe au bannissement pur et dur.

Second silence, seconde de réflexion, formulation dans son esprit, puis largage de la bombe :

- Dans le second... Nous retournons à la boutique, nous demandons le nom de l'homme avec qui Célia trompe son mari, en appuyant sur le fait qu'il est probablement responsable, et nous lui rendons visite pour déterminer s'il mérite d'être châtié pour ses torts ou non. Qu'en pensez-vous ? Je vous laisse le choix, et les responsabilités qui en découlent. De mon côté, j'ai déjà pris ma décision. Je ne laisserais pas cette femme piétiner ainsi l'amour sincère de celui qui lui a tout donné.

Il fallait maintenant attendre qu'il prenne sa décision. S'il décidait d'accuser monsieur Braseros alors elle l'accepterait et irait ensuite rendre le verdict à sa façon. Après tout, la seule justice qui gouvernait le monde était celle que l'on rendait soi-même.


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MessageMer 27 Déc - 16:43

Pour Kairos, la question ne se posait même pas. L'homme ne méritait pas d'être puni pour son acte, qui trahissait plus un profond désespoir, qu'un véritable vice. Certes, il n'était pas juge, et ne pouvait pas valablement distinguer le juste. Mais, il avait une morale, fruit de son éducation, et il comptait bien s'en servir. Son grand père lui disait toujours qu'il valait mieux d'être vertueux que d'être glorieux.

- Hâtons nous de retourner à la boutique, il commence à se faire tard, et je n'ai pas envie de traîner avec un tel trésor dans les ruelles sombres de la ville.

Alors qu'il s’apprêtait à ouvrir la boutique, Kairos crut, l'espace d'un instant, apercevoir une souris volait derrière lui. Avait-il rêvé ? Il ne saurait le dire. Qu'importe, il ouvrit la porte et s'engouffra dans la boutique.

La gérante de la boutique les accueillit souriante, sûre à l'idée qu'ils avaient accomplis leur mission avec succès. Son sourire fut de courte durée, lorsque Kairos indiqua les raisons de leur retour ici.

Certes, il n'avait pas retrouvé les perles, mais au moins tenait-il une piste. Elle était un peu attristé de savoir que ses rivaux n'étaient pas dans le coup. Mais qu'importe, elle finirait bien par les avoir un jour. Cependant, elle refusa catégoriquement de fournir toutes informations sur ses clients - mettant ça sur le dos d'un prétendu secret professionnel, transmis depuis des générations et des générations, et bourtanti et bourtanta...

Kairos s'insurgea de ce revirement soudain dans le comportement de la souris. Pourquoi diable avait-elle maintenant des scrupules, alors que le matin même elle n'avait pas hésité avait de désigné les deux passants de la matinée... Sa curiosité était piquée au vif, pas de toute, elle défendait quelqu'un de très puissant. La déontologie servait parfois de biens plus sombres intérêts...

Pendant que les humains conversaient, la souris s'était empressée de mettre la main sur le registre tenue par la gérante jusqu'à trouvé la fameuse commande d'une "robe perlée sur sa mer de nuages". La souris mémorisa l'adresse et le nom du commanditaire, avant de remettre le livre à sa place.

Alors que Kairos sortait, dépité, de la boutique, l'esprit vint à sa rencontre :
- Hey toi l'ami ! Oui oui toi, tête de TSLICH ! Non pas par là, ni par là ! Regarde devant toi à la fin. J'en viendrai presque à regretter mon choix. Bref, j'ai le nom de celui que tu cherches, et son adresse. Je suis prêt à te les donner à une condition - que tu m'aides à accomplir mon destin de changer le monde !

Kairos était... perplexe. Cette souris semblait surexcitée. Mais il voulait vraiment en finir avec cette sale histoire. Sans vraiment réfléchir, il accepta la proposition.

L'homme s'appelait Onyx le magnifique et vivait à la villa des zéphyrs.
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