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 L'ennuis de l'huître produit les perles. [Quête | & Kaïros]

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Tueuse de siless
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MessageJeu 28 Déc - 23:09


Le brun lui fit comprendre qu'il partageait son avis et ils se dirigèrent rapidement vers la boutique de tissus. Le temps s'écoulait rapidement, et bientôt, la voûte céleste se parerait de nuances plus froides, du bleu en passant par le mauve et l'incarnat. Tout comme la blanche, le jeune homme ne souhaitait pas s’éterniser en ville, qui plus est, avec les perles en leur possession. L'Âme était perdue dans ses pensées, comme à son habitude. L'éternelle rêveuse, la tête en l'air, la distraite, tant de moquerie qu'on lui avait lancé au fil du temps. Mais était ce réellement de son fait ? Elle était née, si l'on peut dire cela, et s'était attribuée le caractère de son premier maître. La demoiselle en avait si peu de souvenir aujourd'hui, cela l'attristait. Il avait été un père plus qu'un utilisateur, un confident plus qu'un maître, il avait tant fait pour elle et aujourd'hui, il ne représentait plus qu'une image floue d'un passé lointain.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans le bâtiment, l'Animatronus vint vers eux avec une expression satisfaite qui disparut vite lorsqu'elle comprit qu'ils n'étaient pas encore venus à bout de leurs recherches. Elle campa sur ses positions à propos du secret professionnel, alors qu'elle avait précédemment donné nom et informations sans broncher. Il devait donc y avoir un lien entre elle et cet homme. Mais lequel ? Étaient ils parents ? Amis ? Quelle importance, la blanche serait sans pitié. Ils quittèrent la boutique pour retrouver la chaleur étouffante du désert. Mayu se senti soudain exténuée. Saisissant une gourde dans sa besace, elle but une grande lampée d'eau et lâcha à l'attention de Kaïros :

- Bien, avant que nous ne mettions activement à la recherche de cet irrespectueux personnage, je propose que nous parlions de la façon dont nous allons résoudre cette affaire.

Prenant une inspiration, la demoiselle planta son regard dans le sien. Elle aimait observer les expressions qu'elle avait eu tant de mal à assimiler et traduire les premières années. Il y avait les fossettes, les pattes d'oie, ces minuscules ridules qui marquaient l'individualité d'une réponse émotionnelle en un éventail de possibilité.

- Comment souhaitez-vous procéder ? Une entrée en matière franche et sans détours ? Où peut être quelque chose de plus subtil, de plus... traître ? Devrions-nous cacher les perles dans ses affaires pendant que l'un d'entre nous le distrait, et ce, afin de prêcher le faux pour obtenir le vrai ?

Comme il observait devant lui avec un air interloqué, l'Âme fronça les sourcils en le questionnant, inquiète :

- Vous avez l'air distrait, y a t'il quelque chose qui vous tourmente ?

Puis, réfléchissant à nouveau à leur situation, la blanche lâcha avec agacement :

- Puisque Spiddy n'a pas voulu nous livrer l'information, il ne nous reste qu'une solution : retrouver Célia Braseros et l'obliger à nous livrer son amant sur un plateau d'argent.

Obstinée et désireuse d'en finir avec cette affaire, la blanche partie d'un grand pas en direction du café où ils avaient rencontré le couple, bien que chacun de leur côté. Le barman cracherait le morceau, quitte à ce qu'elle doive lui coller sa dague sous la gorge.


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MessageVen 29 Déc - 0:24

Avant même que Kairos n'ait pu dire quoi que ce soit la blanche se pressa en direction du café. Kairos s'empressa de rejoindre son acolyte et lui indiqua le nom et le lieu de leur prochaine aventure, sans même se donner la peine d'expliquer comment il les avait eu.

La villa des zéphyrs se situait non loin de la boutique. En effet la boutique était au cœur du quartier bourgeois de Ahriman et la villa des Zéphyrs était justement l'une des plus belles résidences de la ville. Alors que Kairos était surexcité, énergie qu'il avait vraisemblablement transmis à la blanche, lui et son amie durent faire face à une gigantesque porte, aux dorures luxueuses, qui ne semblait pas prête à s'ouvrir.

Il fallait réfléchir à un moyen d'accéder à l'intérieur de la maison sans attirer trop l'attention sur eux. La demeure était entourée de hautes murailles. Les marchands lui avaient déjà raconté des histoires sur cette résidence. On disait d'elle qu'y chantaient des êtres d'air pur, qui permettaient à la villa d'être toujours à une température supportable en faisant souffler une brise légère sur la demeure.

La grande porte était trop voyante. Kairos avait compris que les opportunités se trouvent toujours dans les endroits plus secrets et que bien souvent le pouvoir résidait dans l'ombre. Il devait bien exister une entrée réservée aux petites mains de la maison (et aussi pour les maîtresses soucieuses de ne pas être vues).

A l'arrière de la demeure, une petite porte était nichée dans un renfoncement. Un garde veillait juste devant. Avant même que son acolyte ne propose quoi que ce soit, Kairos l'approcha avec son plus joli sourire et lui dit :
- Bonjour Monsieur, je suis désolé de vous importuner mais je suis nouveau ici (il montra son morceau de papyrus rouge) et je ne retrouve plus mon chemin. Pouvez vous m'indiquer la localisation de l'auberge la plus proche ? Il commence à faire sombre et vous êtes alors apparu tel un phare en pleine tempête.

Le garde s'empressa de s'exécuter, ce qui étonna le jeune homme qui pensait que son idée serait un terrible échec. Le jeune homme avait suivi son instinct qui l'avait attiré magnétiquement vers ce garde aux yeux azurés et à la carrure rassurante. Le succès de l'opération fut un hasard complet. Le garde avait lui aussi jeté son dévolu sur Kairos et était totalement sous son charme, sans que ce dernier ne s'en soit même rendu compte.

Il attira encore quelques précieuses secondes l'attention du garde en vantant les mérites de la ville. Il apprit que le garde s'appelait Hippolyte et qu'il vivait à la frontière entre le quartier de son maître et les quartiers plus populaires. Kairos n'arrivait pas à détacher ses yeux du garde et lorsqu'il se rendit compte que lui aussi était observé, il ne put s'empêcher de rougir comme une tomate. Cela fit totalement fondre Hippolyte, qui trouvait cet étranger de plus en plus intriguant. Le clou du spectacle fut lorsque le familier de Kairos décida de sortir de sa cachette pour venir se nicher sur l'épaule de son maître. Hippolyte a cet instant précis se souvint qu'un jour sa mère lui avait dit qu'il saurait exactement reconnaître l'homme de sa vie le moment venu.


Honteux, et un peu perdu, Kairos salua brièvement le garde avant de s'éclipser le plus dignement possible, laissant le garde dans l'incompréhension. Le jeune homme espérait vraiment que sa partenaire avait réussit à infiltrer le palais et, plus secrètement, qu'elle n'avait pas pu voir cette scène.

La petite souris était au bord des larmes tellement la scène était hilarante. Ce petit homme était décidément pleins de surprises !
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MessageVen 29 Déc - 2:34


Alors qu'elle pressait le pas en direction de l'endroit où elle espérait trouver la réponse à leurs interrogations, le brun l'arrêta après l'avoir rattrapé. Un simple mot, une impression qu'il en savait bien plus que ce qu'il venait de lui apprendre. La blanche le fusilla du regard. Non seulement il n'offrait aucune réponse à ses questions, alors qu'il était aussi concerné qu'elle, mais, en plus, il sortait des infos d'on ne savait où sans apporter d'explications ! L'Âme détestait être manipulée presque autant que mise de côté. Mais puisqu'il avait décidé qu'il en serait ainsi, alors soit, elle prenait dès à présent le parti d'en faire de même. Têtue et renfrognée, elle changea donc de direction pour gagner les demeures luxueuses qui se situaient plus bas dans la rue.

Onyx, ce nom lui disait quelque chose. Mais, pourquoi ? Lorsqu'ils arrivèrent en vue de la maison, Mayu se souvint brusquement du propriétaire de cette exubérante propriété, et de ce qui lui avait valu ce surnom aussi valorisant qu'hypocrite. Plongeant dans ce morceau de son passé, elle revit le marchand de misère, un grand homme musclé à la peau d'ébène, chauve, et ses étranges yeux qui semblaient déceler vos moindres désirs avant de chercher à vous les procurer pour des sommes insensées. Un vaurien, un menteur, voilà les seuls adjectifs qui méritaient de lui être attribués. Qu'est-ce que cet homme avait bien pu promettre à Célia Braseros ?

Arrachée à ce désagréable souvenir par l'initiative de Kaïros, elle l'observa, bouche bée, se précipiter vers le garde qui surveillait l'entrée de service. Jusque-là, elle avait emboîté le pas, trop absorbée par des bribes de ses voyages passés, et le fait qu'il décide de foncer tête baissée sans la consulter ne fit qu'accroître sa mauvaise humeur. Elle les regarda converser, utilisant les buissons d'une demeure voisine pour les contourner et ainsi atterrir derrière eux, dans le dos de l'homme. Plus petite que lui, elle se glissa dans son ombre sans qu'aucun ne la remarque. L'Âme allait frapper quand elle prêta l'oreille à la discussion.

Bon sang, il venait vraiment de tomber sous le charme de celui qu'ils devaient écarter de leur chemin ? Soupirant intérieurement, persuadée que cette journée n'en finirait pas de l'étonner, elle choisi le moment où son allié se retirait pour frapper. Du tranchant de ses mains, elle visa le milieu du coup, à la droite et à la gauche simultanément. Le corps tomba au sol, dénué de conscience. Faisant signe au brun qui ne pouvait avoir manqué d'attention au point d'ignorer le bruit sourd qui avait suivi la chute, elle lui lança une pique bien sentie :

- C'est ce qu'on appelle le coup de foudre.


Puis, lui tournant le dos, elle attrapa les clefs à la ceinture du garde, et ouvrit la porte qui permettait d'accéder aux coulisses de la maison. La blanche suivit le petit couloir où quelques vestes et besaces étaient posées, sans doute aux employés, puis atterrit dans une buanderie, déserte. Là, elle repéra la tunique qui devait être celle des employés de maison et une idée lui vint. Il y avait deux uniformes différents. Le premier était clairement celui des domestiques, le second devait ressemblait à celui que le garde portait. Elle fouilla dans les casiers jusqu'à trouver la taille qu'elle pensait être celle de Kaïros et posa ceux-ci devant lui sans explications.

Dépliant la robe sable, plutôt simple, elle l'observa un instant, puis jugea que cela irait. Sans réfléchir d'avantage, elle laissa glisser sa cape sur ses épaules, dévoilant un vêtement mi-long qui descendait jusqu'à ses genoux. Celui-ci fut ôté aussi vite que le précédent, et il ne resta plus qu'à la jeune femme ses sous-vêtements masquant sa féminité. Elle laissa glisser la tenue et l'ajusta plusieurs fois, la trouvant trop commune à son goût. La demoiselle noua ensuite le tablier immaculé par-dessus, remonta ses cheveux en un chignon dont s'échappaient quelques mèches folles et s'observa dans le reflet de la fenêtre. C'était parfait. Une vrai petite domestique. Seules ses bottes faisaient tache, mais il suffisait d'attirer l'attention de ceux qu'elle croiserait suffisamment pour qu'ils ne le remarquent pas.

- Bon, il y a deux étages dans la partie habitée. Le rez-de-chaussée est composé de deux salons, d'une salle à manger et d'un grand hall où il y a généralement les deux gardes du corps d'Onyx. Vu l'heure, s'il est présent, il doit s'apprêter à souper. Tu préfères t'occuper de les distraire ou je m'en charge pendant que tu trouves ce crétin ?

Vu qu'il n'avait pas daigné lui expliquer comment il avait obtenu des informations plus tôt, elle lui offrirait la même perplexité quant au fait qu'elle connaisse la demeure. Se souvenant qu'il l'avait précédemment royalement ignoré, la blanche ajouta d'une voix plus dure :

- J'ai besoin d'une réponse cette fois.


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MessageVen 29 Déc - 12:38

Alors qu'il allait partir sans demander son reste, il entendit un bruit rauque derrière lui. Il se retourna juste à temps pour voir Hippolyte s'effondrer sur le sol inconscient. Sa partenaire avait un léger rictus qui se dessinait sur son joli minois. Elle était visiblement en colère contre lui, et elle s'était vengée à sa manière. Kairos se promis de faire plus attention à son comportement à l'avenir (autant par politesse que par instinct de survie). Pas de doute, mieux valait avoir cette fille en alliée qu'en ennemie. Il ne s'était pas trompée sur elle, cette fille était une arme. Malgré son apparence chétive, elle avait couché d'un coup unique ce grand gaillard.

Il répondit, sur un ton amusé :

- Il est encore plus mignon quand il dort

Puis il suivit les pas de la blanche, après avoir pris soin de mettre le garde à l'abri dans un coin (non sans difficulté, du fait de la musculation importante de celui-ci)

La résidence était tout simplement sublime. Des ouvertures taillées dans la roche donnaient une impression d'immortalité à la demeure. La luminosité de l'endroit était soigneusement étudiée pour qu'elle soit parfaite en toute occasion. Une légère brise chaude venait réchauffer l'atmosphère et adoucir la température froide de la nuit. On entendait au loin des chants légers remplis de sensualité.

La fille, visiblement encore énervée, lui présenta une tenue de garde et enfila sa propre tenue de domestique sans se soucier de la présence de Kairos. Kairos enfila lui aussi sa tenue, qu'il trouvait abjecte au possible. Sans doute cette apparence était-elle voulue pour rappeler aux gardes à quels rangs ils appartenaient.

Sa camarade - encore fâchée - lui expliqua sommairement les plans de la demeure et lui demanda s'il préférait s'occuper des gardes ou trouver le fameux Onyx.

Alors qu'il réfléchissait à la façon d'optimiser leur chance, son amie s'impatienta. Décidément elle était en colère. Après avoir jeta un regard à l'esprit souris, qui hocha la tête comme pour confirmer son choix il finit par dire :

- Ma chère Mayu, je vois que je vous ait blessée, alors que tel n'était nullement mon intention. Vous m'avez été d'une aide précieuse aujourd'hui et je ne me souviens pas m'être autant amusé depuis bien longtemps. J'ose espérer que ma présence vous est, à défaut d'être agréable, au moins supportable.

Puis, il repris avec un ton plus affirmé, que les gardes seraient une balade de santé pour elle, et qu'Onyx lui semblait un choix bien plus judicieux.

L'esprit des sables connaissait bien Onyx et savait précisément quel genre de personne il était. Assoiffé de pouvoir et de richesses, il était prêt aux pires atrocités, pourvues qu'elles puissent l'aider à réaliser ses desseins. La souris se souvint de cette phrase que souffle parfois le vent du désert "Au commencement, tout n'était que poussière et tout redeviendra poussière. Toi qui prend au désert, soit sur qu'un jour, le désert te reprendra." Le désert était le symbole même du caractère éphémère de la possession matérielle. Dommage qu'Onyx n'est pas comprit où se trouvait la véritable richesse. Heureusement, les esprits du sable étaient là pour le lui rappeler.
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MessageMar 2 Jan - 21:11


Alors qu'elle guettait le couloir pour vérifier qu'il n'y avait personne de gênant, la blanche fut interpellé par ce qui pouvait ressembler à des excuses. Elle se tourna à nouveau vers lui, l'uniforme ne lui allait pas, et l'écouta attentivement, puis se détendit. Il avait vraisemblablement compris son erreur, il n'était donc plus nécessaire de froncer ainsi les sourcils et elle se détendit légèrement. Pas trop non plus, ils étaient tout de même sur un gros coup, il ne fallait pas se relâcher. Et puisqu'il avait été conclu qu'elles devraient s'occuper de distraire les gardes, la demoiselle jeta un dernier conseil au brun :

- Ne le laissez en aucun cas vous faire accepter le plus petit accord sans y avoir réfléchi. Cet homme est un charlatan capable de vendre de l'eau à un triton, il faut s'en méfier comme de la peste. Il est toutefois d'une vanité sans pareille, le faire avouer sa conquête ne devrait donc pas être compliqué.

Après avoir dit cela, la blanche dégrafa deux des boutons de sa robe. Elle ne possédait certes pas une poitrine volumineuse, mais cela serait suffisant pour attirer l'attention des gardes, surtout avec une robe aussi courte. Elle avait déjà eut à faire ce genre de chose, mais ce n'était jamais un plaisir, elle préférait obtenir les choses de façon plus... professionnelle ? Elle jeta un dernier regard à Kaïros, hocha la tête pour lui signifier qu'elle partait et se dirigea à grands pas dans le couloir qui menait au hall. Là, les deux hommes la regardèrent arriver en haussant les sourcils, curieux, ou peut être désappointé.

Le premier des deux, Crâne-rasé, murmura quelque chose à Grandes-canines qui le fit rire puis la fixa de ses petits yeux de rats. Après tout, un homme tel que Onyx ne pouvait s'entourer que d'esprits aussi étrécis que le sien. Ajustant son tablier, elle s'arrêta devant les gardes, un sourire innocent plaqué sur ses lèvres et une voix mielleuse faite pour charmer.

- Messieurs, pardonnez-moi, je suis nouvelle et je me demandais si vous aviez quelques conseils à me prodiguer sur les habitudes du maître de maison. Si vous pouviez me donner ses horaires de repas, de bain et de coucher, cela me permettrait d'améliorer grandement la qualité de vie d'Onyx le magnifique.


Grandes-canines la salua d'un hochement de tête courtois et passa sa main dans sa tignasse d'ébène avant de répondre, hésitant :

- Le patron laisse des directives pour chaque journée à venir et le personnel s'y conforme, il n'y a pas un jour semblable aux précédents alors je ne crois pas que vous pouvez mettre en place ce que vous avez en tête. D'ailleurs, il est occupé en ce moment, je peux vous faire visiter la demeure si vous le souhaitez.

Mayu fit la moue, montrant quelques signes de contrariété quant aux informations qu'elle venait de recevoir. Replaçant une mèche folle derrière son oreille, elle pouffa et refusa poliment :

- C'est très gentil à vous, mais je dois prendre les mesures de la table de la salle à manger pour commander la nouvelle vaisselle. Mais...

Elle attrapa la cravate grise du garde du corps et en replaça le nœud correctement avant de finir à voix basse, s'assurant que son allié avait largement eu le temps de passer :

- Peut-être une autre fois.


Crâne-rasé lui indiqua la direction, bien qu'elle la connaisse déjà, et glissa une autre cochonnerie à l'oreille de son collègue en la regardant partir. Quels gamins, une véritable honte pour la gente masculine. Il ne lui restait qu'à espérer que Kaïros aurait avancé de son côté. Si Onyx la voyait, son attitude changerait immédiatement. Il valait donc mieux qu'elle fasse profil bas et le laisse l'interroger. Se glissant dans la pièce où se trouvaient les deux hommes, la blanche se cacha dans l'ombre d'un meuble, entre un vase et un lourd rideau mauve.


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MessageMer 3 Jan - 1:44


Il sembla à Kairos que la jeune femme s’était un peu radoucie. Elle l’avait mise en garde de ne pas se fier à ce marchand de tapis sournois. Quand la jeune femme entrouvrit légèrement son chemisier, Kairos sut ce qu’elle avait en tête. Les gardes étaient des hommes simples, qui ne savaient résister aux charmes de la gent féminine. Les femmes avaient un avantage redoutable dans ce genre de tâches de distraction. Il put se faufiler sans peine jusqu’à la salle à manger d’Onyx où il dînait seul. Cela rassura le jeune homme qui n’aurait pas eu le courage d’affronter de nouveaux gardes.

Il prit un instant pour mesurer la profondeur de l’intrigue qui se tramait. Non seulement ils (enfin surtout elle mais passons) avaient assommé un garde, puis étaient entrés par effraction dans la demeure de l’un des marchands les plus puissants de la ville et pour couronner le tout, ils avaient en leur possession les perles que toute la ville cherchait. Mais, alors que n’importe qui de censé aurait été anxieux, Kairos était lui excité. Était ce de la folie, de l’insouciance ou bien de la témérité ? Nul ne saurait vraiment le dire, mais c’était sans doute un savant mélange de toutes ces choses à la fois.

Onyx était confortablement installé au fond de la pièce, qui donnait sur un balcon, d’où l’on pouvait apercevoir l’immensité de la ville, et du désert. Kairos s’approcha et surpris son interlocuteur :

- Bonsoir Onyx, je me nomme Kairos et je dois m’entretenir avec vous d’une affaire. J’ai été mandaté pour enquêter sur le vol des mystérieuses perles. Je sais que ses perles ne sont nullement une énigme pour vous. J’ai avec moi des témoins qui pourront établir la véracité de la relation adultérine que vous entretenez avec Madame Braseros. Nul doute que votre célèbre nom risque d’être entaché à la suite de cette bévue. Avant que vous ne planifiez un stratagème pour me réduire au silence, sachez que toute disparition suspecte de ma personne entrainera la divulgation immédiate de votre secret, et je doute que ce soit ce que vous souhaitiez.

Le puissant marchand ne prit pas la peine de bouger de son siège et se contenta de demander :

- Pourquoi diable devrais-je croire un inconnu tel que vous ? Votre parole n’est rien ici.

Kairos se doutait qu’il ne mordrait pas si facilement à l’hameçon. Il devait paraître crédible pour que l’homme se sente vraiment menacé. Pour l’instant, c’était lui qui arborait fièrement un sourire menaçant. Kairos se fit la réflexion qu’il ressemblait à une créature du désert, déterminée, assoiffée et sournoise. Il fallait qu’il change la donne et il ajouta donc :

- Le garde du nom d’Hippolyte a avoué l’existence de cette relation sous le joug de la torture.

Il n’avait pas d’autre choix que d’impliquer le garde, mais il ne voulait pas lui causer d’ennuis. D’autant plus que le garde pourrait facilement faire état de tortures, du fait du violent coup porté par la jeune femme qui accompagné Kairos.

Le visage d’Onyx blêmit légèrement, l’espace d’un instant fugace. Il reprit sèchement :

- Combien ?

Cet homme était habitué à tout monnayer et à toujours obtenir ce qu’il désirait en échange d’une somme d’argent.

L’esprit souris se délecter du spectacle. Le petit homme était rusé, il avait assuré ses arrières, sans mettre en danger les autres. C’était un esprit comme le sien qu’il avait pendant si longtemps cherché. Par contre, Onyx était une créature abjecte, qui avait été corrompue par l’argent. Il fallait lui donner une bonne leçon !

Kairos répondit alors qu’il n’était nullement intéressé par l’argent. Cette réplique désarçonna le riche marchand. Il n’avait jamais rencontré quelqu’un pour qui l’argent ne comptait pas et cela le perturbait. Il jeta finalement un regard à son hôte indésirable. Il vit dans ses yeux bleus, qu’il ne pourrait jamais contrôler un être comme lui. Onyx, qui percevait toujours les désirs les plus inavouables des individus, ne voyait absolument rien que le jeune homme désirait si ce n’est l’aventure.

Le marchand était poussé dans ses derniers retranchements, il était mûr et n’attendait plus que d’être cueilli. Kairos fit appel à l’esprit souris qui traînait autour de lui. Il fut enveloppé dans un halo jaunâtre et sa voix pris une ampleur toute autre, emplie du pouvoir du désert :

- Onyx, fils du désert, le désert réclame son tribut. Toi qui a enfreint les lois sacrées du désert par ta cupidité et ta luxure, tu céderas ta demeure au mari de Célia Braseros en gage d’excuse pour que tu te souviennes que rien n’est jamais acquis.

Onyx sembla assez impressionné pour ne pas chercher à marchander plus. Kairos tourna donc les talons et parti.

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MessageSam 6 Jan - 2:54


Discrète, la blanche écoutait tout ce qui se disait dans la salle à manger. Le souffle d'air provenant du balcon la rafraîchissait, lui permettant de souffler un peu. Ils avaient passé la journée à courir, et elle rêvait déjà d'un bon bain et d'un repas rassasiant. Mais avant cela, ils devaient en finir avec cette crapule. Comme elle était arrivée en pleine conversation, la demoiselle avait manqué les prémices de leur échange et devait donc prendre en cours de route en imaginant ce qu'elle avait manqué. Comme elle l'imaginait, Onyx prit d'abord le brun de haut, habitué qu'il était à faire payer chaque contrariété par une humiliation en bonne et due forme. Mayu grimaça quand le jeune homme évoqua le garde, cela mettait en péril leur plan. Si celui-ci était interrogé, nul ne douterait du fait qu'il n'avait rien dit s'il l'affirmait. Restait à espérer que cela ne se passerait pas ainsi. Heureusement, ce nouvel élément fit perdre de sa superbe au marchand qui pâlit un instant avant de se reprendre et de tenter d'acheter le silence de Kaïros.

La blanche fut soulagée de constater que son allié n'était pas de ceux qui acceptent de fermer les yeux pour une poignée de pièces et un sourire amusé lui échappa lorsqu'elle reconnut l'expression ahurie du marchand. Il n'était pas habitué à se voir refuser quoi que ce soit, et ne savait visiblement pas comment continuer cette conversation. Une étrange métamorphose s'opéra alors, et Kaïros parut soudainement briller d'une lueur spectrale. L'air se mit à vibrer. La demoiselle comprit bien vite que la magie œuvrait là, sous ses yeux. Ce n'était pas la première fois qu'elle était témoin de ce genre de spectacle, mais la fascination qu'elle éprouvait restait aussi forte qu'au premier jour.

Lorsque son allié délaissa un Onyx au visage fermé, la demoiselle attendit qu'il ait quitté la pièce et sorti de sa cachette, s'avançant à pas feutré vers l'homme pour qui elle n'éprouvait aucune sympathie. Relevant son menton d'une main, elle attendit qu'il comprenne qui était la personne qu'il avait en face de lui. Ses sourcils s'écarquillèrent et il cracha d'une voix étranglée :

- ... Toi !

Souriant doucement, la jeune femme s'écarta d'un pas, et lui répondit d'un ton caressant, le prenant en pitié :

- Je t'avais prévenue, Onyx, qu'un jour viendrait où tu perdrais tout. Tu vois, je tiens toujours parole.

Son visage se crispa et sa peau prit une teinte écarlate. Et alors qu'il balançait son verre contre le mur, le brisant en milliers d'éclats, les gardes accoururent pour voir ce qui se passait. Ils voulurent se saisir de la demoiselle, mais un simple geste de la main de leur maître les stoppa net. Une colère insondable brillait dans ses yeux lorsque jeta à son attention :

- Tu penses avoir gagné ? Ce n'est pas fini. Tu n'as plus personne pour te protéger, aujourd'hui, tu n'es rien de plus qu'une arme qui a perdu toute utilité, toute valeur.

Attristé de constater encore une fois combien le marchand avait perdu son humanité, la blanche lui souffla sur le ton de la confidence :

- Cela vaut toujours mieux que de s'enfoncer dans cette haine qui te ronge. Tant que tu ne te sera pas repenti, jamais tu ne me vaincras, Onyx.

Elle partit alors, récupérant ses affaires dans la laverie avant de chercher le brun. Lorsqu'elle le retrouva, il s'exclama avec un grand sourire soulagé :

- Cette fois, je crois que nous avons mis un point final à cette histoire !


Avisant le garde qui dormait toujours au sol, elle ajouta, malicieuse :

- Tu devrais proposer à Monsieur Braseros d'engager la Belle au bois dormant que voilà.


Puis, plus sérieusement :

- Il est temps d'achever cette journée. Spiddy doit être dans tous ses états, ramenons lui les perles et allons dîner, je meurs de faim !


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MessageSam 6 Jan - 4:42

Juste au moment où Kairos prenait le chemin de la sortie, son acolyte fit irruption dans la pièce. La simple vue de celle-ci par Onyx le fit sortir de son calme apparent. Son visage était déformé par la rage. Qu'avait-elle bien pu faire à cet homme pour qu'il lui voue une telle haine.

Ils récupérèrent leurs affaires et repartir. Mayu fit alors une blague douteuse sur le garde encore assommé par le coup qu'elle lui avait porté plus tôt. Kairos lui jeta un dernier regard avant de repartir vers la boutique de Spiddy.

Ils entrèrent dans la boutique et avant que la souris ne put dire quoi que ce soit Kairos s'exclama :

- Spiddy, nous avons vos perles ! Il est plus que temps de finir cette commande qui n'aurait pas du causer autant de tracas !

La femme se détendit immédiatement et laissa échapper un soupir de soulagement. Elle aurait détestait devoir annoncé à son client, Onyx, qu'elle ne pourrait honorer sa commande. La gérante aurait été bien surpris d'apprendre qu'en vérité son client avait encore bien plus souffert de cette histoire qu'une simple déconfiture pour une stupide commande. Mais qu'importe, la réputation de la boutique était saine et sauve.

La souris commenta :

- Et dire que l'on paie ces gardes tes sommes astronomiques et qu'ils ne sont même pas capable de faire les tâches les plus élémentaires ! Je vous en suis éternellement reconnaissante. J'ai parlé de vous à mon supérieur et il souhaite s'entretenir avec vous pour vous remercier personnellement de votre engagement pour notre affaire.

Kairos était ravi et ne se soucia plus de la suite de la conversation. Il sortit donc avec sa camarade dans la ruelle pour s'entretenir avec l'esprit des sables. Ce dernier semblait ravi de la tournure des événements et ne semblait pas s'être autant amusé depuis bien longtemps. Après un bref échange l'esprit fit mine de partir. Le jeune homme ne savait pas si l'esprit était véritablement intéressé, mais il tenta néanmoins :

- Hey, toi l'esprit vagabond, voudrais-tu te lier à moi ?

A l'annonce de ces mots, l'esprit sembla ressusciter ! Il attendait ses paroles mais n'était pas du genre à réclamer quoi que ce soit, encore moins à un humain.

Kairos pris une poignée de sable dans la main et souffla dessus, l'esprit s'engouffra dans ce phénomène et fonça droit dans le corps de Kairos, pour fusionner avec.

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MessageLun 8 Jan - 11:00


Ils gagnèrent rapidement la boutique l'Encapé où Spiddy fut plus que ravie de retrouver les précieuses perles. Son commentaire sur la paie des gardes passa au-dessus de l'esprit de la blanche qui ne pensait plus qu'à un bon bain. Ce qui ne lui échappa pas, en revanche, ce fut sa remarque sur Uzal Derra. Elle était étonnée qu'un homme aussi puissant leur accorde un entretient. Mais soit, elle irait, recevrait les louanges, et comme à chaque fois qu'elle avait rencontré un grand nom, elle continuerait sa vie sans que rien n'en soit changé. Alors que Kaïros sortait, la demoiselle resta un instant supplémentaire et demanda à la gérante :

- Au fait, vous qui avez des clients dans tout la ville, dîtes-moi, à qui dois-je m'adresser pour me faire coudre un nouveau set de voyage hors du commun ?

L'Animatronus esquissa un sourire amusé et lâcha un nom avant d'agiter la main vers la sortie :

- Hétélia.

Mayu nota ce nom dans un recoin de son cerveau déjà bien rempli et rejoignit le brun à l’extérieur, accompagné de la seconde de Spiddy qui les pria poliment de les suivre. Elle les mena jusqu'au seuil d'une grande demeure. Là, ce furent deux gardes qui prirent le relais, les menant dans un vestibule où on leur demanda de patienter. Quelques minutes plus tard, un homme au teint basané, vêtu d'une tunique cousue d'or et de pierreries précieuses d'un rouge sombre. Sans prendre le temps de se présenter, il démarra la discussion sur les chapeaux de roue, visiblement pressé :

- Je sais qu'Eléanore vous a promis un peu de mon temps, malheureusement, j'ai une réunion qui est tombée au dernier moment et je n'ai donc que quelques instants à vous accorder. Ma douce subordonnée m'a expliqué combien votre aide lui avait été précieuse, et j'ai donc choisi de vous offrir un présent à la hauteur de sa satisfaction.

Il claqua des doigts et un domestique se présenta avec un coffret qu'il ouvrit sur une amulettes et un bracelet délicatement ciselées. Les yeux de la blanche s'écarquillèrent tant ils étaient magnifiques. Mais avant qu'elle n'ai pu dire quoi que ce soit, Uzal acheva leur rencontre d'un négligeant :

- Bien, maintenant que je vous ai récompensé comme il se doit, vous me pardonnerez, j'ai des affaires en cours.

Et sans dire au revoir, il s'en alla, laissant les deux protagonistes face au valet qui leur expliqua, tentant de rattraper l'absence de bonnes manières de son maître :

- Pardonnez Monsieur Derra, il n'y a point de repos pour les hommes dont la vie est aussi remplie que la sienne. Ce que monsieur à omis d'expliquer, c'est que ces bijoux sont dotés d'une particularité très utile. Lorsque l'envie s'en fera sentir et que vous éprouverez le besoin de tenir une arme dans vos mains frêles et tremblantes, le bijou en prendra la forme. Il n'y a rien de plus époustouflant que la magie, n'est ce pas ? Prenez ces objets et retournez sur les chemins vous menant vers d'autres âmes en peine.


La demoiselle, émue, ancra ce souvenir dans son esprit avant de saisir l'un des deux présents. L'amulette, un méticuleux travail d'orfèvre, si fin et incroyablement éblouissant, avait immédiatement attirée son regard. L'aigue-marine logée en son sein se reflétait dans son regard clair et c'est ton naturellement qu'elle trouva sa place autour de son cou gracile. La pierre glacée contre sa peau soyeuse la fit frissonner autant de joie que de crainte. Quelle était véritablement la puissance de cette amulette ? Elle devrait attendre pour le découvrir.

Le domestique parti, et la jeune femme se tourna vers Kaïros, encore chamboulée par le magnifique cadeau qui mettait en valeur ses iris azurés. Elle était aussi lasse qu'excitée, mais sa bonne humeur récemment acquise lui donnait à présent envie de fêter leur victoire. Elle attrapa donc les mains du brun et l'invita avec le plus grand sérieux :

- Allons manger dans le meilleur restaurant d'Ahriman, c'est moi qui invite !


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