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 Une muse pour modèle [Ailyn - Rp Libre]

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MessageLun 18 Déc - 0:01

« Non non non, ça ne va pas. Pourquoi les couleurs ne peuvent-elles pas tout simplement s'harmoniser comme je le souhaite et le tissu prendre une forme acceptable… » D'un geste énervé je balaye le plan de travail d'un mouvement emplie de colère et de frustration, envoyant valser mon travail sur le sol. Je n'ai même pas envie d'appeler ça mon travail tellement je juge ce que je réalise décevant. Soupirant fortement je quitte l'arrière salle pour me rendre dans la boutique. Je veux me faire connaître et l'un des meilleurs moyen d'y parvenir reste d'attirer les gens en leur montrant ce dont je suis capable. Mon regard cours sur les mannequins de bois présent de part et d'autre de la salle, la plupart désespérément nus. Je suis sur cette pièce, destinée à être exposé pas même portée, depuis bientôt une semaine et je n'avance pas. Les couleurs que je choisis ne vont pas ensemble, la forme de la tenue est inexistante… Rien ne va. De premier point jusqu'au dernier cette pièce est une erreur et je ne sais que faire pour parvenir à l'améliorer. Sans parler d'en faire ma pièce maîtresse, c'était l'idée initiale mais cela fait quelques jours et heures de travail que j'ai abandonné cette idée, au moins la rendre présentable.

Résignée je me laisse tomber sur la chaise présente derrière le comptoir, reprenant les plans de la tenue. L'idée première est bonne, j'en suis persuadée. Une robe en deux pièces, le bustier et le bas. En bas une robe asymétrique avec un pan de tissue cachant la jambe gauche dans son intégralité mais s'arrêtant à mi-cuisse sur la droite, la laissant visible et laissant libre les mouvements de son porteur. En haut un bustier plus classique, remontant aux épaules, mais dévoilant le dos et avec ouverture descendant à mi-torse. Cette tenue n'est pas faite pour être portée durant les soirée mondaines, j'en ai bien conscience cependant, je n'ai aucun doute qu'elle pourrait être un vêtement de choix pour une danseuse. Ou n'importe qui ayant besoin de faire une représentation artistique devant une foule. Je soupir. Tout cela est bien beau, ces idées sont de très belles idées et de très beaux projets mais si je ne parviens pas à donner une forme concrète à tout cela alors elles ne resteront que des idées dans un coin de mon esprit.

Nouveau regard circulaire. Je suis bloquée, depuis plusieurs jours je m'efforce de faire la même chose, je persévère dans une voix qui n'est pas la bonne. Enfin, peut-être ne suis-je pas totalement dans le faux néanmoins, une chose ne fait plus aucun doute, il faut que je change de point de vue. Peut-être le dis-je aussi souvent pour me rassurer cependant, je suis sûre que mon idée est bonne. Hochement de tête, inspiration profonde et je me lève. Il faut que je sorte, que je laisse pendant une heure ou deux mon travail… Il faut que je m'ouvre au monde, que je prenne le temps de regarder les gens, leur manière de se vêtir, de bouger… C'est ça, un nouveau point de vue. Un point de vue que je n'ai pas abordé depuis bien trop longtemps.

L'instant d'après, ma cape sur les épaules, la capuche rabattue sur le visage je suis dehors, errant au milieu des gens, m'arrêtant de temps à autre pour regarder les commerçants, les gens assis dans les tavernes, cherchant l'inspiration, l'étincelle qui me manque pour progresser. Je marche dans les rues de la ville sans me soucier de l'endroit ou mes pas me portent. Certaines personnes me font parfois réfléchir, commencer à explorer une piste avant de finalement l'abandonner et passer à autre chose. Ma balade dure de longue minutes, une heure s'écoule sans que je ne m'en rende compte et alors que je suis perdue dans mes pensées, oubliant même la raison de ma présence dehors, je me retrouve sur une petite place avec pour seule décoration une fontaine en son centre. Je prends un instant pour regarder le flux de passant avant de décider de changer légèrement d'approcher. Je ne vais plus chercher à déclencher l'inspiration je vais simplement attendre qu'elle vienne à moi. C'est avec cette idée en tête que je m’assoies à la terrasse d'une taverne.

Mon attente n'est pas longue, après ce qui ne doit pas durer plus d'une dizaine de minutes je la vois. Une ael, grande, plus grande que la moyenne, au cheveux blanc. La voir ne me donne pas l'idée que je cherche avec tant d'assiduité cependant, à ce moment je n'ai aucun doute sur le fait que si elle accepte de me servir de modèle alors je pourrais enfin réussir à compléter cette pièce. Néanmoins, il y a deux problèmes majeur à cette situation. L'approcher, lui parler enfaîte, et la convaincre de me servir de modèle… Je suis obligée de le reconnaître, même si je trouvais la force de me lever et aller lui parler je ne saurais quoi lui dire. Tout cela ne fait aucun doute, je n'ai pas la moindre hésitation concernant mes capacités en terme de relationnel pourtant, sans que je ne me rende compte de mon action je me lève, avance vers elle et bégaye « Heu..Excusez-moi ? »
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MessageMar 26 Déc - 17:12


Cela faisait déjà quelques jours que la jeune femme arpentait les ruelles exotiques d’Ahriman. La capitale de Sabliar ne faisait pas parti de ses destinations de prédilection, mais quitter Mystarcia ne pouvait qu’enrichir ses connaissances diverses et variées. En effet, le bureau des artistes, après une récente preuve de sa bonne volonté, l’avait congédiée, bien qu’elle eût tendance à ne pas considérer son labeur comme un véritable travail. Elle aimait la musique, la danse, la peinture. S’occuper des caprices de Gaïa s’avérait être une minime particule de ce qu’on lui demandait de faire chaque jour, et cela ne lui déplaisait point. Pourtant, les richesses culturelles d’Ahriman n’étaient pas ce qui intriguait le plus l’Ael, non.

Elle était passionnée par leur système politique, par la valeur marchande qui tenait cette cité d’une main de fer dans un gant de velours. Elle n’aurait pas voulu de cela chez elle, et n’aurait sans doute jamais réussi à l’appliquer. Mais elle s’émerveillait de voir cet endroit fonctionner parfaitement, s’étonnait que tous les rouages s’enclenchent dans une harmonie singulière. Trop manichéen, trop sectaire. Sa ville de naissance différait en tous points de ce fonctionnement, ce qui le rendait plus excitant encore. Elle admirait la capacité de cette ville à survivre en tant que telle : les armes interdites, une milice absente si l’on ne possède pas les pièces de cuivre suffisantes pour garantir sa sécurité, pourtant les lieux étaient sûrs. Un sourire naquit sur ses lèvres alors qu’elle s’étirait, sortant de ses draps de soie.

Avant de descendre les marches, elle gratta son cou pendant quelques secondes. Ce bout de papyrus rouge la démangeait, ou peut-être était-ce des insectes cachés sous ses oreillers ? Elle haussa les épaules. Ce n’était pas une petite brûlure qui allait l’empêcher de profiter de ses vacances. Ailyn avait entendu bon nombre de voyageurs se plaindre de cette marque imposée, clarifiant leurs origines, montrant les étrangers. Elle, n’y voyait point de mal. Elle ne pensait pas se faire passer pour une locale, et de toute façon, personne ne l’aurait cru étant donné son physique bien particulier.

L’Ael attacha une boucle d’oreille puis accrocha sa chevelure en une queue de cheval désordonnée. Elle prit également soin d’accrocher sa broche en forme de fleur de cerisier, cadeau de Gaïa lui permettant de négocier des prix un peu partout dans le monde, plus particulièrement des montures ici à Ahriman. Puis après s’être regardée une dernière fois dans le miroir, elle descendit les escaliers à vive allure et quitta l’auberge qui l’accueillait en accordant un sourire chaleureux aux tenanciers. Elle n’avait rien à faire aujourd’hui, et c’est justement ce qui la rendait si guillerette.

Balançant ses hanches de gauche à droite, appuyée sur ses talons de taille raisonnable, elle poursuivit sa visite là où elle s’était arrêtée la veille. Ailyn aimait prendre son temps, vagabonder, s’arrêter dans les échoppes, faire connaissance avec les locaux. C’était une autochtone curieuse et que personne n’aurait su satisfaire. Alors elle dansait presque dans les ruelles, s’arrêtait pour jouer avec les enfants, puis reprenait sa route en s’attardant sur les moindres détails de l’architecture.

Parfois, quelque chose de significatif attirait son attention. Aujourd’hui, cela se trouvait être une magnifique fontaine, au beau milieu d’une place qu’on aurait pu bonder sans que qui que ce soit ne se sente serré ou oppressé. Elle n’était pas immense, loin de là, plutôt bien agencée. S’approchant de l’eau, elle hésita à y plonger la main ou à s’asseoir sur le rebord. Elle ignorait ce qui était dans les bonnes mœurs et ce qui lui vaudrait des représailles, et gardait en tête qu’elle n’était pas chez elle, malgré le confort que ces lieux lui offraient. Elle se contenta de croiser les bras, observant les vibrations de l’eau ainsi que sa clarté, alors que le soleil réchauffait son épiderme.

Ailyn aurait pu rester rêveuse encore bien longtemps, rien ne la pressait. Pourtant, elle sentit un regard peser sur elle. Si ce n’était pas inhabituel qu’on la fixe, quand elle réalisa qu’il s’agissait d’une locale, elle haussa les sourcils. Généralement, les étrangers se regroupent, et il est bien malheureusement rare de les voir copiner avec les locaux. Alors sans réfléchir, avant même que la demoiselle n’ait ouvert la bouche, elle la gratifia d’un sourire doux et tendre, plongeant son regard dans le sien. Elle est belle, particulière, certes, mais elle dégage quelque chose. Et inutile de préciser que la tension est palpable, ne serait-ce que dans sa posture, dans ses gestes.

Cette inconnue respire la timidité, l’appréhension. Cela faisait bien longtemps que personne n’avait angoissé de s’adresser à elle, mais elle ne pouvait lui en vouloir. Elles ne se connaissaient pas. Elle allait essayer de la mettre à l’aise. « Oui, qu’y a-t-il ? ». Puis elle rit légèrement, nerveusement presque, comme un amusement qui n’aurait pu être confondu avec de la moquerie. Elle était profondément sincère et surtout inoffensive. « C’est rare qu’un habitant s’adresse à moi, est-ce que je peux vous venir en aide d’une quelconque façon ? ». Elle plaça ses mains l’une contre l’autre. Elle reconnaissait un œil d’artiste beaucoup trop aisément. « Vous voulez boire quelque chose, peut-être ? Je vous ai vue assise à la terrasse, cependant vous n’avez rien commandé. Je ne dirais pas non à un petit cocktail ! ». Et elle se reprit. « Je vous invite, n’ayez crainte. ».

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MessageDim 14 Jan - 22:06


Je sens mes joues s'empourprer alors que je termine ma phrase et rapidement je me retrouve à baisser les yeux et me replier inconsciemment, comme à chaque fois que je me retrouve dans une situation embarrassante. Tout dans sa posture et dans son sourire m'indique que ma présence ne la dérange pas, que le fait que je l'ai interpellé ne pose aucunement un problème… Même en ayant conscience de tout ça, je ne peux m'empêcher de regretter mon geste. Je ne sais même pas quoi lui dire…. Je ne peux tout de même pas me présenter devant elle, 'excusez-moi nous ne nous connaissons pas, je suis couturière et je pense que vous pourriez m'apporter l'inspiration dont j'ai besoin, voulez-vous bien venir avec moi à ma boutique que nous regardions ça ensemble ?' Sa question me fait relever la tête, soutenant son regard saphir et son rire me fait frissonner. « Je… » Ma phrase ne trouve pas de fin, avant que je n'ai trouvé la force de répondre elle enchaîne sur autre chose « Peut-être… Oui, peut-être pouvant faire quelque chose… Mais… Ma… demande va probablement vous sembler… Déplacée… Ou étrange »

Finalement avant d'avoir eu une réponse à ma demande, avant même d'avoir pu la formuler je me retrouve de nouveau assise à la terrasse cependant, la situation à changée, je ne suis plus seule à fixer la foule, attendant un signe. Le signe en question ma rejoint, et nous nous retrouvons assises l'une en face de l'autre. Elle ne m'a pas quitté des yeux et visiblement attends que je lui pose ma question ou lui explique pourquoi je l'ai interpellé… Et je n'ai pas la moindre fichue idée de comment je vais bien pouvoir lui expliquer la situation. Un soupir, long, suivit d'une longue goulée avant que je ne plante mon regard dans le sien. « Tout d'abord… Excusez-moi de vous avoir interpellée de la sorte. C'était… Ce n'était… Ni polie ni acceptable, excusez-moi. » Maladroitement, timidement je lui souris, ne pouvant m'empêcher de me tordre les doigts sous l'effet du stress. « Ensuite… La moindre des choses serait de commencer par le début n'est-ce pas ? » Léger rire sous l'effet de la pression. Je ne me départie de mon sourire toutefois si celui-ci était uniquement l’œuvre de la politesse au début de la conversation au fur et à mesure que je parle je sens le poids sur mes épaules se faire de plus en plus léger et si je continue d'hésiter pour les mots que j'emploie tout cela se fait plus naturellement.

« Je m'appelle Hétélia… Enchantée de vous rencontrer et encore une fois… Je vous présente mes excuses » Nouvelle gorgée pour me préparer à lui expliquer la situation et je reprends la parole « Comme… Comme vous l'avez deviner, je suis une habitante d'Ahriman, une indépendante pour être plus précise. Je tiens une petite boutique de couture… » Nouveau rire nerveux alors que je détourne les yeux. J'aime ce que je fais, plus que tout au monde, et je reconnais que quand j'expose une pièce à quelqu'un je n'ai aucun problème à parler, à expliquer ce que je fais… Quand je présente une pièce, une tenue pour laquelle j'ai déjà une idée, un schéma, quelque chose de tangible à proposer. Pas une simple idée, dont je n'arrive pas moi-même à définir les contours et ce que je veux réellement. Je ferme les yeux, prends le temps de respirer. Cela me dérange de la faire attendre de la sorte une explication qui n'aura certainement pas plus de sens pour moi que pour elle… Peut importe j'avais mal commencé cette rencontre, autant continuer.

Quelques secondes, ou minutes, je l'ignore quand je suis dans mes pensées le temps semble prendre un malin plaisir à s’accélérer ou ralentir, après je rouvre les yeux « Changeons de point de vue » Phrase murmurée, à peine perceptible m'étant destinée plus qu'à elle. « J'ignore ce que vous faite dans la vie mais si vous côtoyer des… Des artistes » Je pince les lèvres, mon travail ne mérite aucunement d'être appelé une œuvre d'art néanmoins c'est le seul mot qui me vient pour parler de nous « Vous avez déjà du rencontrer ce symptôme. Nous… Ils veulent faire quelque chose, créer une pièce qui, ils le savent, sera l'une des meilleurs qu'ils auront fait. Tous les espoirs reposent sur cette pièce unique cependant, il y a un problème. Un problème de taille auquel nous avons tous été exposé une fois. » Les mots sortent seuls, flot rapide que je ne parviens pas à interrompre. J'ai arrêté de me tordre les doigts pour parler avec les mains, des gestes que je ne contrôle pas, je n'y fait en réalité même pas attention, mais qui viennent appuyer mes propos. « Ce problème, cet ennemi pour les gens comme nous, c'est l'inspiration. Il y a quelques temps, avant que je ne sorte de mon établi j'étais en pleine bataille pour parvenir à mettre la main dessus. Je n'y suis pas parvenue. » Sourire entendu sur les lèvres, tête légèrement penchée sur le côté mains croisée je la regarde. « C'est là que j'aimerais que vous entriez en scène. »
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MessageMer 14 Fév - 18:47


Son interlocutrice était, si elle venait à la décrire en un mot, adorable. Elle balbutiait avec difficulté, rougissait à la moindre remarque, comme si elle craignait qu’un courroux ne s’abatte sur elle si elle faisait une erreur. Posant son menton sur la paume de sa main droite, Ailyn tapotait de l’autre sur la table après que le serveur soit passé prendre leurs commandes. Comme à son habitude, la jeune femme préférait les cocktails fruités. Cependant, elle aimait adapter sa consommation au lieu où elle se trouvait : ainsi, elle prit un breuvage typique d’Ahriman, qu’elle serait sûre de ne trouver nulle part ailleurs. Nombreux furent les voyageurs qui croisèrent son chemin, et elle ne pouvait s’empêcher de les prendre en pitié : ils parcouraient le monde et paraissaient pourtant si ennuyés, à force de s’accrocher à des principes, à des coutumes qu’ils ne pouvaient pratiquer. Le soleil réchauffa doucement le dos de la jeune Ael qui en profita pour s’étirer. Ce climat commençait réellement à lui plaire, au final.

Elle croisa ensuite les bras tout en redressant son dos, plongeant son regard dans celui de la belle rousse qui se tortillait sur sa chaise, en plein malaise. Qu’avait-elle donc à demander, qui pouvait bien la mettre dans cet état ? Ailyn n’était pas un monstre, mais elle comprenait sa gêne. Après tout, elles ne se connaissaient point, et elle pourrait sourire pendant des heures, cela ne rendrait pas les choses plus faciles. Son cerveau s’arrêta quelques secondes sur son prénom, qui sonnait mélodieux à ses oreilles. Elle grimaça légèrement. Les noms des Aels se ressemblaient tous un peu, et elle ne sortait point de la masse. Elle se prit à réfléchir à quelle race pouvait bien appartenir la jeune femme qui se trouvait en face d’elle. Une humaine semblait le plus probable. En tout cas, elle cachait bien son jeu s’il s’agissait de quelque chose d’autre.

Elle lui tendit la main, sortant de ses pensées brusquement. « Ailyn ! Je m’appelle Ailyn. Désolée, j’aurais aussi dû commencer par ça, avant de vous inviter. J’ai tendance à agir et à réfléchir seulement après. ». Passant sa main dans sa chevelure immaculée, elle laissa un rire cristallin s’échapper de sa gorge. Alors que la rousse s’explique sur la raison de sa venue, les boissons arrivent enfin. Prenant délicatement son verre entre ses fins doigts, elle le sirota en balançant ses jambes dans le vide, telle une enfant impatiente de recevoir son cadeau. Elle fit attention de ne pas laisser son attention diverger de l’unique point sur lequel elle devait se concentrer : il était facile de se laisser emporter par les paysages, par la musique ambiante, et par cette boisson qui lui parût bien trop sucrée pour que ce soit raisonnable. Tête en l’air aurait été un euphémisme bien gentil pour la qualifier.

Quand la révélation arriva enfin, elle manqua de recracher le contenu de son verre, plaçant sa main devant sa bouche avant d’attraper sa serviette. Elle avala rapidement tout en essayant d’effacer sa surprise. « C’est… ». Un énorme sourire étira ses doux traits. « Ce serait un honneur ! ». Elle se releva rapidement, attrapant ses mains dans les siennes, tout à coup surexcitée par l’opportunité qui lui était donné. « Vous n’imaginez pas, c’est un compliment tellement.. tellement.. ». Ses yeux brillaient, étincelaient de milles feux. « Tellement fort ! Je n’en reviens pas ! ». Puis elle se rendit compte que les regards venaient de se poser sur elle. Une étrangère, qui tout à coup s’était mise à hurler de joie sans se préoccuper des alentours. Elle toussa dans sa main, se raclant la gorge, avant de se rassoir.

« Si vous êtes sûre de votre coup bien entendu. Je n’aimerais pas vous décevoir. ». Ailyn ne posait pas pour les autres, et en tant que modèle elle se trouvait déjà atroce. Et pour cause : elle ne tenait pas en place. Rester dans une position pendant plus de dix minutes lui causait des démangeaisons. Elle devait bouger, courir, sauter, s’épanouir dans ce monde qui lui ouvrait les bras. Pourtant, elle sentait qu’elle arriverait faire des efforts pour cette jeune fille. Pourquoi, ce n’était pas encore très clair. Mais elle aurait bien le temps de le découvrir plus tard. « Je comprends tout à fait votre sentiment. Il m’arrive souvent de devoir rencontrer de nouvelles personnes pour retrouver un élan d’inspiration, quelque chose pour étayer mes parchemins de notes différentes. ».

Ailyn s’affala à nouveau un peu plus sur la table, terminant sa boisson avec gourmandise. « Je ne sais pas si je pourrais vous satisfaire, mais je veux bien essayer. Quel genre de tenues aimez-vous composer ? Vous vous dites indépendante, dois-je comprendre que vous travaillez seule ? C’est très courageux. ». Elle secoua la tête. Elle posait trop de questions, alors que le malaise d’Hétélia devenait de plus en plus palpable. « Je suis navrée. Ma curiosité a tendance à l’emporter sur la raison. ». Mais elle se pencha un peu plus vers elle, posant son ultime interrogation, brûlant d’en connaître la réponse. « Alors, dites-moi, que représente cette pièce pour qu’elle vous torture ainsi l’esprit à ce point ? ».







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MessageVen 16 Fév - 22:12


Je m'attendais à ce que ma question, ma proposition, la surprenne néanmoins, sa réaction dépasse toutes mes attentes. Durant toute mon explication elle semblait concentrée, sur mes propos ou sur autre chose je ne saurais le dire, lire dans les pensées n'est pas un don que je maîtrise, tellement concentrée, impliqué que la voir soudainement s'étouffer avec son verre me tire un sourire amusée. Sourire qui laisse rapidement place à la gêne face à ses paroles. Un honneur ? Elle n'a jamais vu ce que je suis mesure de faire et… Je ne suis réellement pas convaincue qu'on puisse utiliser ce terme en parlant de mes pièces. Le reste de la discussion, de ses actions, ne fait qu'accroître plus encore mon malaise. Me prenant les mains elle continue de parler, de s’enthousiasmer face à mon offre. Face à son attitude et aux regards des badauds se faisant de plus en plus nombreux je sens mes joues s'empourprer. Je me replie légèrement sur moi-même, rentrant la tête dans mes épaules. Pendant un instant j'envisage de relever ma capuche avant de me reprendre. Il est trop tard de toute façon pour faire quoi que ce soit. Je lui ai fait ma proposition, qu'elle semble accepter avec un entrain que je n'imaginais pas, et tous les regards sont sur nous. À moins de me lever avant de partir en courant, je ne pourrais pas modifier les choses.

Un mot, l'un des termes qu'elle emploi me fait lever l'oreille, efface une partie de mon appréhension . Ses parchemins de notes. Je lui ai demandé si elle connaît des artistes, comme si cela était la chose la plus naturelle du monde, comme si c'était le cas de toutes personnes parcourant ces terres, sans même envisager un seul instant qu'elle puisse elle-même en être une. Mon intérêt pour cette étrangère haute en couleur explose avec cette révélation. Qui est-elle, que fait-elle, est-elle connue ? Si je me fie à ce qu'elle vient de me dire, c'est une musicienne… De quel instrument peut-elle bien jouer ? Peut-être en maîtrise-t-elle plusieurs ? Je me force à me calmer, à me concentrer sur elle. Sur ce qu'elle dit. Toutes ces questions n'ont pas leurs place ici, pour l'instant la conversation me concerne et concerne cette pièce que je souhaite créer. Je sens la pression devenir plus forte sur mes épaules à cette pensée. Je ne la connais pas mais elle me donne envie de me dépasser. « Enfaîte… Je ne sais pas précisément ce que je souhaite réaliser. Je veux juste… Déjà, je… Oui, je suis certaine de moi » Fait assez rare pour être mentionnée. « Si cela ne vous dérange pas, cela me ferait vraiment plaisir et m'aiderais grandement si vous pouviez m'aider. » Maintenant… Lui expliquer la raison de ma demande et ce que je souhaite créer… Je n'ai moi-même pas d'idée précise de pourquoi je tiens à faire tout ça.

« Concernant la pièce. Ce que je souhaite réaliser… Comme je vous ai dit plus tôt je suis indépendante, travaillant seule. Ma boutique n'est pas ouverte depuis longtemps et actuellement en dehors d'une commande importante je n'ai pas fait grand-chose. » Une seule demande ayant suffit à elle seule à me faire un petit nom et me permettre de passer un accord avec un marchand de tissu et non pas des moindres. « Comme il s'agissait d'une commande je n'ai bien évidemment pas pu garder la pièce si bien qu'actuellement je n'ai que des pièces… Moyenne, à exposer. J'aimerais que cela change. Créer quelque chose qui force les gens à se retourner dans la rues quand ils passeront devant chez moi. » Ma phrase se ponctue d'une moue boudeuse. Tout le soucis est la. J'ai des idées mais rien qui ne me convienne. « C'est… J'ai conscience que ma demande est insensé… Extravagante mais… Vous n'aurez pas forcément besoin de poser, juste… Parlons. » Cette proposition, cette demande est tellement… Improbable, que je ne peux m'empêcher de sourire. « Partageons… Vous… De ce que j'ai cru comprendre vous êtes dans la musique, peut-être pas uniquement... Vous pourrez me parler de vous, de ce que vous faites... Échangeons en somme. »

Je me lève la regarde un instant avant de reprendre. « Comme j'ai dit, j'ai conscience de l'aspect étrange de ma demande… Si.. Cela ne vous intéresse pas ne vous inquiétez pas je comprends parfaitement. Dans ce cas je ne vous retiendrez pas plus longtemps… Et… Vous pourrez retourner à vos occupations. » Tout en continuant de la fixer du regard je sens l'anxiété m'envahir. Je ne veux pas qu'elle parte. Malgré ce que je viens de lui dire je ne veux pas la voir partir. Je veux en apprendre plus sur elle, il se dégage d'elle quelque chose de… Captivant. « Si vous... Êtes intéressée… Ce… Ce que je... Ce que je souhaite sincèrement... Alors je vous invite à me suivre jusqu'à mon lieu de travail. »


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MessageMer 21 Fév - 18:35


Ailyn la fixait, son cœur fracassant les parois de sa cage thoracique. Elle adorait les artistes, plus que nulle autre. De plus, elle réalisait la chance qui se profilait devant ses yeux, la jeune femme n’étant arrivée à Ahriman que quelques jours auparavant. Quelle était la probabilité pour qu’elle se retrouve à ce moment précis à cette table en compagnie de cette couturière dont elle ignorait tout ? Son sourire s’élargit presque imperceptiblement. Le destin a bon dos, mais parfois l’Ael se prenait à croire au hasard, aux coïncidences. Même si elle restait persuadée que tout arrivait pour une bonne raison, même si cela ne tombe pas sous le sens.

Plaçant ses mains sur la table, elle se sentit d’attaque à remotiver la belle rousse qui se tortillait maladroitement sur son siège. Manifestement, personne ne lui témoignait la moindre attention en temps normal, et ne tarissait d’éloges sur son travail. C’était une erreur. Tout métier mérite rétribution, qu’elle soit financière ou morale. Et il semblait pour l’instant, à l’entendre dire, que ni l’un ni l’autre n’attendait Hétélia au bout du chemin. « Laissez-moi vous dire quelque chose. Votre avenir sera aussi grand que vous le voudrez, mais il ne dépendra que de vos actions. ». Puis elle se fit plus douce, à nouveau tendre, presque maternelle. « Vous savez ce que vous valez, autrement vous ne me diriez pas rechercher une manière de le montrer au monde. Cela suffit pour me convaincre de vous accompagner. ».

Terminant sa boisson lentement, ne désirant point presser le pas à sa compagne pour autant, elle se pencha en arrière sur son siège. « Ce que je fais ? C’est un peu… confus ? C’est le terme approprié. ». Bien sûr, elle disposait d’une activité principale, d’une passion qui animait chacun de ses membres du matin au soir, mais elle se demandait si c’était réellement la réponse que son interlocutrice attendait. « Disons que je travaille au bureau des artistes de Mystarcia. J’ai mes propres loisirs comme la pratique du violon ou l’organisation de certains spectacles… ». Et elle s’arrêta pour rire doucement. « Enfin, je ne vais pas vous cacher que je ne suis pas la responsable, et que je fais surtout ce que l’on me demande de faire. Il faut bien être au plus bas à un moment où à un autre pour gravir les échelons. On ne se retrouve pas sur le devant de la scène par hasard. ».

L’Ael se satisfaisait d’une vie simple, sans le côté sauvage de la jungle qui entourait la capitale, en dehors de tous ces aventuriers, ces mercenaires fous qui risquaient leurs vies pour quelques pièces de cuivre. Instantanément, Ailyn sentit la jeune fille se détendre. Ne plus parler d’elle la rendait plus calme, moins prompte à l’appréhension, au regard des autres. Elle ne pouvait pas la blâmer : les rustres vivent partout, et Sabliar n’échappait pas à la règle. La rousse aurait bien pu se retrouver en face d’un individu de mauvais augure qui, pire que refuser sa demande, se serait permis d’émettre un jugement quelconque sur son travail. Un soupir s’échappa de ses lèvres rosées, alors qu’elle en essuyait vaguement son breuvage. « Peut-être que je finirais par passer commande moi aussi. ». Elle rit à nouveau, la gratifiant d’un clin d’œil. « J’ai des contacts un peu partout, vous avez bien choisi votre victime. ».

Si elle estimait qu’elle méritait un petit coup de pouce, Ailyn n’hésiterait point à mettre la main à la pâte. Dans les spectacles, les comédiens, les danseurs, les musiciens, tous trouvent leur place et leur manière de se faire remarquer. Pourtant il aurait été sot de mettre de côté ceux qui étaient à l’origine de toute cette magie : les couturiers, les maquilleurs. La jeune femme peinait à imaginer le nombre d’heure de travail que pouvait représenter une simple robe, et quelque part était soulagée de ne pas exercer une telle activité. Elle n’aurait pas supporté qu’on lui demande de modifier quelque chose qui lui convient parfaitement pour des détails sordides. Perfectionniste jusqu’au bout, sans doute, mais avec une pointe de fierté mal placée également.

Elle se redressa pour payer leurs consommations avant de se placer à côté d’Hétélia. « Je suis prête à vous suivre. Même si je pense avoir fait le tour d’Ahriman, une habitante aura toujours plus à m’apprendre que je ne puis l’imaginer. ». Et en lui emboîtant le pas, l’Ael se mit à fredonner un air de musique entendu au coin de la rue qui ne cessait de se répéter en boucle dans son esprit depuis son arrivée. Mais manifestement, le paysage n'était pas la seule chose qui la faisait rêver.







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MessageJeu 15 Mar - 0:01

L'entendre répondre positivement à ma demande m'enlève un énorme poids des épaules. Il est drôle de constater à quel point à l'avis de cette inconnue compte pour moi. Cela importe peu. Elle est captivante. c'est tout ce que je sais, tout du moins c'est ce que je ressens et cela me suffit. Mon univers à toujours été bien rangé, j'ai toujours pris un soin particulier à ce que personne ne vienne le déranger, m'éloignant même des éléments pouvant contribuer à remettre tout ça en question. Et pourtant il aura suffit d'une belle Ael au cheveux blancs pour que toutes ces belles résolutions se retrouvent balayées en un instant. Par ailleurs j'ignore totalement pourquoi je réagis de la sorte. Est-ce temporaire, destiné à s'estomper au fil des minutes, des heures passées ensemble ? Est-ce destiné à durer, plus que le temps d'une pièce, durant l'intégralité de ma carrière ? Je cherche, je me questionne pourtant, je connais la réponse à au moins l'une des questions que je me pose. Nombreux sont les artistes a avoir quelqu'un qui leur sert à puiser leur inspiration, souvent cela survient dans une rencontre fortuite, au grès d'un voyage, au coin d'une rue. Dans certains cas il ne s'agit même pas d'une personne mais d'un animal, d'une autre œuvre d'art… C'est une muse. Peut-être suis-je un peu prétentieuse, peut-être que je m'avance un peu trop en la présentant de la sorte. Non. C'est ainsi, je le sens, je sens du plus profond de mon être que c'est ainsi et qu'il ne peut en être autrement.

C'est avec cette certitude que je me concentre de nouveau sur elle. Elle m'a parlé de son travail, ce qu'elle fait au quotidien. Sa position au sein du bureau des artistes me surprends. Bien que je me rende de temps à autre à Mystarcia je connais en réalité assez mal la ville, j'ai à peine quelques connaissances de bases sur son fonctionnement et son organisation. Et je n'ai jamais pris le temps de chercher à en apprendre plus. Quoi qu'il en soit je ne doutais pas un seul instant de son appartenance au bureau non, ce qui me surprends plus c'est la place qu'elle occupe. Nous venons de nous rencontrer et il est évident que je peux me tromper, il est même probable que ce soit le cas néanmoins je ne parviens pas à la considérer comme quelqu'un faite pour recevoir des ordres et s'exécuter gentiment. Et bien que je n'ai pas encore eu l'occasion de profiter de ses talents d'artiste mais ici aussi je n'ai aucun doute concernant le fait qu'elle ai les capacités d'être l'un des membres incontournable de Mystarcia.

« Enfin... » Je désigne la rue située de l'autre cotée de la place. « Si… Une visite de la ville vous intéresse… Nous aurons bien l'occasion à un moment ou à un autre de sortir prendre l'air... » Je n'en ai pas parlé tellement cela me semble évident toutefois maintenant que j'en prends conscience il serait peut-être de bon ton que je la prévienne du temps que la réalisation de mon projet pourrait prendre. Même si je ne compte pas faire plus que des croquis. « Oui je… Enfin… Vous devez savoir que réaliser une tenue peut prendre un certain temps… Je… Combien de temps avez-vous prévu de rester en ville ? Évidement je ne… Compte pas vous forcer à rester durant la totalité de la réalisation… Mais… Nous finirons de parler de ça quand nous serons à ma boutique. » Vais-je à un moment arrêter de bégayer à chacune de mes phrases. Quelle image a-t-elle de moi ? Pense-t-elle que je suis dans cet état à cause d'elle ? Dans un sens ce n'est pas une erreur, si je suis rarement à l'aise avec les gens je dois avouer être particulièrement mal à l'aise à ses côté. Et pourtant malgré cela alors que nous venons de nous rencontrer je ressens déjà le besoin, l'envie, de ne pas la quitter. Nous sommes différentes en de nombreux points cependant, je nous sens tellement proches sur les autres.

Mes pas guident mes pensées alors que je marche à ses côtés dans les rues de la ville, ne regardant que distraitement devant moi, m'assurant de ne pas percuter un passant et ne pas me tromper de chemin. D'ordinaire je laisse ces pensées de côtés, quand un client éveille ma curiosité je lui accorde l'attention qu'il mérite ni plus ni moins, juste ce qu'il faut pour réaliser ce qu'il me demande. Quand bien même je désirerais aller plus en profondeur dans ma recherche il n'est jamais arrivé que je me lie d'amitié avec l'un d'eux. Peut-être devrais-je essayer avec elle… Et puis… Je suis seule. Je me suis longtemps contenté de cette situation cependant, les années passent et je dois avouer que la présence d'une amie, d'une personne sur qui me reposer à mes côtés pourrait être appréciable… Je la regarde de nouveau, de haut en bas m'arrêtant sur son visage, son sourire. Peut-être… Pas de décision hâtive, attendons que la journée se passe et au terme de la journée, et probablement d'une ou deux autres si je parviens à trouver mon idée, à retrouver mon inspiration.

Quelques secondes après cette décision je m'arrête devant ma boutique, et accessoirement résidence. J'ouvre la porte avant de l'inviter à entrer « Nous sommes arrivés… Ne… Faites pas attentions aux vêtements exposés sur les mannequins, pour ceux qui ont des pièces exposées, je n'ai pas encore… Eu le temps de tout arranger. »


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MessageLun 2 Avr - 18:25


Ailyn scintillait de milles feux. Tandis que son corps fracassait les parois de sa poitrine rebondie, elle tapait régulièrement mais discrètement du pied sur le sol, soulevant d’épais nuages de poussière qui la trahissaient immédiatement. Et quand bien même elle aurait été avertie de son échec quant à sa tentative de furtivité, elle n’aurait su restreindre son excitation face à tant de nouveautés. L’Ael observait les réactions de son interlocutrice, un large sourire étirant ses traits fins et détendus. Elle en profita pour détacher sa chevelure qui descendit en cascade épousant ses formes jusqu’à la chute de ses reins, laissant échapper une fragrance relaxante s’apparentant à de la lavande.

La jeune femme aimait faire les choses à sa façon, aussi, les baignades dans les rivières ne ressemblaient à nulle autre. Plusieurs jours avant, elle prenait le temps d’aller cueillir quelques fleurs dans la jungle, puis les transformait en une concoction ayant parfois des conséquences surprenantes. Et quand elle se prit à renifler malgré elle Hétélia, qui se tenait maladroitement sur ses frêles jambes, la blanche recula d’un pas confus. Cette attirance la perturbait considérablement. Il fallait qu’elle passe à autre chose. Se focaliser dessus ne ferait qu’aggraver ses symptômes.

Ce furent les paroles de la princesse à la chevelure de flammes qui ramenèrent Ailyn à la réalité, bien loin du cocon imaginaire dans lequel elle se blottissait déjà. Suivant la direction qu’elle lui indiquait, elle ne put cependant réprimander l’envie de la réconforter. Chacun de ses mots était pesé avec une grande délicatesse, comme si elle craignait que la moindre phrase de travers ne lui fasse perdre le moindre espoir de travailler avec l’artiste. Elle pouvait s’effondrer en une fraction de seconde, mais se tenait droite comme un piquet, comme un vrai petit soldat attendant d’accomplir sa mission. Un soupir s’échappa de ses lèvres, léger, mais accompagné d’une grimace.

S’agissait-il de frustration face à son incapacité à mettre la demoiselle à l’aise en sa présence ? Il aurait été un euphémisme de constater que l’Ael arrivait à mettre en confiance n’importe qui. Il lui suffisait de claquer des doigts, d’afficher son plus beau sourire et de mettre son masque avant de monter sur scène. Tout paraissait si compliqué en dehors de Mystarcia. Ce voyage allait la mettre à rudes épreuves, elle qui pensait pourtant avoir pris du temps de repos bien mérité se retrouvait dans la panade.

« Ne vous inquiétez pas pour la durée de mon séjour. J’adore mon métier, c’est la raison pour laquelle je ne prends que très peu de vacances en dehors du bureau des artistes. Je dois reconnaître que l’on m’a fortement incité à prendre congé. Parfois, les célébrités les plus capricieuses ont besoin de changer d’entourage pour nous apprécier à nouveau. ». Une pensée pour Gaïa la traversa, et elle retint un petit rire mesquin.

Elle avait beau se comporter comme une diva, réclamer qu’on réponde à tous ses caprices et gesticuler pour qu’on l’écoute, Ailyn comprenait sa situation, là ou beaucoup ne se seraient point privées de l’injurier. Là se trouvait la principale qualité de l’Ael : sa loyauté. « Je resterais autant de temps qu’il le faut, et puis, si l’on me veut vraiment à Jungala, alors on viendra me chercher, ne vous en faites pas. ». Une chance que ses responsabilités s’allégeassent dernièrement. Une chance.

Le chemin vers la boutique fut rapide, silencieux. Presque robotique. La jeune femme sentait à présent une certaine assurance dans les pas de sa compagne. Elle marchait avec conviction dans les rues d’Ahriman, tournait en s’assurant que la demoiselle aux oreilles pointues ne la perdait point de vue, et fixait l’horizon avec un grand sérieux. Pour une fois, Ailyn se retint de meubler la conversation. Elle aussi, observait les alentours avec une grande attention, bien que celle-ci soit en grande partie accaparée par son interlocutrice. Il ne s’agissait point d’une visite guidée, pourtant elle savait que jamais un guide ne l’emmènerait dans des ruelles pareilles, et voir le quotidien des habitants l’intéressait bien plus que les monuments. Et quand elles furent enfin arrivées, elle ne put s’empêcher de regarder curieusement à travers la vitre pour se préparer à ce qui l’attendait derrière cette épaisse porte d’ébène.

Ailyn passa le pas de la porte lentement, s’essuyant les pieds sur le tapis prévu à cet effet afin de ne pas salir les lieux. Elle se décala ensuite sur la droite afin de laisser la propriétaire quérir son habitat et ranger ce qui la gênait tant. « Vous devriez voir l’état de mon foyer, et jamais plus vous ne vous sentiriez humiliée par l’exposition de vos récentes œuvres. ». L’Ael aimait le bazar. Mais elle possédait un bazar organisé, où elle parvenait à retrouver tout ce dont elle avait besoin relativement rapidement. A contrario, son bureau reluisait d’une propreté presque effrayante, comme si elle n’y travaillait jamais. Dans un sens, elle n’aurait pas pu réellement dire sans mentir qu’elle s’en servait.

« Mais je vous comprends. Je n’aime pas qu’on vienne mettre son nez dans mes compositions alors que je n’ai pas apporté la touche finale. ». Elle croisa les mains vers son bassin, et détendit les muscles de ses épaules. « Je n'émettrais aucun jugement sur quoi que ce soit. Je serais une bien piètre invitée. ». Puis elle laissa enfin son regard vagabonder librement dans la résidence.

Une petite boutique, modeste mais agréable. Elle ne s’attendait pas véritablement à un château ou à une immense bâtisse. Après tout, Hétélia vivait seule de son charmant commerce, et elle s’étonnait déjà de la voir posséder autant. Comme elle l’avait annoncé, elle prit soin de ne pas poser son regard sur les mannequins présents, afin de ne pas mettre de pression sur les épaules de la couturière. S’approchant d’un fauteuil non loin, qu’elle tâta rapidement, cherchant un acquiescement de la part de la jeune femme signifiant qu’elle avait l’autorisation de s’y installer, elle y reposa ses membres, faisant un geste de vent avec ses mains pour libérer un peu de chaleur.

« C’est très chaleureux. Ça vous ressemble. ». Ailyn pouvait sentir son acharnement, ses heures de travail, dans tout ce qui tenait dans cette pièce. Les aiguilles tombées entre les interstices du plancher, la poussière sans cesse secouée, les nombreux croquis qui se cachaient dans ses tiroirs. Elle les imaginait, pourtant ils paraissaient plus réels que si elle ne les avait vraiment eu sous les yeux. Puis elle brisa la glace, une nouvelle fois, un rire cristallin faisant vibrer ses cordes vocales. « Je suis à vous maintenant. Je tâcherais d’être un modèle exemplaire, mais n’hésitez pas à me gronder si je me comporte mal. Je suis chez vous après tout. ».






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MessageVen 20 Avr - 22:00

Il est toujours drôle de voir comment un geste simple, habituel, comment une situation que nous pouvons côtoyer tous les jours peut soudainement changer à cause d'un simple détail. Nous sommes l'exemple même de cette situation. Tous les jours, presque, des gens passent la porte de ma boutique pour me demander de créer quelque chose, de recoudre un accro… Et même si je ne peux pas dire être encore réellement à l'aise avec tout ça j'arrive à répondre à leurs questions et accéder à leurs demandes. Je passe à côté d'elle, la regardant s'essuyer les pieds distraitement, me rendant à mon comptoir sans m'en rendre compte. Enfaîte non. La situation n'est pas habituelle. Elle est venue ici à ma demande, premier changement, pour m'aider à créer une tenue, deuxième en temps normal je créée pour les gens, pas pour moi, et ensuite… Je ne sais pas. C'est… Elle. Il se dégage quelque chose de cette femme, dans chacun de ses mouvements, dans son rire qui me fait hésiter, prendre peur, reculer. Avant d'y retourner. Les mains posées sur le bois du comptoir je plonge mon regard dans celui de mon invitée. Est-elle capable de donner autant de force, de courage, à tout le monde ? Je hausse les épaules, dégageant le comptoir, tirant une chaise afin qu'elle puisse s'asseoir. Peut-être devrais-je investir dans un fauteuil un jour, pour les gens voulant rester le temps de leur retouche… ça voix me tire de ma réflexion, répondant à mes pensées. « Ah... Heu… Chaleureux… Vous trouvez ? Il reste encore du travail pour que… Je sois satisfaite de tout ça. Je ne suis pas arrivée depuis très longtemps même si… Je fournis le travail nécessaire pour avoir… De la reconnaissance ou un peu de renommée je ne me suis pas encore… Accaparée cet endroit »

Je dépose la chaise à proximité du comptoir, l'invitant à s'asseoir avant d'aller chercher la seconde dans l'arrière boutique. Quand je tombe face aux croquis dessinés plus tôt dans la matinée je reste quelques secondes immobile, réfléchissant à la manière de les adapter à mon modèles, cherchant les points à garder ceux dont je dois me séparer. Avant que je ne me rende compte je souris, un grand sourire franc. Les gens se contentent de demandes simples qui ne laissent pas de place à la créativité, à l'innovation. La demande de Lady Pereur était surprenante de part la nature des tissus à utiliser et je dois avouer lui être reconnaissante de m'avoir laisser libre de décider de l'apparence de sa robe. Dans tous les cas ici la situation sera différente, je vais coudre pour moi, pour mon plaisir… Mes yeux se posent sur la belle aux cheveux argentées… Vais-je réellement coudre pour moi ?

Étalant croquis, feuilles blanches et matériel sur la table je reprends la parole « Je… Vous n'allez pas avoir à… Craindre de remarque de ma part… J'ai rarement, pour ne pas dire jamais crée pour moi avec un modèle… » Toujours excitée par la situation je lui offre un grand sourire. « Cela sera une nouvelle expérience pour nous deux. » Me tapotant la lèvre avec une petite règle en bois je me met à faire les cent pas. Par ou commencer… « Que voyez-vous ? Une tenue de scène, quelque chose de plus formel pouvant aller à la vie de tous les jours ou alors une robe faite pour les réceptions… » Je me parle autant que je lui pose la question. L'alchimie commence à opérer, les idées fusent, il me faut maintenant saisir les bonnes et espérer en retirer une bonne combinaison à la sortie. « Vous avez dit tout à l'heure… Mystarcia… Une ville en forêt… Les couleurs de la ville sont plutôt froide il me semble non ? » Brusque retour à la réalité quand la mine casse alors que je prends mes notes. Sans même oser lever les yeux je détourne le regard de mon invitée

« Vous… Pardon. Vous parliez d'être un modèle exemplaire et de vous gronder si ce n'est pas le cas… Il semblerait que le problème ne viennent pas de vous au final... » Le rouge me monte aux joues en même temps que quelques larmes. Pourquoi suis-je dans cet état ? Je ne veux pas qu'elle parte certes mais… « On… Quelqu'un ma déjà dit de ne pas m'excuser d'être passionnée… Mais… Pardon, je ne vous laisse pas assez d'espace je… Un instant je vous prie... » Sans réellement attendre une réponse de sa part je me détourne, passant derrière le rideau de l'arrière boutique je prends quelques secondes pour me calmer, pour respirer, faire le tris dans mes pensées. Après une petite minute je retourne auprès d'elle, n'osant toujours pas la regarder dans les yeux. « Excusez moi… Vous allez servir de modèle mais votre avis compte autant que le mien… Que voulez-vous ? Si… Vous avez des envies précisent sur les couleurs, la forme je vous écoute… Et…. Et je ferais de mon mieux pour que la pièce finale soit… Le résultat de la fusion de vos envies, de vos idées… Et des miennes. »


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Une muse pour modèle [Ailyn - Rp Libre]
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