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 Le monstre, la guerrière et un gringalet [Quête Mayu & Kairos]

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MessageMer 10 Jan - 14:26

Après un bon repas dans un restaurant qui ne payait absolument pas de mine, Kairos avait proposé à sa camarade d'aller boire un verre dans une taverne.

Alors qu'ils savouraient une pinte de Ahrimax, l'alcool du désert, un homme avait fait irruption dans la petite taverne en implorant qu'on l'aide. Kairos s'était empressé d'aller lui prêter assistance, vu l'état de fatigue qu'il portait sur lui, et le fit s'installer à leur table. Après avoir repris ses esprits, il commença à raconter son histoire :

- Je viens d'un tribu qui cultive le lin le plus fin de tout le désert. Cependant, depuis quelques temps nous subissons des attaques répétées de monstres du désert. Jusque là nous avions tenu le coup, mais nous avons du fuir, lorsque nous avons découvert que c'était un Siless qui était en fait à l'origine des attaques.

La curiosité de Kairos était piquée au vif. Quel genre de monstre pouvait pousser tout un village à fuir toutes leurs possessions ? L'homme ne manqua pas de répondre à ses interrogations :

- C'est un Siless, dont les légendes parlent.

En effet, Kairos avait entendu parlé de ces bêtes de légendes, qui protégeaient leurs œufs comme la prunelle de leurs yeux. Les marchands qu'il avait rencontré avaient encore tous des flammes de haine qui brillaient à la simple évocation de ces créatures. Ces dernières avaient saccagé les habitants du désert et rendu presque impossible toute vie humaine sédentaire pendant des années devant la férocité de leurs attaques. Puis, de puissants mages s'étaient attelés à la tâche de les exterminer. Leurs efforts furent récompensés et bientôt tous le monde fêta la fin du règne des Siless. Mais comme bien souvent, les réjouissances sont de courtes durées et le monde oscille en permanence, tel un balancier, pour assurer l'équilibre.

Ainsi donc les Siless étaient revenus ! Kairos ne s'adressa même pas à son acolyte, un simple regard en sa direction lui fit comprendre qu'ils étaient sur la même longueur d'onde. Ils allaient tuer cette créature ! La jeune femme avait les yeux qui brillaient d'une lueur ardente, presque bestiale, elle qui d'ordinaire ne semblait jamais vraiment affectée, était dans un état improbable d'excitation. Kairos se demanda si elle en avait déjà affronté par le passé. Après tout, il ne savait rien de cette fille, mais pas de toute, ce n'était pas une novice comme lui.

Ils devaient se préparer pour cette épopée et nul doute que son acolyte était bien plus apte à lui donner des conseils avisés sur la procédure à suivre, que l'homme qu'ils avaient accueilli à leur table.


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MessageVen 12 Jan - 20:18

Penchée sur la chope d'Ahrimax, qu'elle trouvait bien trop amère à son goût, la blanche rêvassait. La journée avait été épuisante. Il avait fallu courir en tous sens sans prendre de repos et elle n'avait même pas effectuée la mission qu'elle s'était donnée ! Agacée, elle claqua de la langue, sur le point de déclarer qu'elle prenait congé, la jeune femme s'arrêta net quand un coursier entra, en sueur, à bout. Kaïros alla rapidement lui porter secours, l'aidant à se redresser pour aller s'asseoir à la seule chaise libre qui restait à leur table. Durant ce laps de temps, la demoiselle s'était empressé de lui chercher un verre d'eau et le lui apporta, le laissant reprendre son souffle. Tous les individus présents dans le bar étaient pendus à ses lèvres. Que pouvait il y avoir de si grave qu'on envoie quelqu'un en lui demandant de parvenir à destination quitte à frôler la mort ?!

Quand il se fut calmé, il leur raconta la raison de sa présence. À l'évocation de la Siless, Mayu se raidit sur son siège. Elle avait déjà entendu des histoires sur ces monstres et la férocité dont ils étaient capables lorsque leur couvée était découverte. La plupart des personnes présentes se désintéressèrent de l'affaire dès lors que le nom du monstre fut révélé. Le brun, lui, semblait bien décidé à se rendre sur place. Qu'il était naïf de penser qu'ils avaient une quelconque chance face à la bête. Il s'emballait trop vite et sans qu'elle ai donné le plus petit signe d'assentiment, elle comprit que le seul choix qui lui restait était de le suivre pour l'empêcher de faire une bêtise.

Le messager quitta la table pour aller se reposer dans une chambre, convaincu que d'après le regard de son interlocuteur, la situation était entre de bonnes mains. La blanche soupira de façon à capter l'attention de son acolyte et déclara sans détour :

- Vous avez conscience que nous ne sommes pas de taille ? Avez-vous seulement déjà tenu une arme ? Je ne parle même pas de la manier face à un tel adversaire !

La bienveillance qu'elle avait éprouvée plus tôt se muait en froideur. Elle ne pouvait décemment pas retourner voir le coursier et le décevoir en lui apprenant qu'ils refusaient finalement. Quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus sensé, l'aurait fait sans hésiter, car ce n'était que pure folie de penser qu'ils pouvaient réussir là où seuls des mages talentueux avaient su les arrêter. Dans l'immédiat la demoiselle était trop en colère pour ménager le brun. Elle siffla à son intention, oubliant ses bonnes manières :

- Tu n'as même pas idée de la bourde que tu viens de commettre. Mais, comme tu t'es engagé, nous allons devoir faire avec. Soit prêt demain, à la première heure, nous partirons avant que la chaleur ne soit insupportable.

Mayu quitta la table, hors d'elle. Et lorsqu'elle eu claqué la porte de sa chambre, elle s'effondra contre le battant, le cœur serré. Elle aurait dû refuser, invoquer n'importe quelle excuse compréhensible. Mais elle ne le pouvait pas. Et ce, pour l'unique raison qu'elle savait ce que ressentirait cet homme qui avait jeté vers eux un appel à l'aide. Ce désespoir qui fait abandonner toute raison. Cette peur tangible au moment de comprendre qu'on est impuissant face à la volonté de ceux qui régissent ces terres. Serrant sa main droite autour de l'amulette elle frappa le sol rageusement de son poing gauche.


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MessageSam 13 Jan - 15:57



Kairos c'était fait maudire par la jeune femme. Ce n'était pas la première fois. Il avait cependant le sentiment que c'était la première fois qu'elle lui en voulait pour de mauvaises raisons. Au fond, elle avait beau le blâmer, Kairos était persuadé qu'elle aurait pris la même décision au final. Bien qu'elle ne l'exprime pas véritablement, elle était profondément empathique et n'acceptait pas d'abandonner quelqu'un dans la détresse. Enfin bon, qu'importe, cela ne changeait rien au fait que Kairos ne pouvait pas changer qui il était vraiment, cet homme avait besoin de lui et il était parti de ses montagnes pour enfin se sentir utile. Or, c'était l'occasion.

Pourtant, la réaction de son amie, ne l'avait pas rassuré. Elle était visiblement très inquiète sur leurs chances de réussir. Et Kairos ne pouvait qu'admettre qu'il n'était pas un vétéran des combats, loin de là. Lorsqu'elle prit congé dans ses quartiers, Kairos avait encore envie de profiter de la soirée. Il s'installa à une table occupé par 2 amis, qui discutaient ensemble de projets sur la comète. Il bavarda, et finit par s'endormir avec eux au clair de lune sur les toits de la ville.

Le lendemain, il fut attristé de devoir laisser ses compagnons d'une nuit mais il ne voulait pas les réveiller, ils dormaient paisiblement. Il s'envola donc butiner dans un ailleurs. Son amie ne lui avait rien dit sur la démarche à suivre pour se préparer à une telle quête mais il aperçut bientôt la boutique de l'homme donc Mayu lui avait parlé quand il tentait encore d'échapper à la fouille. Il s'y engouffra donc.

La boutique était une boutique qui contenait de drôles d'objets en tout genre pour la plupart beaucoup plus vieux que Kairos. Elle était tenu par un petit homme barbu, qui souriait toujours et qui semblait avoir vécu plusieurs vies.

Le jeune homme osa :

- Bonjour, je m'appelle Kairos. Une amie, Mayu, m'a parlé de votre boutique. Je vois que vous collectionnez toutes sortes d'objets et je me demandais si vous n'auriez pas un conseil à nous donner, alors que nous nous apprêtons à partir chasser un Siless.

Le vieux homme fut intrigué :

- Un Siless vous dites ? Cela fait bien longtemps que je n'avais plus entendu ce nom ! Cela ne me surprends pas de Mayu, elle a toujours le chic pour se retrouver dans des histoires sans queue ni tête et surtout très périlleuses.

Cette remarque fit sourire Kairos intérieurement, il ne l'a connaissait pas depuis longtemps, mais il ne pouvait que confirmer ces paroles. Mais l'homme continua :

- Il n'existe qu'un moyen de tuer un Siless, c'est d'utiliser la magie, et une magie très puissante. J'ai justement une commande d'un magicien qui m'a demandé de lui trouver un du venin de SCARABANG. Apportez lui la fiole pour moi, vous verrez bien ce qu'il aura à vous dire.

L'expression sur le visage du vieillard fit clairement comprendre à Kairos que la discussion était maintenant terminé. Il prit donc la petite fiole à l'aspect rougeoyant et sortit de la boutique. Il avait maintenant une piste, preuve qu'il n'était pas toujours si inutile.
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MessageLun 15 Jan - 15:33

Elle n'avait finalement pas fermé l'œil de la nuit. Concentrée, la blanche avait pris le temps de s’étirer comme elle le faisait autrefois. Enfilant ses sous-vêtements à la va-vite et faisant passer une robe légère par-dessus sa tête, la demoiselle acheva de se préparer en nouant ses cheveux en un chignon imparfait d'où s'échappaient de nombreuses mèches. Elle attendit que les premières lueurs de l'aurore déteignent sur la voûte azurée pour quitter la pièce, rendre la clef et demander un casse-croûte à emporter pour elle et le brun. Puis, elle se dirigea vers la boutique d'Edmund où elle espérait récupérer un objet précieux.

Se voulant discrète, Mayu fit le tour de la bâtisse pour entrer par la porte arrière, traverser la réserve, et frapper deux fois des coups au rythmes particuliers au mur donnant sur l'avant de la boutique. Après quelques secondes,, le bruit de la porte de devant qui se referme retentit et un petit homme trapu fit son irruption et sursauta en la voyant :

- Ça alors ! Cela faisait bien longtemps, ma petite Mayu !

La jeune femme se baissa pour prendre le vieillard dans ses bras. Et alors qu'elle se redressait, l'expression de son ami devint plus sévère, elle n'eut aucun à l'imaginer agiter une baguette en incantant une formule incompréhensible tant il ressemblait à ces vieux sorciers de livres pour enfants.

- Je viens de croiser un garçon, à l'instant, et ce qu'il m'a dit est loin de me rassurer. Il parait que tu t'en vas combattre une Siless ?

Mayu soupira, alors Kaïros était venu avant elle. Dans quel but était il donc venu ici ? Et comment avait il trouvé l'adresse ? Elle ne se souvenait pas avoir donné le moindre indice sinon une vague direction. Ce n'était pas le moment de se perdre en réflexions. Désireuse de passer rapidement sur le sujet, elle lui expliqua, minimisant la dangerosité de cette affaire :

- Ce gamin allait s'y rendre seul. Si je refusais de l'accompagner et de l'empêcher de se tuer dans cette folle entreprise, je ne vaudrais pas mieux qu'un assassin.

Edmund hocha la tête en soupirant :

- Je vois. Je te reconnais bien là. Je suppose que tu es venue la chercher alors ?

La demoiselle assentit d'un mouvement de tête, frissonnant à l'idée de la revoir. Le vieil homme fouilla dans une malle, soulevant plusieurs couches de tissus, et enfin, elle apparue. À défaut d'une armure, l'homme qui l'avait chéri lui avait offert une tenue de combat d'une qualité et d'une beauté insaisissable. Hors du temps, la blanche sentit une larme glisser le long de sa joue. Elle ne pouvait compter le nombre de fois où elle avait porté cette combinaison avec fierté. Aujourd'hui, elle retournait combattre après des années de voyages paisibles, et elle n'aurait pu envisager de le faire sans cette fidèle compagne. Se dénudant sans se soucier de la présence du marchand, la demoiselle fit glisser le mélange de tissus et de cuir sur sa peau nue.

Le sentiment de renaissance qui l'envahit fut grisant. Elle passa ses doigts sur les accrocs et les trous, les coutures étirées et les fils rebelles. Tout était comme dans son souvenir. Mayu embrassa l'homme qui en avait pris soin pour elle toutes ces années et le remercia avant de le questionner, revenant à la réalité :

- Au fait, qu'est ce qu'il voulait ?

Edmund retourna dans sa petite boutique pendant que la blanche s'enveloppait dans sa cape de voyage. Elle l'entendit répondre depuis son comptoir :

- Il est parti depuis dix bonnes minutes maintenant si tu le cherches. Il voulait quelque chose qui puisse l'aider, alors je l'ai envoyé livrer sa commande à February.


La blanche grimaça :

- Cette perverse ? Il n'a aucune chance d'en ressortir !

Le petit homme grisonnant éclata d'un rire rocailleux avant de répliquer :

- C'est la seule mage assez folle pour accepter de vous aider. Mais tu sais comme moi que ce qu'elle demandera en échange vous coûtera bien plus que des pièces d'or à tous deux.

Mayu grimaça. Il avait raison. Aucun mage sain d'esprit n'irait se frotter à un Siless, peu importe la rémunération promise. Mais February... C'était différent. Cette Animatronus araignée, connue pour sa magie du sang qui avait terrifié sur les champs de bataille avant qu'elle ne prenne sa retraite était complètement détraquée. Rien ne tournait rond chez elle. La jeune femme prit Edmund dans ses bras une dernière fois et quitta la boutique en courant. Elle devait le rattraper et le mettre en garde.

Descendant la rue le plus rapidement possible, il lui fallut encore accélérer, recevant la plainte de ceux qu'elle bousculait pour ne pas perdre de temps. Une chance pour elle, il n'y avait que deux directions possibles et elle ne voyait pas ce que le brun irait faire dans le centre à ce moment précis. Lorsqu'enfin elle le repéra, elle fut soulagée de constater qu'ils étaient bien trop loin de la tanière de cette créature pour que celle-ci n'est pu être alertée par son instinct qu'une proie avançait vers sa toile. Posant une main sur son épaule, légèrement essoufflée, elle l'interpella :

- Tu es sûre que tu veux demander de l'aide à cette sorcière ?

Posant ses mains sur ses hanches, la blanche souffla et reprit avec plus de sérieux :

- J'imagine que tu ne connais pas les racontars qui entourent cette créature malfaisante. On dit qu'elle n'accepte que les cas désespérés, pour être sûre que ce qu'elle demande en échange de services rendu soit obtenu. Et crois moi, ce n'est pas le contenu de ta bourse qu'elle visera. Pas avec ce que nous nous apprêtons à lui demander. Tu es prêt à te sacrifier pour ceux à qui nous portons secours ?


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MessageMar 16 Jan - 13:29

 Kairos se rendrait tranquillement jusqu'à chez la magicienne dont le vieillard lui avait parlé lorsqu'il sentit une main se posait sur son épaule. Il sursauta et n'eut même pas à se retourner pour savoir qui venait de le rattraper lorsqu'il entendit la voix de sa comparse. Heureusement pour lui la fiole ne s'était pas ouverte et répandue sur le sol du fait de son léger sursaut.  

Son amie était visiblement inquiète à l'idée de se rendre chez cette magicienne. Cette dernière était somme toute parfaite pour eux, si ce n'est qu'elle exigeait visiblement le paiement d'un juste prix. Kairos était soulagé de savoir qu'elle n'était pas animée par l'argent, il n'en aurait visiblement pas eu assez de toute façon.

Et, même si les avertissements de la jeune femme étaient loin d'être rassurants, il n'hésita pas :

- J'ai donné ma parole à cet homme de lui venir en aide. Je sais ce que c'est de ne plus rien avoir dans sa vie et de tout perdre. Lui a une chance de retrouver la vie qu'il menait avant que tout cela ne dégénère. Et puis, aller la voir ne nous engage à rien après tout !

Il reprit donc son chemin déterminé à apporter la fiole à la si terrifiante magicienne. Celle-ci l'attendait dans un véritable palace. Tout n'était que dorures scintillantes. L'air était chargé d'un parfum à la fois sauvage mais aussi envoutant qui vous montez à la tête et vous rapprochez de vos instincts les plus primitifs. Cette magicienne aimait la luxure à n'en pas douter. Lorsqu'il pénétra dans son antre, la magicienne lui dit :

- Ainsi donc c'est toi que ce vieux grincheux a dégoté pour m'amener la fiole que j'attends depuis bien trop longtemps déjà. Il n'a décidément pas beaucoup de courage, puisqu'il n'ose jamais venir dans ma demeure. N'est-elle pas pourtant SOMP-TU-EU-SE ?

La magicienne eut à peine le temps de finir sa phrase qu'elle partit en un ricanement légèrement effrayant. Mais le jeune homme ne fut guère impressionné, il avait rencontré des gens étranges et elle n'était pas plus étrange qu'un autre. De plus, le magnétisme qu'elle exerçait d'habitude sur les hommes ne fonctionnait absolument pas sur Kairos qui restait de marbre face à cette créature aux courbes parfaites. Celle-ci semblait d'ailleurs interloquée de ne pas produire un quelconque effet à ce homme rempli de fougue.

Kairos s'approcha et tendit la fiole à la magicienne qui l'a pris d'un mouvement si rapide que Kairos n'eut même pas l'impression de la voir bouger. Puis elle transporta la fiole jusqu'à une armoire grâce à un fil si fin qu'on ne parvenait à le distinguer que difficilement. Décidément cette magicienne était très intrigante, combien de mystères cachait-elle ?

La magicienne reprit :

- Je doute que tu sois venir me voir dans l'unique objectif de m'apporter cette fiole. Alors maintenant parle !

Son ton était très clair, elle voulait savoir, et Kairos n'était pas du genre à tourner autour du pot :

- Un homme est venu nous demander secours pour tuer un Siless qui a ravagé son village. J'ai promis de lui venir en aide, mais je n'ai hélas pas de magie assez puissante pour le vaincre. Pourriez-vous m'aider dans cette quête ?

Les yeux de la magicienne brillaient d'un éclat terrifiant. Quiconque aurait-été effrayé à l'évocation de cette créature, mais elle était terriblement excitée. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas amusée ! Mais, tout service mérite un prix, et qu'est ce que ce jeune homme était prêt à sacrifier ?

- Tu dois sans doute savoir que j'exige toujours un prix lorsque je rends un service à un mortel. Mais tu n'es pas le seul à devoir payer un prix, approches, toi qui reste en retrait.
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MessageMar 16 Jan - 18:44

La blanche soupira, ce qu'il pouvait être têtu ! Bien sûr, elle comprenait tout à fait la raison qui le poussait à camper sur ses positions, mais... il n'avait jamais combattu ! Elle était même certaine qu'il n'avait jamais fait usage de ses poings, il semblait même trop tempéré pour élever la voix ! Comment un jeune homme comme lui pouvait bien tenir cinq minutes face à un monstre de dix fois sa taille ? Doté d'une force brute au moins mille fois supérieure à la sienne ? Sans parler de sa résistance hors norme ?! Serrant les dents, Mayu reprit son calme et hocha la tête :

- Soit, j'espère que cet altruisme ne te coûtera pas la vie.


Enfonçant sa tête dans sa capuche, la demoiselle resserra les pans de sa cape afin qu'on ne distingue rien de plus que l'ombre de son visage. Elle laissa Kaïros passer devant et le suivit, trois pas derrière lui. De l’extérieur, la demeure de cette harpie ne ressemblait qu'à une maison de classe moyenne lambda. Mais dès qu'ils passèrent la porte, ce fut comme s'ils avaient changé de monde. Cet endroit était comme une parcelle de pierre brut, commune à l’extérieur, mais d'une beauté mystérieuse à l’intérieur. Tout était d'or et de satin rouge, quant à l'odeur, un parfum capiteux, sans doute de l'encens, qui montait à la tête. Encore un lieu étouffant.

Lorsqu'elle l'aperçut, Mayu comprit pourquoi elle était tant crainte. Elle avait l'allure d'une gravure, magnifique, parfaite. Mais il y avait dans son regard quelque chose de détraqué, comme provenant des abîmes insondables de la folies dans laquelle elle vivait. Son ton ne faisait que renforcer le malaise qu'éprouvait la blanche, et son rire lui fila un frisson désagréable. Restant en retrait, la jeune femme laissa le brun tenir le premier rôle, observant la scène. C'était le deuxième personnage étrange qu'ils rencontraient en à peine deux jours. À croire qu'une série de catastrophes était entrain de s'abattre et qu'elle n'avait aucun moyen de l'esquiver.

Lorsque la femme décida de se mouvoir, la blanche entrevit enfin sa part animale depuis l'angle où elle se trouvait. Huit monstrueux appendices fendaient son dos, filiformes, couverts d'une carapace chitineuse aux extrémités tranchantes, peut être même venimeuses, d'un noir d'encre. Un monstre, voilà ce qu'elle lui évoquait. Lorsque la chose l'interpella, la demoiselle fixa son regard dans le sien sans détourner les yeux. La blanche ne la craignait pas, elle n'avait aucune raison d'en avoir peur. Aussi maléfique soit elle, la demoiselle était hors de sa portée.

- Quelle est la rétribution que vous souhaitez ? Qu'est-ce qui nous garantit que vous nous aiderez bel et bien plutôt que nous planter un couteau dans le dos au pire moment ?

La bête éclata d'un rire malsain, cachant son sourire carnassier derrière sa main :

- Je vois que je n'ai pas à faire à un petit chiot égaré !


Un chiot ? C'était une plaisanterie ? Mayu durcit son regard et son expression devint glaciale, rivalisant avec la folie qui alimentait celle de la femme qui reprit alors :

- Allons, ne le prends pas ainsi, âme égarée sans lien ni attache, tu pourrais apprendre beaucoup à mon contact ! La vie est tellement triste lorsqu'on est seule !

La jeune femme serra les poings, plantant ses ongles dans ses paumes jusqu'au sang, et répliqua d'un ton cinglant :

- Ne vous méprenez pas, personne ne voudrait s'attacher à un cœur de pierre tel que le vôtre. Votre prix ? Nous sommes pressés.

La sorcière hocha les épaules et cracha avec indifférence :

- Tu m'as l'air bien trop ennuyeuse de toute façon. Votre sang, voilà ce que je veux en échange de mon aide. Je n’accepterais rien d'autre, et avant tout combat, vous vous lierez à moi par un pacte de sorte que si je sois touchée vous souffriez autant que moi. Comprenez bien, en affaire, on est jamais trop prudent, je ne fais que prendre quelques précautions afin de ne pas mourrir avant d'avoir reçu mon dû.

Leur sang ? Mayu se crispa. La magie de February reposait sur le fluide vital, le sien, comme celui de ses pactisant ou de ses victimes. Mais soit, ils n'avaient pas vraiment le choix. Il serait toujours temps de le récupérer plus tard pour éviter tout incidents. Desserrant les poings, la jeune femme répondit sans consulter Kaïros :

- Très bien. Nous partons dans vingt minutes, j'imagine que cela vous suffira à préparer vos bagages.


L'Animatronus parti d'un nouvel éclat de rire en lui répondant malicieusement :

- Ravie que nous ayons fait affaire ! Je n'ai besoin de rien, partons dès à présent !


Elle se leva de son siège, ses longues pattes s'agitèrent, comme si elle trépignait d'impatience. De son point de vue, cette mage était aussi inconsciente que le brun. Sa longue robe rouge glissait sur le sol dans un chuintement désagréable. Comment comptait-elle combattre accoutrée de la sorte ? Se tournant vers Kaïros, la blanche souffla à voix basse, masquant la crainte derrière un semblant d'assurance :

- J'espère que cela en vaut la peine. Cette sorcière ne me dit rien qui vaille.


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MessageMar 16 Jan - 23:51

La discussion entre la magicienne et son acolyte était d'un tout autre genre. Elles étaient toutes les deux bien plus sérieuses. Leurs regards ne laissaient aucune place au hasard, leurs postures étaient chacune soigneusement étudiées, leurs souffles équilibrés et leurs pouls réguliers. Kairos eut un frisson dans le dos. Lui n'était pas du tout du genre à prévoir quoique ce soit. Certes il analysait constamment son environnement. Mais il n'en déduisait pas une quelconque solution. Il agissait par instinct.

Malgré la tension de la discussion, cette dernière finit par aboutir. La magicienne voulait leurs sangs. Cela n'était pas pour ravir Kairos qui savait à quel point le sang était intimement lié à la personne qui en bénéficier et il ne voulait pas que la magicienne puisse avoir un tel lien entre ses mains. Mais il avait un village à sauver et il était prêt à y mettre le prix. De toute façon Mayu ne lui laissait même pas le temps de réfléchir à la question et accepta pour tous les deux. Cela hérissa quelque peu Kairos qui aimait son libre arbitre et détestait qu'on fasse des choix pour lui.

La troupe, hétérogène, était fin prête à partir !

Le trajet dans le désert se fit sans réel souci. A ceci près que la magicienne n'appréciait guère marcher et s'était donc débrouillée pour obtenir une monture tandis que les deux autres acolytes devaient se débrouiller avec leurs jambes.

La magicienne cumulait tout ce que Kairos détestait dans ce monde. D'une part, cela était certain, elle aimait la luxure. D'autre part, elle méprisait toutes les personnes qui n'étaient pas elle. Il ne comprenait pas quel pouvait être alors le but de sa vie ? Qu'est ce qui motivait cette femme à se lever le matin ? Dormait-elle au moins ?


Au fond, cela lui importait peu, il détestait cette femme mais avait besoin d'elle pour sauver ces gens. Sitôt la quête terminée, il partirait le plus loin possible de cette femme et espérait ne plus jamais avoir affaire à elle.

Il se demandait à quoi son acolyte pouvait bien penser !
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MessageMer 17 Jan - 11:59

Ils partirent rapidement, quittant la ville juste après avoir fait escale chez un loueur de montures afin que February s'en procure une. Cela n'étonna pas la demoiselle qui préféra se taire et marcher à grands pas rapides sans réellement se préoccuper de ceux qui la suivaient. Le vendeur de monture les avait renseignés sur la direction à suivre, ainsi que sur certains points de repère qu'ils ne pouvaient pas louper et qui leur permettrait de savoir qu'ils suivaient la bonne piste. Il y avait bien une journée complète de marche jusqu'au Loch Ness et ils firent escale dans deux oasis où des caravanes marchandes acceptèrent de leur fournir de l'eau potable tant qu'ils ne restaient pas et ne venaient pas leur piquer leurs ressources. Ces petits campements n'étaient pas très ouverts et Mayu ne voulut pas s'y attarder, peu enclin à subir une attaque surprise visant à les dépouiller s'ils décidaient de fermer l'œil quelques secondes.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin sur le lieu-dit, seul le silence et les maisons désertes les accueillirent. Tous avaient fui, dès que le Siless avait été identifié, ou après, quand ils avaient compris que la femelle ne tarderait pas à s'attaquer à tous ceux qui resteraient quand les œufs auraient éclos. Il leur fallait de l'espace pour grandir, et dans le premier temps, ils resteraient près de l'endroit où ils avaient vu le jour. Mayu possédait peu d'informations sur ces créatures, à peine quelques lignes sur leur rareté et leur période de reproduction, car c'était la seule chose qui avait jamais intéressé les scientifiques. Son passé de rat de bibliothèque était souvent utile quand il s'agissait de comprendre et d'analyser une situation. Mayu soupira et sortit les sandwichs de sa besace. Elle en tendit un au brun et s'assit sur un banc en déclarant :

- Faisons une pause, histoire de récupérer, tant que nous restons éloigné des champs nous devrions être tranquille, puisque c'est là qu'attaque la Siless d'après ce que nous savons. Cette nuit nous établirons un tour de garde à nous deux, pour que cette sorcière n'ai aucune fenêtre d'action. Demain nous réfléchiront à la façon d'agir.

La demoiselle suait sous sa cape, mais elle craignait trop que la sorcière reconnaisse cette tenue. Il y avait une chance, aussi infime soit elle, qu'elles se soient croisées sur les champs de bataille, et tant que le pacte n'était pas effectif, la blanche ne pouvait prendre le risque de tout faire capoter. Lorsqu'ils eurent mangé, Mayu proposa, excluant volontairement February :

- Nous devrions faire le tour des lieux, évaluer les distances, les endroits où la Siless à frappé, afin de déterminer où se trouvent les oeufs. Une fois que ce sera fait, nous pourrons nous placer le plus loin possible de ce périmètre et espérer passer une nuit paisible. Qu'est-ce que tu en penses ?


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MessageMer 17 Jan - 19:50

Lorsqu'ils finirent pas arriver sur les lieux, Kairos fut quelque peu soulagé. Il avait imaginé un village en ruine et en feu. Or tel n'était pas le cas. Les habitations étaient totalement épargnées, et ce n'était qu'à travers les champs qu'on pouvait esquissé qu'une attaque avait eu lieu sur ces terres.

La magicienne était descendue de son carrosse, mais ne semblait pas disposée à les aider de quelque manière que ce soit. De toute manière Mayu ne voulait semble t-il pas qu'elle participe à leurs activités. Kairos accepta donc de l'accompagner dans sa mission de reconnaissance.

Il n'était pas vraiment utile dans cette tâche. Certes, il était assez observateur, mais il n'était pas non plus un traqueur. Et, à dire vrai, s'il avait vu un élément essentiel devant ses yeux, il ne l'aurait sans doute même pas compris. Tout cela était pour lui quelque peu futile. M'enfin, il tentait de faire son travail du mieux qu'il pouvait.

Puis, il se rendit compte que son travail était inutile, alors il se mit à contempler les champs de lin. Les champs étaient resplendissants. En effet la tige longue du lin finisait sur un blanc très doux. Mais ce qui rendait le spectacle merveilleux c'était surtout le soleil qui était arrivé à l'horizontal parfait du champ et qui donnait au lin des reflets orangés et dorés absolument somptueux. Kairos se dit à lui même que la vraie luxure était plus dans ce genre de spectacle que dans la tanière de la magicienne, mais qu'importe.

Alors que le soleil s’apprêtait à partir sous les flots du lac du Loch Ness, Kairos entendit un bruit étrange transperçait le silence de l'endroit. Il fit un quart de tour et aperçut une equilope se faire dévorer par un ver des sables visiblement affamé. Horrifié par la scène, Kairos fit un effort surhumain pour ne pas crier d'effroi. Il se réfugia dans le champ de lin et attendît pendant un laps de temps qui ne saurait évaluer.

Qu'est ce qui lui avait pris d'accepter un tel combat ? Il n'était pas préparé à ce genre de monstre...

Il espérait du fond du cœur que son acolyte s'était elle aussi abritée avant que le ver ne l'ai repérée.
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MessageJeu 18 Jan - 10:50

Le duo s'éloigna vers le lac en laissant derrière lui les maisons de terre silencieuses. February n'avait pas insisté pour les accompagner. Elle était descendue de son véhicule directement dans un des foyer après leur avoir fait un signe de la main exprimant qu'elle ne bougerait pas. Elle n'avait pas encore obtenu ce qu'elle voulait, il était donc exclu qu'elle disparaisse d'après la blanche. C'est avec cette idée en tête qu'elle laissa son regard caresser l'horizon. Le soleil qui déclinait donnait aux champs l'allure d'une mer calme aux reflets dorés. Tout était calme, trop calme. Kaïros avait l'air ailleurs et la demoiselle décida de le laisser à ses pensées. Peut-être réalisait-il enfin, en constatant la présence des cratères sans fonds, que cette mission était irréalisable.

Alors qu'elle s'éloignait en suivant les marques dans la terre, les enfoncements et soulèvements de roche et de sable en tous sens, le sol se mit violemment à trembler. La jeune femme se jeta de côté lorsque le sol se fendit à quelques mètres de là où elle se trouvait plus tôt. Le souffle coupé, elle se laissa rouler, tentant de repérer le brun. Celui-ci demeurait hors de sa vue, mais l'équilope dans la gueule du Siless lui laissait quelques minutes de liberté qu'elle ne comptait pas négliger. Le temps que le vers redescende dans son tunnel et que son casse-croute passe dans son estomac, une fenêtre de cinq ou six minutes lui permettrait d'explorer le centre du périmètre où toutes les attaques avaient eut lieu. Toutefois, courir permettrait au Siless de repérer sa présence, elle se déplaça donc en souplesse, en grands pas rapides qu'elle espérait suffisamment délicats pour être invisibles.

En contournant le lac, elle arriva aux abords d'une excroissance rocheuse entourée de sable et de gravillons prouvant les nombreux passages. C'était là, nul doute ! Mayu se pressa, il restait peu de temps avant que le Siless soit prêt pour un nouvel assaut, elle devait vérifier à tout prix. Posant sa main contre la paroi rugueuse, elle se laissa guider par son touché, descendant dans l'obscurité. La grotte n'était pas profonde, elle arriva rapidement dans une salle plus large où l'attendaient quatre gros œufs à la coquille grise tachetée de blanc. À présent qu'elle était sûre de leur localisation, il était temps de retourner hors de portée le plus vite possible.

La terre se remit à trembler et une boule se forma dans la gorge de la jeune femme. Si le Siless fonçait par l'entrée de la grotte, elle serait coincée... D'un bond, elle se colla à la paroi et remonta la pente le plus vite possible. Le sable sous ses pieds la faisait déraper et la blanche faillit perdre l'équilibre deux fois. La créature devait être juste sous ses pieds. Dans un dernier effort, elle regagna la lumière rougeoyante du crépuscule, mais continua de courir jusqu'à atteindre les premières maisons. Là, seulement, Mayu se laissa tomber à genoux, les mains entourant sa cage thoracique qui se soulevait avec irrégularité. Lorsqu'elle eu récupéré son souffle, elle se leva et hurla le plus fort possible afin de localiser le brun, inquiète, les cheveux en vrac et la cape maculée de sable :

- Kaïros ?!


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Le monstre, la guerrière et un gringalet [Quête Mayu & Kairos]
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