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 Un régiment de fromage blanc s'en va en guerre

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MessageLun 15 Jan - 23:44

L'herbe haute, l'air frais, les beuglements des Muffalooses et leurs mastications languissantes. Mon esprit s'apaisa, le retour dans les champs était une véritable libération pour moi.

Maëlle m'accueillit d'une grande tape dans le dos :
- Toujours aussi douce ma sœur ! riais-je. Nous nous crêpions affectueusement le chignon avant que je ne retrouve mon père dans la cave de maturation des fromages. Il remplaçait ma mère le temps de sa convalescence.
- Mon fils ! me salua-t-il d'une main sur l'épaule.

- Comment vas-tu père ? Les ventes fonctionnent bien ?

- Oh oui ne t'inquiète donc pas pour cela, file voir ta mère, je suppose que tu es là pour ça.

Je hochais de la tête avant de retrouver notre maison, et le lit conjugal. Ma mère y était allongé. Je rejoignis son chevet, son souffle était apaisé. Je posais ma main sur son front. Une légère douleur naquit dans mon dos, celle de ma mère. Je m'efforçais de l'atténuer avant de repartir. Mais une douce force retint mon bras. Mon regard trouva celui de ma mère. Elle me prit dans ses bras tendrement, j'enfouis ma tête dans son cou, tel un enfant retrouvant le contact maternel si rassurant. Me prenant le visage entre ses mains elle m'observa :
- Tu as maigri Will, tout va bien ? Je lui répondis d'un sourire qui se voulait rassurant. La dernière mission m'avait secoué, et son état m'inquiétais. Ma hiérarchie avait accepté une longue permission qui me permettrait de rester auprès de ma famille et de reprendre plus ... serein.

Je restais avec elle, lui préparant une tisane médicinale. Le plus gros du mal était passé, les médecins n'avaient su dire ce qui avait affecté ma mère exactement. J'étais là et c'est tout ce qui comptait.

Je passais quelques jours de repos, réel retour à mes jeunes années. Très vite une mission me fut confiée :
- Will j'ai un grand service à te demander. Me coupa ma mère alors que je racontais quelques anecdotes qu'il m'était arrivé lors de mes gardes. Nous avons réussi grâce à ta sœur à avoir un contact à la Technpôle.
Je dois leur amener des échantillons de nos fromages. Malheureusement je ne suis pas en état. Nous avons trop besoin de ton père ici et je ne veux pas que Maëlle y aille seule ...
Elle s'arrêta, son souffle était court.

Je la coupais avant qu'elle ne reprenne :
- Ne t'inquiète pas mère, j'irais là bas. La rassurai-je.

Les jours qui suivirent me permirent de préparer le voyage, je comptais bien y aller en bateau. Ce serait plus long qu'en monture, mais sûrement moins périlleux.

C'est ainsi que je passais une semaine en mer, et je peux vous certifier que je n'ai pas le pied marin ... Les premiers jours ont été ... compliqué dirais-je.

Je me retrouvais à partir à la découverte de la cité-état si reconnue. A commencer par les bas fonds où je faillis me perdre, j'arrivais dans les faubourgs du Milieu où je devais retrouver un Tavernier pour qu'il teste les fromage que ma famille lui avait proposé lors d'un séjour à Sahl.

Je fus étonné par le mélange de population que l'on pouvait croiser ici, les boutiques y étaient nombreuses et diversifiées. Allant de la bijouterie luxueuse côtoyant l'épicerie du coin. Je fis quelques uns des magasins par curiosité avant de retrouver la taverne indiqué par sur un petit papier que ma mère m'avait fourni. Je devais bien avouer que la charge des fromages commençait à peser dans mon dos.

Après quelques indications fournies par des passants, je finis par arriver à mon but. Je ne fus pas mécontent de m'asseoir au comptoir en attendant que l'on vienne s'occuper de moi. Une charmante serveuse vint prendre ma commande :
- Un verre d'hydromel je vous prie. Je me nomme William Galier,
je dois faire affaire avec le teneur des lieux, est-il ici ?


Un petit homme aux os anguleux vint me retrouver.
- Mr Galier ? Il me dévisagea d'un air soupçonneux.

- Oui, je suis le fils cadet d'Eylène Galier, elle n'a pu faire le déplacement elle-même mais voici la marchandise.
J'ouvris le sac et le laisser découvrir ce qu'il s'y trouvait. Un sourire satisfait s'étendit sur son visage.

- Bien, bien !

Il coupa un morceau et le dégusta tandis que je sirotais ma boisson, observant le commerçant. Nous parlâmes ensuite du prix, et des conditions d'un éventuel accord. J'essayais de me souvenir de tout ce que m'avait dit mes parents, sortant une sorte de contrat que je laissais à disposition du tavernier. Je n'avais pas hérité de la fibre commerçante de mon père et j'étais pressé d'en finir pour découvrir les lieux et me reposer.

- Je vais proposer ces fromages à la clientèle demain, et s'il y en a assez, pour après-demain aussi. Selon le succès de vos produits nous conviendrons d'un accord ensemble. J'hochais de la tête et le regardais partir. Il m'avait laissé le fromage entamé et du pain. N'allant le finir seul je regardais ma voisine de tablée et lui en proposais, ce serait dommage de le gâcher.


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MessageSam 20 Jan - 12:06



Un régiment de fromages blancs s'en va en guerre !


Elizabeth n'était à la Technopôle que depuis une semaine, mais déjà elle regrettait d'avoir mis les pieds dans la mégalopole. Tout était tellement grand ici ... Et misérable aussi. Elle n'avait pas beaucoup visité, d'abord parce que la cité-état était bien trop grande pour être explorée en une semaine, et ensuite parce que c'était un véritable labyrinthe. Mais ce qu'avait vu la rousse ne lui avait pas donné une très bonne impression. Elle se souvenait de la misère, de la détresse des habitants des Bas-Fonds. De toute cette violence, ces méfaits, et des autorités qui ne faisaient rien pour arranger les choses. Elle avait vu les mineurs qui se tuaient au travail pour offrir une vie décente à leurs enfants. Et surtout, elle avait vu les riches propriétaires se pavaner dans les rues des Faubourgs du milieu. La jeune fille comprenait beaucoup mieux pourquoi sa mère avait fuit la Technopôle. Ce n'était décidément pas un endroit où il faisait bon vivre.

Mais voilà, si la rousse était venue ici, c'était dans un but précis. Et ce qu'elle cherchait n'était pas facile à trouver. Au début, elle avait espérer être mise sur la piste assez rapidement, mais elle s'était vite rendue compte que le cercle était plus que fermé. Elle n'avait sûrement pas la tête de l'emploi, il fallait dire. Un peu trop jeune, un peu trop innocente, un peu trop naïve probablement. Pourtant, il fallait coûte que coûte qu'elle se fasse des contacts. C'était pour cette raison qu'elle passait presque tout son temps libre dans les tavernes miteuses des Bas-Fonds, emmitouflée dans sa cape de laine noire, à attendre LA bonne personne.

Mais ce soir, elle n'avait pas le cœur à respirer l'air saturé de fumée et de vapeur d'alcool de ces bars mal famés. Elle avait envie, pour une fois, de boire dans un verre propre. C'était pourquoi elle s'était rendue dans les Faubourgs du Milieu. Et maintenant, accoudée à l'une des tables du modeste bar, elle regardait d'un air dépité la mousse de son breuvage éclater petit à petit. Elle ne faisait pas vraiment attention à ce qui se déroulait autour d'elle, à vrai dire, trop occupée à trouver un moyen de rencontrer l'un des Attrape-Coeur. La rousse n'en était pas à son premier verre, et les effets de l'alcool l'avaient plongé dans une réflexion intense, le regard perdu dans le vague.

Mais l'un des autres clients l’interpella tout à coup, la sortant de sa torpeur apparente. Clignant des yeux, elle mit quelques temps à revenir à la réalité, et toisa l'inconnu d'un regard perplexe. Puis, elle déposa ses yeux sur le fromage avant de les ramener sur son interlocuteur. Quand elle finit pas comprendre l'objet de sa question, elle lui adressa un sourire poli, et acquiesça de bonne grâce. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas mangé quelque chose de potable, et ce fromage avait l'air délicieux.

- C'est avec plaisir que j'accepte votre proposition, l'odeur de votre fromage me parait tout à fait alléchante.

Disant cela, elle se leva, et vint s'asseoir en face de l'inconnu. Ce n'était pas dans ces habitudes d'aller vers les inconnus, mais elle avait besoin de compagnie ce soir, et elle avait trop bu pour faire preuve de prudence.

- Ca ne vous embête pas si je me joins à vous ? Je n'ai pas envie de profiter de cette soirée seule ...

Elizabeth retira la capuche de sa cape, et dévoila son épaisse chevelure de feu. Elle observa quelques secondes l'inconnu : il avait l'air d'être plutôt d'âge mur, et la barbe lui allait plutôt bien. Il semblait aussi vraiment fatigué. Prenant une gorgée de sa boisson, elle demanda :

- Alors, avec qui ai-je l'honneur de bavarder ce soir ?







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Elizabeth écrit en #ef1928

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MessageDim 21 Jan - 15:18

Devant l'absence de réaction de mon interlocutrice je changeais de place, quittant le bar pour m'asseoir sur une petite table où la femme finit par me rejoindre.

- Ca ne vous embête pas si je me joins à vous ? Je n'ai pas envie de profiter de cette soirée seule ...

Je souris et hochais négativement de la tête avant de couper un morceau de fromage que je lui tendis avec du pain. Lorsque l'inconnue retira sa capuche je restais quelques secondes à l'observer, ses yeux bleus transcendaient sous une épaisse chevelure rousse.

Ses lèvres pulpeuses me demandèrent mon nom, je me raclais la gorge avant de répondre :
- Vous pouvez m'appeler Will. Je fis un signe à la serveuse et commandais une pinte de bière. Regardant le verre encore remplie de la jeune femme je ne lui proposais pas une nouvelle tournée. Et vous ?

J'étais peu loquace, lasse de mon périple.
- Désolé je suis un peu ours, dis-je en souriant légèrement, J'ai fait un long voyage pour venir ici, je viens de ... J'hésitais à révéler mon origine puis laisser tomber le bouclier. de Sahl. Ma famille produit ce fromage et j'essaie de les commercialiser ici. Qu'en pensez-vous ?

Je laissais la belle rousse déguster l'aliment, elle semblait jeune pour traîner dans des bars :
- Me permettez-vous de vous poser une question ?

Sans vraiment lui laisser le temps de me répondre je continuais :
- Qu'est-ce qu'une jeune femme seule fait ici ? Attendez-vous quelqu'un ?

Les rires et les voix s'élevèrent, dans la chaleur de la taverne les clients se détendaient autour de quelques verres et je devais bien avouer que ma boisson me réchauffais quelque peu le ventre, me soulageant au fur et à mesure des gorgées du poids de mes pensées.


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MessageMer 24 Jan - 14:06


Un régiment de fromages blancs


Elizabeth n'avait pas l'habitude de faire la conversation à des inconnus, mais l'alcool et la fatigue semblaient avoir délié sa langue d'habitude peu pendue. Aussi, quand Will lui demanda son nom, elle failli s'affranchir de ses précautions habituelles. Fort heureusement, elle se ressaisit juste avant d'en dévoiler un peu trop.

- Vous pouvez m'appeler ... Lisa.

La rousse écoutait Will raconter son périple avec un grand intérêt. Ainsi, c'était pour cela qu'il était venu jusqu'à la Technopôle ? Elle ne s'y connaissait pas beaucoup en commerce, et encore moins en fromages, mais elle trouvait très singulier qu'un producteur fasse tout ce chemin juste pour vendre du fromage. En tout cas, elle ne voyait pas très bien pourquoi prendre le risque d'être dépouillé par des pirates ou des bandits en faisant un si long voyage. Toujours avec un sourire poli sur le visage, la jeune fille porta à ses lèvres un morceau du dit fromage, et ferma les yeux en le dégustant.

- Mmmmh, il est vraiment très bon. Et pourtant, je ne suis pas une grande amatrice de fromages ...

Elle ponctua sa phrase d'un léger rire, et poursuivit :

- Là d'où je viens, on n'a pas vraiment l'occasion d'en produire beaucoup. Mais ... Dites moi, ce n'est pas trop risqué de faire un si long trajet juste pour vendre du fromage ? Les Terres qui séparent Sahl de la Technopôle sont loin d'être hospitalières ...

Elle n'avait pas envie d'être trop indiscrète, mais elle était particulièrement curieuse ce soir. Et puis, cet homme devait avoir une vie si différente de la sienne ... Elizabeth se demandait ce que cela faisait, de se lever tous les jours avec une tâche bien précise à faire. Sans nul doute, cela devait donner beaucoup plus de sens à la vie. Elle-même avait parfois bien du mal à se rappeler pourquoi elle se levait tous les matins.

Will lui posa ensuite une question qui la laissa muette un instant. Plongeant ses yeux azur dans ceux plus profonds du grand brun, elle se demanda si elle pouvait parler à cœur ouvert à cet homme. Après tout, ils ne se connaissaient pas du tout. Mais Elizabeth avait envie de faire confiance, elle avait envie de partager ses doutes et ses incertitudes, ne serait-ce que pour une seule soirée. C'était trop difficile de tout supporter seule, ce se cacher et de fuir les autres comme la peste. Malgré toutes ses méfiances, et toutes ses craintes, elle décida de lui répondre après avoir reprit quelques gorgées de sa boisson.


- Et bien, on peut dire cela comme ça oui. Je suis à la Technopôle depuis plusieurs jours déjà, et je suis à la recherche de quelqu'un qui pourrait ... m'aider si on veut.

La rousse finit d'un trait son verre, et senti l'alcool embuer ses idées. Lachant un très léger hoquet, elle reprit en essayant de ne rien laisser paraître :

- Mais je ne pense pas le trouver ici, en fait je suis plutôt venue pour me changer les idées. Et puis ... je n'ai pas vraiment d'endroit précis où aller. Mais vous savez, je suis une grande fille.

Elle ponctua cette dernière phrase d'un sourire malicieux et d'un léger clin d’œil. Elle avait l'habitude d'être prise pour une jeune fille fragile et incapable de se débrouiller seule, ce qui n'était pas si loin de la réalité à vrai dire. Mais elle n'appréciait pas cette image pour autant, et avait envie de paraître plus ... débrouillarde dirons-nous.

- Et vous, vous comptez passer la soirée dans ce bar, vous aussi ? Vous n'avez personne qui vous attend ?

La rousse haussa un sourcil, curieuse d'entendre la réponse de Will. La chaleur ambiante du bar et les vapeurs d'alcool lui donnaient affreusement chaud, aussi décida-t-elle de retirer totalement sa cape, dévoilant des vêtements de voyage confortables et résistants. Puis, poussant un profond soupire, elle appela la serveuse pour remplir son verre à nouveau. Ce n'était peut être pas raisonnable, mais elle n'avait pas envie d'être raisonnable.






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Elizabeth écrit en #ef1928

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MessageJeu 25 Jan - 12:48

Je souris lorsque Lisa se délecta du fromage. Elle me demanda en suivant pourquoi faire un si long voyage pour les vendre :
- Je me suis posé la même question, mais comme qui dirait, l'occasion fait le larron. Ma mère a rencontré le gérant de cette taverne à Sahl, il lui a proposé de tester ses fromages ici car ils sont quasi inexistant dans la région. Cela permettrait à notre famille de se faire un nom, et à Mr Storpe de faire un bon chiffre si le succès de ce produit est au rendez-vous.

Au tour de la belle rousse de se confier. Je l'écoutais attentivement, observant ses manières et expressions. Un léger hoquet la prit se qui me fit sourire, l'alcool devait y être pour quelque chose. Elle insista bien sur le fait qu'elle ne craignait rien car "une grande fille".
- Loin de moi de prétendre le contraire, lui assurai-je. Il est juste rare de rencontrer des femmes seules dans ces lieux.

Je pris une gorgée de ma boisson avant de poursuivre :
- Je suis ici au moins pour deux jours supplémentaires, si je peux vous aider à trouver la personne que vous recherchez ... Certes je ne connais pas la Technopôle mais qui sait, peut-être puis-je vous être utile. J'ai souvent de bonnes intuitions.

Elle répondit à ma proposition par une question à laquelle je répondis bon train :
- Je ne sais pas du tout ce que je vais faire de ma soirée à vrai dire.
Etant donné que je suis actuellement en charmante compagnie je vais rester un peu,
dis-je en souriant. Je ne connais personne ici, et personne ne m'attend. Je faillis rajouter "nul part" mais je préférais le taire. Ema traversa alors mon esprit me rendant mélancolique.

Je recommandais une pinte de bière en même temps que la jeune femme. Cela faisait bien longtemps que je n'avais bu une goutte d'alcool, et l'ivresse ma gagna doucement, apaisant mes maux.
- Vous disiez que là d'où vous veniez, vous n'aviez pas trop l'occasion de produire du fromage, d'où venez-vous Lisa ?
La curiosité me gagna à mon tour, après tout, autant faire connaissance avec cette ravissante demoiselle, ma présence éloignerait sûrement les lourdauds qui déjà lorgnaient la jeune femme du coin de l’œil depuis qu'elle avait retiré sa cape.


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MessageVen 9 Fév - 22:10


Un régiment de fromages blancs


La rousse esquissa un sourire amusé en entendant les expressions pour le moins particulière de son interlocuteur. Elle n'y connaissait rien en commerce, aussi s'abstint-elle de faire un commentaire sur la démarche de la famille de William, incapable de juger s'il s'agissait d'une bonne, ou d'une mauvaise idée. Cependant, elle ne doutait pas de la qualité de son fromage.

- Croyez-moi, si toute votre production est aussi savoureuse que ce fromage, vous ne devriez avoir aucun mal à trouver un accord avec ce Mr Storpe.

Elle ponctua sa réponse d'un sourire sincère, et termina le morceau de pain qu'elle était en train de déguster. Puis, lorsqu'il lui dit qu'il était rare de croiser des femmes seules dans ce genre d'endroits, elle lâcha un petit soupire désabusé :

- Oh, vous savez, je ne suis pas contre un peu de compagnie de temps en temps. Malheureusement, je voyage beaucoup, et cela ne semble pas convenir à la plupart des personnes que je connais.

Elle sourit ensuite à sa proposition. S'il savait qui elle cherchait réellement, il aurait probablement prit ses jambes à son cou. Et même si un peu d'aide ne pourrait pas lui faire de mal, elle n'osa pas vraiment accepter l'offre.

- C'est très gentil à vous de me proposer votre aide, mais mes recherches se font principalement dans les Bas-Fonds, et impliquent de passer quelques soirées dans des auberges bien moins accueillantes que celle où nous nous trouvons actuellement. Je ne suis donc pas certaine que cela vous intéresse.

La rousse adressa un clin d'oeil malicieux à Will, certaine qu'une soirée dans un bar mal famé ne l'enchanterai sûrement pas. Mais lorsqu'il évoqua sa "charmante compagnie", toute malice quitta son regard, et elle ne pu s'empêcher de rougir. Elle n'avait pas l'habitude des compliments, en fait elle ne parlait pas beaucoup à des personnes susceptibles de lui en faire. Et l'alcool n'arrangeait rien. Un peu prise de court, elle essaya de sauver les apparences en adressant au jeune homme un sourire qui se voulait assuré, mais qui n'en restait pas moins gêné. Cela ne la surprit pas que personne ne l'attende pour la soirée, car la plupart des commerçants préféraient voyager seuls, surtout dans de telles circonstances.

Elizabeth accompagna Will lorsqu'il redemanda une pinte de bière, et s'aligna sur son choix de boisson. Apportant le breuvage à ses lèvres, elle failli avaler sa gorgée de travers lorsqu'il lui demanda d'où elle venait. Voilà pourquoi il fallait éviter de parler aux gens : ils posaient beaucoup trop de questions. Néanmoins, la rousse sentait qu'elle avait besoin de se confier, et indiquer sa ville natale ne la mettrait sûrement pas en danger, pas vrai ? Elle répondit donc :


- Et bien, j'ai grandit à Bubble City, la ville sous-marine. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que là bas, il n'y a pas beaucoup de vaches ou de chèvres. Donc le fromage ... C'est très cher et on n'en consomme pas beaucoup. Notre truc, c'est plutôt le poisson.

Reprenant une gorgée de bière, elle ajouta :

- Si jamais vous chercher une ville sympa à visiter, je vous conseille Bubble City. La vue sur la mer est unique, et c'est vraiment une autre ambiance, une autre mentalité. Même si ... ça ne me manque pas beaucoup, en fait.

Elizabeth frissonna en repensant à toute cette eau qui la rendait malade, dont elle craignait chaque jour qu'elle ne traverse la bulle magique qui entourait la ville. Un peu désorienté, la rousse laissa échapper sa choppe sur la table en voulant la reposer. Tout le liquide ambré se répandit sur le bois usé, et la jeune fille se leva précipitamment, visiblement désolée.

- Oh, je suis vraiment maladroite ... Pardonnez moi, je ne sais pas ce qui m'a pris. Attendez, ne bougez pas, je vais chercher de quoi l'éponger.

Elle se hâta d'un pas mal assuré, principalement à cause de l'ivresse qui embrumait son esprit, et s'accouda sur le comptoir pour demander de quoi essuyer ses bêtises. Pendant qu'elle attendait, l'un des hommes à côté d'elle se retourna pour lui parler. Si au début elle lui répondit en souriant timidement, elle comprit rapidement qu'il ne souhaitait pas juste discuter. Agacée, elle le repoussa quand il se pencha pour lui parler à l'oreille, et décida de changer de place. Mais l'individu semblait ne pas être d'accord, puisqu'il lui agrippa le bras pour la forcer à rester près de lui.

- Arrêtez, vous me faites mal.

La phrase était sèche, mais le ton était beaucoup moins assuré que ce qu'elle aurait voulu. Sa voix tremblait un peu, et elle était trop alcoolisée pour avoir l'air assurée et vraiment énervée. L'homme la tira vers lui, avant de dire d'un ton autoritaire :

- C'est bon, on fait que discuter, et toi tu t'en vas sans rien dire comme ça ? Mais reste un peu, je vais pas te manger.

Il était peut être plein de bonnes intention, il n'avait peut être envie que d'un peu de compagnie, mais elle s'en fichait : elle ne voulait pas rester avec lui. Son haleine puait l'alcool, et la rousse ne se sentait pas rassurée. Surtout qu'elle commençait à vraiment se mettre en colère ... Et ne n'était jamais bon de la voir en colère. A court d'idées, elle se tourna vers la salle et chercha du regard son nouveau compagnon pour qu'il lui vienne en aide sans qu'elle ai besoin de s'énerver.







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Elizabeth écrit en #ef1928

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MessageDim 11 Fév - 22:57

Alors que la bière mouillait mon pantalon je me levais prestement par réflexe, bousculant le client derrière moi. Il se leva mécontent, je m'excusais tandis que Lisa partait au bar pour récupérer de quoi nettoyer la table. Je tentais de limiter les dégâts en épongeant avec une serviette, en vain, elle s'imbiba en quelques secondes.

Je tournais la tête pour voir où la jeune femme en était lorsque je la vis au prise avec un gaillard à l'allure nonchalante, je me levais alors, les sourcils se froncèrent, mes muscles se contractèrent. Je ne supportais pas les balourds de ce genre.

Alors que je fondais sur eux Lisa se tourna me cherchant visiblement du regard. J'attrapais à mon tour le bras de l'homme pour la tirer vers moi.
- Un problème ? demandais-je à la rousse sans vraiment attendre de réponse.
L'homme se leva alors, bedonnant et ... grand. Il faisait bien une tête de plus que moi. Il se colla à moi, gonflant le torse pensant m'intimider.
- Je discutais avec la demoiselle, dégage de là moustique.

Mes lèvres s'étirèrent dans un sourire de défi, d'un mouvement vif je vint placer deux doigts dans le creux sous son oreille et j'appuyais fortement tout en accompagnant le mouvement dans une diagonale vers le bas. Surpris l'homme ne put réagir et se retrouva face contre le bar en quelques secondes.
- La demoiselle est avec moi, vous devriez apprendre la galanterie Monsieur.

Chose que je n'avais pas prévue, que le luron était entouré de petits copains. Deux types se levèrent alors, l'un d'eux me poussa avec force me faisant reculer de quelques pas. Je bousculais Lisa dans mon élan, voulant m'écartais pour l'éviter je perdis l'équilibre, me rattrapant à la première chose que j'attrapais ... Une table où je fis valdinguer le repas d'un vieillard. Enfin c'est ce que je crus lorsque j’aperçus un bras fripé. L'individu se leva, fin, longiligne, et une queue fit son apparition. Sa capuche tomba et une tête de reptile me fixa. Un reptilien ?

Ma tête dû transfigurer ma surprise, il m'attrapa par le col avant de me rapprocher de son visage fermé. Il claqua sa langue avant de remettre sa capuche et de partir précipitamment, me re-bousculant au passage.  Je n'eus pas le temps de m'interroger que déjà le gros balourd avec ses copains m'entourèrent. Je soufflais d'exaspération quand Mr Storpe arriva. Petit mais pas commode. Il vira les malotrus sans ménagement
- Pas de ça chez moi ! s'énerva-t-il.

Je m'excusais pour le dérangement lorsqu'il me lorgna de travers avant de rejoindre Lisa.
- Et si nous allions faire un tour ailleurs ?

Je fis signe à la rousse de me suivre :
- Je repasserai dans deux jours Mr Storpe.

L'air frais de la nuit tombée me revigora. Les vapeurs d'alcool qui me tournaient la tête s'évaporèrent au fur et à mesure de ma respiration. Ici je ne connaissais rien ni personne, je me retournais pour voir si Lisa me suivait.
- Si vous voulez tester les auberges des bas fonds je suis prêt à vous suivre. Demain si cela vous convient. En attendant, connaissez-vous un lieu plutôt tranquille où dormir ? Nous pourrons parler de Bubble City sans être interrompu.


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