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 Le lac des cygnes [& Ailyn]

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Tueuse de siless
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Mayu était courbaturée, épuisée, ses blessures ne s'étaient pas encore refermées malgré son incroyable système immunitaire, et sa peau la tirait là où elle avait été blessée. La nuit n'avait été qu'un réconfort factice où elle n'avait pu fermer l’œil qu'une poignée de minutes ici et là. C'est donc l'esprit embrumé et nue comme un vers qu'elle traversa la pièce pour se débarbouiller à l'aide du baquet d'eau propre qui avait été mis à sa disposition. Lorsque ce fut fait, elle enfila les seuls vêtements qu'elle possédait et descendit à la réception. Là, elle commanda des toasts et une portion de beurre ainsi qu'une grande tasse de café. Un jeune homme, assis à la table en face de la sienne, lui lança un grand sourire dès qu'elle fut installée et désigna le journal du matin :

- Vous avez vu ? De grands danseurs viennent à Ahriman pour jouer le traditionnel lac des cygnes. Cela peut paraître inconvenant, mais, j'ai deux places, et personne pour m'accompagner. Je suis ici pour affaire et mon associé risque de penser que je suis asocial si je m'y rends seul. Je ne pensais pas avoir l'occasion d'assister à cette représentation et je n'ai aucune envie d'y renoncer, me ferais vous l'honneur de m'accompagner ?

Amusée, et en mal de détente, bien que l'idée de prendre le bras d'un inconnu ne l'enchante guère, Mayu ne trouva aucune raison de refuser. Au contraire, l'idée de se délecter des ronds de jambe d'un ballet en charmante compagnie, peut être même se faire offrir un verre ensuite, la mettait en joie. Aussi accepta t'elle, poliment, accompagnant le tout d'un sourire :

- Ce sera avec plaisir.

Le gentleman lui donna alors rendez-vous à vingt heures, devant le théâtre, ils finirent leur déjeuner, discutant de choses et d'autres, et partirent chacun de leur côté. La blanche dut se dégoter un loueur de tenue de soirée, car s'acheter une robe aurait pénalisé ses déplacements. Elle n'avait pas de place dans ses bagages pour un vêtement aussi volumineux. Son choix se porta sur une tenue longue, sans manches, de couleur orangée, comportant plusieurs couches de voiles qui se superposaient en chatoyant. Elle avait remonté ses longs cheveux en les nouant à l'aide d'une broche en bois représentant deux lys et avançait à présent à grands pas vers le théâtre.

Elle avait un peu d'avance et lorsqu'on lui proposa une brochure à l’accueil, elle la saisit en souriant et se plaça à l'écart pour attendre son cavalier. L'accroche décrivait les grandes lignes de l'intrigue. Odette, l'Animatronus cygne, la première à prendre forme humaine, car elle était tombée éperdument amoureuse de l'homme qui venait se promener au bord du lac chaque jour. Mais une cruelle malédiction l’empêchait de vivre son idylle au grand jour. Une tragique histoire d'amour impossible. Quelle ironie.

Le temps passait et l'homme n'arrivait pas. Bientôt, les portes se fermeraient et elle ne pourrait plus accéder à sa place. Soupirant, elle tira le billet de son gant et le donna au placeur qui l'accompagna jusqu'à une place en loge, avec trois autres personnes. À sa droite, se trouvait un couple puis une jeune femme, et à sa gauche, un siège vide. Elle le fixa un moment avant de soupirer à nouveau. Enfin, elle gagna sa place et engagea la conversation avec sa voisine en attendant que le ballet commence :

- C'est votre première fois ? Je n'ai jamais vu de ballet !


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MessageMar 23 Jan - 20:05


Un soupir s’échappa de l’entre ouverture des lèvres de l’artiste, alors qu’elle replaçait une mèche de sa chevelure immaculée. Ces derniers jours l’avaient considérablement éreintée : d’abord cette enquête, ensuite un meurtre… Au moment où sa monture s’en était allée vers Ahriman, elle avait prié de ne plus se retrouver dans ce genre de situations. Son cerveau aurait pu produire de la fumée tant il carburait, et surtout, elle perdait le sommeil. Insomnies après insomnies, elle rêvait, parfois cauchemardait, mais surtout fixait son plafond dans une contemplation sordide et singulière.

Il lui arrivait de réfléchir à ce qu’elle faisait réellement, quand est-ce que sa vie avait pris un tournant si violent qu’elle ne put redresser la barre ? Fort heureusement, sa rencontre avec la couturière avait ouvert une porte de sortie à sa souffrance, une immense fenêtre accompagnée d’un bol d’air frais qu’elle savourait avec délice. Elle se surprenait à penser à la rousse plus qu’à l’accoutumée, mais elle la savait occuper. Tenir un commerce n’est jamais chose aisée, quand bien même ses robes se trouvaient être d’excellente qualité.

Ce soir-là, elle voulait renouer avec ses origines. Avec ce qui la rendait heureuse, ce qui lui donnait des ailes, ce qui la faisait vibrer à chaque instant. La scène. La musique. Le théâtre. La peinture. La sculpture. Tout lui donnait des frissons indescriptibles pour une raison obscure. Mystarcia commençait à cruellement lui manquer et elle sentait son cœur se serrer chaque fois que l’image de sa belle cité lui revenait en tête. Ailyn voyageait par plaisir – son escapade en Sabliar se trouvait d’ailleurs être un congé -, cependant elle gardait les pieds sur terre.

Son foyer se trouvait à Jungâla, et elle y reviendrait toujours, même si des ennuis l’attendaient au bout du chemin. Bien entendu, elle n’avait pas choisi sa destination par hasard : l’Ael se plaisait à suivre des spectacles, des danseurs, des artistes qui pouvaient l’intéresser. Depuis le décès de Violette Lonbridge, rien n’arrivait plus à la surprendre. Une illusionniste si talentueuse… Mais elle avait fini par se rendre à l’évidence : si elle ne parvenait point à remplacer la lune si brillante dans le ciel, elle n’aurait qu’à retomber parmi les étoiles qui l’entouraient.

Et c’est avec une joie non dissimulée qu’elle avait réservé sa place pour Le Lac des Cygnes en avance, depuis Mystarcia même. Tamponné, le courrier arriva rapidement auprès d’elle, et fut glissé dans une pochette en cuir qu’elle amena jusqu’à Ahriman. Elle méritait bien un peu de repos, ne serait-ce qu’une soirée de douceur dans ce monde de brutes. L’intrigue ne lui était point inconnue : un classique parmi les classiques. Elle aurait presque pu en réciter le texte par cœur, mais Ailyn se savait piètre actrice. Ou plutôt, c’est ce qu’elle voulait insinuer aux autres, se contentant de rire alors qu’on lui proposait moult rôles. Après tout, son don lui permettait de feindre tout ce qu’elle désirait, mais elle préférait garder ses armes cachées sous le manteau, jusqu’à ce qu’elle ait à s’en servir.

La jeune femme arriva très tôt au théâtre. Si tôt qu’on dût lui demander d’attendre dehors, que les répétitions soient terminées. Elle avait bien essayé de passer outre, d’assister à cette espèce de ritournelle parolière qui l’intriguait tant, mais personne n’avait cédé face à ses yeux de Kokette battu. Elle fit le tour des magasins aux alentours pour occuper les minutes qui la séparaient de son idylle, en profitant pour acheter une robe de soirée typique d’Ahriman. Quelque chose qu’elle ne retrouverait jamais à Mystarcia.

Dans des tons rosés, le tissu parcourait ses courbes de manière presque indécente. Un décolleté léger mais saisissant, ainsi que des coupures au niveau des jambes, laissant respirer ses mollets et la fin de ses cuisses. Saisissant l’épais voile qu’elle portait en toutes circonstances, elle le plaça sur ses épaules et le laissa redescendre jusqu’en bas de ses fesses, recouvrant ainsi cette peau qu’elle craignait déjà de voir souffrir du lourd soleil qui planait dans le ciel.

Une fois que les portes furent ouvertes, elle y pénétra et se dépêcha d’aller jusqu’à sa place. Peu après son entrée, le théâtre commença à se remplir. Elle adorait observer les gens, sentir leurs émotions. L’enthousiasme des spectateurs, le trac des acteurs qui se cachaient derrière le fameux rideau rouge qui frottait légèrement les planches. Alors qu’elle se perdait dans ses pensées, ou plutôt dans celles des autres, une voix la fit sursauter. Elle se retourna, le sourire naturellement aux lèvres. Fort heureusement, elle était parvenue à comprendre les bribes de ce qu’on avait essayé de lui dire, et parvenait tant bien que mal à recoller les morceaux.

« Oh, non. Je suis allée à beaucoup de ballets. Sans doute trop pour que ce soit raisonnable. ». Elle plaça sa main devant sa bouche, riant doucement, comme si elle craignait de déranger les autres. « Vous avez choisi une pièce magnifique pour un premier spectacle, je n’ai nul doute que vous en ressortirez ravie. En espérant néanmoins que vous appréciez les histoires d’amour et les drames, bien entendu. ». Ailyn la regarda, de haut en bas. L’inconnue s’était vêtue pour une occasion particulière, à n’en point douter. Peut-être était-ce seulement le plaisir de se faire belle, chose qu’elle comprenait parfaitement, sans pour autant l’appliquer. Elle se posait trop de questions. Et les réponses ne viendraient point sans qu’elle se jette dans la gueule du loup.

Elle secoua vaguement la tête comme pour remettre ses idées en place, avant de tendre la main. « Pardonnez mes manières, appelez-moi Ailyn. ». Elle jeta à nouveau un coup d’œil à la scène. Elles avaient encore un peu de temps pour discuter. Peu, certes, étant donné que les portes venaient de se fermer, mais c’était toujours ça de gagné. « Excusez-moi de poser la question mais… il est malheureusement rare de voir quelqu’un se rendre spontanément à une représentation alors que le monde du théâtre vient de se dévoiler à lui. ». Maladresse. Elle se reprit aisément. « Enfin, surtout pour un spectacle de cette envergure. J’ai dû acheter mon billet il y a des mois pour espérer me retrouver dans ces rangs. Seriez-vous chanceuse ? ». La jeune femme se sentait d’humeur taquine, mais surtout curieuse. On lui adressait rarement la parole, les admirateurs des arts préférant se cloître dans l’expression de leur créativité la majeure partie du temps. Elle ne faisait pas exception à la règle, mais avait bien l’intention de prendre avantage de la situation.






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MessageMer 24 Jan - 1:20

La jeune femme qui lui faisant désormais face faisait sans doute partie de ce que les gens nommaient des beautés mystérieuses. Elle avait ce petit quelque chose qui captivait, un éclat irréel au fond du regard, une prestance naturelle qui, elle l'imagina, ne devait pas laisser les hommes indifférents. Et pourtant, ces cernes sous ses yeux témoignaient que tout n'était pas rose. Le sourire qu'elle lui présenta, accompagné de sa réponse, rassurèrent la blanche. Elle avait craint un instant de la déranger et c'est donc en recopiant cette expression bienveillante qu'elle s'installa à ses côtés. Elle fut étonnée de la voir lui confirmer que cette pièce était un chef d'œuvre immanquable malgré l'historie qui lui tirerait sans doute une larme. Ajustant les pans de sa robe afin qu'elle ne soit pas froissée, la jeune femme jeta un regard rapide vers le rideau. Elles avaient le temps de discuter. Revenant à sa voisine, elle répondit aux présentations en lui serrant la main avec délicatesse :

- Enchantée Ailyn, dans ce cas, pour moi, ce sera Mayu.

Son sourire s'étira, gagnant son regard azuré et elle pouffa devant le manque de tact de la demoiselle avant de se raidir. Chanceuse ? Un bref coup d’œil au siège à côté d'elle acheva de la convaincre du contraire. Une soudaine envie de se livrer la poussa à se confier à voix basse, pour ne pas déranger les autres personnes présentes dans la loge. Grimaçante, elle espérait ne pas passer pour ces éternels insatisfait qui trouvent toujours à se plaindre.

- Il se trouve que j'ai été invitée par un jeune homme ce matin, entre le beurre et le café. Et ce, de façon tout à fait surprenante ! Toutefois, comme vous pouvez le constater, il n'est pas présent. Je suppose que j'étais trop contente d'avoir reçu cette invitation, c'était sans doute naïf que d'espérer un peu de compagnie alors que je ne connais même pas son nom. Dans tous les cas, vu l'éloge que vous en faîte, il aurait été tout à fait déraisonnable de ne pas utiliser ce billet !

La blanche regarda les portes fermées et se promit de ne pas lui en vouloir si le hasard faisait qu'un jour, ils se croisaient à nouveau. Après tout, nul n'était doté de solution miracle contre les imprévus. Elle eut tout de même une pensée pour lui, espérant que son absence ne venait pas de l'annulation de son partenariat avec celui qui lui avait offert ces places. Soupirant, elle se gifla mentalement, se concentrant sur le présent, et laissa sa curiosité prendre le dessus, résumant :

- Vous aimez donc les arts de scène ! Cela se cantonne il aux représentations aussi célèbres que celle-ci ? Peut-être auriez vous des pièces et ballet à me conseiller. Je n'y connais, certes, pas grand chose, mais j'en ai entendu beaucoup de bien durant mes voyages. J'imagine que chaque endroit à ses propres particularités. On dit que la Technopole possède des magiciens hors normes, Cirdania une chanteuse qui brise les vitraux tant sa voix monte dans les aiguës, et Mystarcia une illusionniste qui mérite le détour. Je ne m'étais jamais arrêtée assez longtemps pour assister à leurs représentations jusque-là !

Puis, se rendant copte qu'elle avait accaparé l'attention sans même lui donner l'occasion de répondre, la jeune femme lissa le tissu de son vêtement en s'excusant :

- Pardonnez-moi, je crois que je me suis emportée. Je ne voudrais pas vous importuner.


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MessageMar 6 Fév - 19:51


Ailyn attirait les gens, c’était un fait indéniable. Pourtant, souvent elle ne comprenait pas ce qui amenait les inconnus à s’adresser à elle plutôt qu’à une autre. Les artistes se taisaient en sa présence, préoccupés par l’inspiration qui les submergeaient. Les hommes approchaient selon leurs goûts, par désir de séduction, et elle ne leur offrait rien de ce qu’ils pouvaient bien désirer. La jeune femme n’agissait jamais dans son intérêt, et la grâce de l’amour lui manquait cruellement, autant que les plaisirs charnels que jamais elle ne connut. Replaçant une mèche de sa chevelure immaculée derrière sa longue oreille témoignant de son appartenance à la race des Aels, elle poursuivit la conversation, une étincelle dans le regard. Mayu reflétait un nombre d’émotions tout à fait remarquable. L’amertume, la surprise, la bienveillance… Derrière ce sourire si doux se cachaient bien des souffrances et elle n’aurait jamais eu la prétention de se faire indiscrète à leur rencontre.

« C’est un nom magnifique. ». Des sonorités toutes particulières, qui bougeaient dans son cerveau comme des notes sur une partition vierge. Féminin, mais avec une image de force, de fierté, qu’elle retrouvait aisément dans la gestuelle de son interlocutrice. Alors qu’elle lui expliquait la raison de sa venue, Ailyn ne put s’empêcher de poser son menton dans le creux de sa main, dévoilant sa curiosité maladive. Elle l’intriguait terriblement, et le moindre détail étancherait sa soif excessive en un rien de temps. Un petit rire fit vibrer ses cordes vocales à l’évocation du goujat qui lui avait faussé compagnie, mais elle le calma rapidement, de peur de donner une fausse impression de moquerie.

Grattant nerveusement le bout de son coude, elle réfléchit néanmoins à ce qui pouvait bien pousser un damoiseau si extraverti à poser un lapin à une si belle demoiselle. Avait-il eu l’intention de l’induire en erreur alors qu’elle déjeunait à peine, ou souffrait-il d’un contretemps malencontreux ? Nul n’aurait pu donner une réponse à toutes ces questions qui dansaient dans son esprit. Et la jeune femme imaginait bien qu’elle n’était pas la plus secouée par cette absence incongrue. « Vous n’êtes pas naïve. On vous a offert une opportunité et vous l’avez saisi. Nombreuses sont celles qui, à l’absence de leur cavalier, rebroussent chemin. ». Ailyn ne tenait point à la brosser dans le sens du poil, encore moins à la rassurer. Elle appréciait les femmes indépendantes, sûres d'elles, mais ne se serait jamais permise de blâmer celles que l’amour emportait. Les sentiments étaient beaux dans leur imprévisibilité, dans leur absence totale de contrôle.

Ailyn finit par se ressaisir quand la conversation tourna à nouveau autour des arts, domaine qu’elle chérissait. Pourtant, son cœur se serra lorsque l’illusionniste de Mystarcia fut évoquée. Il n’était plus l’heure de la pleurer, pourtant elle sentait que son deuil peinait à se terminer. Avalant sa salive, elle tenta tant bien que mal de masquer la mélancolie qui s’emparait de son être et étira ses traits en un sourire chaleureux. « Mystarcia est une ville magnifique, où vous trouverez de nombreux artistes de talent. Je ne pourrais que vous la conseiller. ». Elle rit, essayant d’apaiser son cœur qui brisait sa cage thoracique. « Je ne dis pas ça car j’y vis. Quoique… Personne n'est vraiment incorruptible je présume. ». La jeune femme prit une grande inspiration et secoua vaguement la tête. La pièce allait commencer, et elle devait réussir à se débarrasser de ces images morbides.

« Je n’ai jamais eu l’occasion d’assister aux chants de Cirdania. Cependant, si vous désirez voir une représentation remarquable et que vos pas vous mènent jusqu’à la capitale de Jungala, je vous recommande de vous arrêter au spectacle de Gaïa. Une danseuse au talent exceptionnel. ». A la langue bien pendue et à la modestie inexistante, mais elle se garda bien de l’ajouter. Malgré ses défauts, Ailyn s’était rapidement entichée de sa supérieure. « Il m’arrive de l’aider à préparer ses pièces de temps à autre. ». Et elle profita de leur contact visuel pour lui faire un clin d’œil. « Je pourrais même vous obtenir une place si le cœur vous en dit. ».

Posant naturellement sa main sur son épaule, de nature très tactile, l’Ael la rassura. « Vous aviez l’air passionnée, et je n’aurais jamais à cœur d’interrompre une âme en extase. ». Puis la scène la rappela à l’ordre, les chandelles sur le devant de la scène s’allumant alors que celles du fond venaient d’être soufflées, libérant un doux parfum de cire qui ravissait ses narines. Elle s’éloigna légèrement, de peur de devenir à son tour envahissante. « Tâchons de nous faire discrètes le temps de la représentation. Il n’y a rien de pire que de se sentir ignoré alors que nous nous donnons devant un public. ». Ses yeux se dirigèrent vers les planches de bois, balayées par le rideau rouge, faisant apparaître l’actrice principale, rayonnante. Elles auraient bien le temps de discuter plus tard, pour l’heure la magie allait s’emparer de ces lieux, et l’histoire d’Odette faire couler des torrents de larmes.






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MessageMer 7 Fév - 13:35

La jeune femme, dont les oreilles si particulières lui donnèrent un indice flagrant sur son statut d'Ael, la conforta dans l'idée qu'elle avait bien fait d'utiliser le billet. Elle lui parla de Mystarcia, évoqua la beauté de la ville et les artistes qui y vivaient, avant de lui révéler en faire parti. Accompagnant son rire, la blanche s'exclama, sans toutefois hausser la voix :

- Je devrais vous demander de me faire visiter lors d'une de mes prochaines visites ! Je ne connais que les grandes artères de cette cité, et je suis certaine qu'elle regorge d'endroits qui mériteraient qu'on leur accorde bien plus d’intérêts !

Ailyn lui parla de Gaïa, ce nom qui lui évoquait vaguement quelque chose se précisa lorsque la jeune femme la décrivit comme une incroyable danseuse, et elle hocha donc la tête, intéressée. Lorsqu'elle lui parla de sa proximité avec la dame en question, et lui proposa d'obtenir une place, la jeune femme ajouta :

- Ce serait avec plaisir !

La femme à la chevelure immaculée posa sa main sur son épaule et Mayu réprima un frisson. Elle n'avait pas l'habitude qu'on la touche, mais elle se tint tranquille, ne voyant là qu'un geste sympathique qui n'avait rien d'une agression. Elle allait lui demander si elle-même était danseuse quand la lumière s'éteignit, attirant l'attention des spectateurs sur le fait que le ballet allait commencer. À la consigne d'Ailyn, la demoiselle ne put qu'approuver :

- Vous avez raison, ce serait irrespectueux d'ignorer une si belle démonstration de partage. Nous aurons tout le temps de continuer après la représentation.

Mayu accompagna sa tirade d'un sourire avant de se concentrer sur la scène. Elle avait déjà les yeux qui pétillaient comme ceux d'une enfant devant un présent. Le rideau s'ouvrit, et elle perdit pied, absorbée par les pas légers, la grâce et le chatoiement des costumes. Quelle belle histoire ! Les émotions véhiculées la frappaient en plein cœur tant elle était plongée dans l'idylle. La passion et le désespoir du personnage se reflétaient en elle comme s'ils étaient les siens. La mélodie trouvait un écho tout particulier au creux de son estomac, et une boule se forma dans sa gorge quand le prince faillit tuer Odette sous sa forme animale, représentée par un tutu blanc et deux ailes en plumes de kokettes.

Lorsque la pièce s'acheva et que les danseurs vinrent saluer, Mayu applaudit à tout rompre, emportée par la frénésie qui secouait la salle. C'était un franc succès ! Elle était encore dans un état secondaire, prisonnière de l'histoire, quand il fallut quitter la salle. Il y avait comme un poids sur ses épaules, une chape de plomb qui lui pesait. Les bras serrés autour de son buste, comme si le temps s'était réfraichit, le jeune homme qui leur demanda comment s'était passé la représentation dut demander deux fois avant d'obtenir une réaction. Mayu sursauta presque, puis son expression se modifia, comme si elle était en extase, et elle s'exclama, lui faisant presque peur par ce revirement :

- C'était merveilleux !

Avisant Ailyn, la blanche se tourna vers elle, prenant ses mains dans les siennes et lui retournant la question :

- N'est ce pas ?!

Puis, oubliant la présence du garçon, elle relâcha l'Ael, et chassa un reste de larmes dans ses yeux pâles, avant de reprendre :

- Pardon, je me laisse submerger, haha ! Et si nous allions boire un verre ? Je n'ai rien de prévu pour occuper cette belle fin de soirée.


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MessageMar 13 Mar - 14:03


Assise confortablement sur son fauteuil, Ailyn se laissa envahir par la beauté du spectacle. Ces derniers jours l’avaient considérablement secouée, et ces petites vacances à Ahriman lui permettaient de souffler un peu. Tout s’était enchaîné si rapidement, et le temps du deuil n’avait pas freiné ses activités pour autant. Elle gratta nerveusement le bout de son assise alors que le rideau s’ouvrait. Des mois qu’elle attendait cette représentation, et pourtant elle craignait de ne point parvenir à en profiter. Un soupir s’échappa de ses lèvres, discret et léger. Elle réfléchissait bien trop aux paroles de son interlocutrice, et cela lui jouerait des tours. Avalant sa salive, elle secoua la tête de gauche à droite, chassant ses songes mélancoliques. Elle aurait tout le temps de broyer du noir plus tard si elle le désirait.

L’histoire d’Odette, bien qu’elle la connaisse depuis de longues années, frappait son cœur avec une intensité palpable. A chaque fois, elle peinait à retenir ses larmes, les essuyant rapidement avec un mouchoir de peur qu’on ne la voit dans cet état. Bien sûr, il ne s’agissait point d’un torrent, mais Ailyn avait appris à ses dépends que montrer ses sentiments peut s’avérer dangereux. Elle ferma les yeux pendant quelques instants, profitant de la musique qui rythmait la pièce, de cet orchestre en fond que tous ignoraient malgré eux. Que d’heures de travail, que de tension dans l’air dans la peur d’effectuer la moindre fausse note. Puis un sourire étira ses traits à présent détendus. C’était pour ces moments qu’elle aimait sa vie d’artiste. Être constamment sous pression pouvait rendre fou, mais apportait également une dose d’adrénaline si puissante qu’elle en devenait presque indispensable.

La tragédie se termina sous un tonnerre d’applaudissements, que l’Ael prit plaisir à rejoindre, se levant même de son siège pour témoigner de sa gratitude. Le théâtre l’émoustillait bien plus que n’importe qui : tant d’émotions s’échangeaient sur scène, tant de masques revêtus, tant d’expressions que l’on faussait volontairement… Ce talent, cette comédie, tout lui redonnait espoir en ses propres pouvoirs. La magie encore dans l’air, elle adressa un signe de la main à Mayu, l’invitant à quitter les lieux et surtout à ne plus bloquer le passage aux autres invités. Elle s’amusait de la sentir si émerveillée, elle qui ne faisait que mettre un pas dans le domaine du spectacle. Aussi, elle ne put retenir un léger rire quand la belle rose ne sut contenir sa joie face à l’ouvreur qui recueillait les avis. A son tour, Ailyn surenchérit. « C’était une très belle pièce. Une belle exécution, un jeu d’acteur parfait, et cet orchestre !... ». Ses yeux se mirent à étinceler. La musique la transcendait, la transportait dans un autre univers. Elle se racla la gorge avant de poursuivre. « Tous mes compliments à l’équipe. Vous avez tous joué un rôle capital dans cette représentation, sans mauvais jeux de mots. ».

Et alors qu’elles sortaient du bâtiment, l’Ael le sentit arriver de très loin. Le spleen. Souvent, elle se sentait vide après avoir ressenti tant de choses en quelques heures, et tout lui paraissait infiniment fade. Mais Mayu n’avait pas l’air décidée à la laisser s’en aller sans réclamer son dû : après tout, il aurait été mentir de déclarer que ses plans pour la soirée s’étendaient plus loin que ce spectacle. « Je pensais exactement à la même chose. Je connais une taverne non loin où j’ai pu me délecter d’un cocktail il y a quelques jours. Suivez-moi. ». Ailyn aimait prendre les devants, tout simplement car cela lui donnait l’illusion d’avoir un contrôle sur la situation. Elle respira profondément. Ce n’était qu’un verre. Ce n’était qu’une rencontre. Elle devait apaiser ses tourments.

Pénétrant dans l’auberge, elle ne s’étonna point de la découvrir presque vide. Si tard dans la nuit, les hommes éméchés traînaient dans les rues ou se prélassaient dans un lit. Nulle bagarre à l’horizon ne pourrait entacher leur discussion qu’elle devinait à l’avance fort intéressante. Décalant légèrement son tabouret vers la droite pour lui permettre de plier ses jambes, elle commanda la même boisson que la dernière fois : un savant mélange de pêche et de fruits exotiques que l’on ne trouvait qu’en ces lieux. « Je trouve ça si dommage de voyager en restant cantonné à ses habitudes alimentaires. ». Ailyn réfléchissait à voix haute, et lorsqu’elle s’en rendit compte, ses joues se teintèrent d’un rouge vif. « Oh, excusez-moi. J’ai tendance à oublier le monde autour de moi, je suis d’une impolitesse incorrigible. ». Elle s’inclina doucement avant de reprendre là où elles s’étaient arrêtées.

« Je pense que je n’ai pas besoin de vous demander votre ressenti sur la pièce que nous venons de voir. Votre sourire en dit beaucoup plus que les mots ne pourraient le faire. ». L’Ael se sentit d’humeur espiègle, tout à coup. « Mayu, racontez-moi. Je suis curieuse. Que faites-vous dans la vie ? Vivez-vous à Ahriman ou êtes-vous de passage ? ». Face à sa soif de connaissance presque maladive, la jeune femme se sentit obligée de la rassurer. « Ne vous en faites pas, je ne me permettrais pas de vous faire un tel interrogatoire sans répondre à mes propres questions plus tard. Et n’hésitez pas à demander ce que vous voulez, il y a peu de sujets dont je refuse de débattre. ». Quand le tenancier apporta la note, elle déposa sa bourse sur le côté, gratifiant la demoiselle d’un sourire chaleureux. « Je vous invite. ».

HRP:
 





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MessageDim 18 Mar - 16:48

Tout comme elle, Ailyn ne tarissait pas d'éloges sur la magnifique représentation à laquelle elles avaient assisté. Elle accepta son offre de rafraîchissement et lui proposa même un endroit de sa connaissance, une taverne, où l'on servait apparemment de bons cocktails. La blanche lui emboîta le pas, la tête encore pleine de rêveries et de drames larmoyants. Elles marchèrent jusqu'au lieu-dit et entrèrent dans une pièce silencieuse. Il n'y avait que quelques personnes qui se délectaient en silence de leur boisson, s'en était presque étonnant. Les deux femmes s'installèrent directement au bar et Mayu commanda la spécialité de la taverne, un doux mélange fruité, légèrement acidulé. La demoiselle pouffa quand Ailyn laissa échapper une tirade sur la diversité culinaire accessible aux voyageurs, rebondissant sur son malaise :

- Allons, il n'y aucune raison d'en faire tout une histoire !

Elle lui offrit un sourire, reprenant une gorgée de sa boisson en écoutant ses questions sagement, réfléchissant déjà à la façon dont elle allait répondre. Quand l'Ael lui laissa la parole, elle déclara doucement, rêveuse :

- Je vis partout et nul part. Je possède un manoir près de Cirdania, mais la sédentarité ne m'a jamais attirée et j'y séjourne rarement. Je préfère de loin voyager, aller à la rencontre de tout ce que ces terres ont à offrir. Il faudrait au moins cinq cent ans devant soi pour en faire le tour !

Elle s'arrêta pour rire et reprit en réajustant la fermeture de son collier qui avait tourné :

- Je suis une aventurière, je viens en aide aux personnes que je rencontre. Je comprends bien que cela ne fasse pas office de métier, mais c'est là mon occupation.

La blanche observa le reflet des lampes au travers de son verre teint en bleu pâle, l'esprit ailleurs. Elle aurait pu dire qu'elle était soldate, qu'elle avait combattu, ou collectionneuse de livre, en recherches d'ouvrages rares, mais cela n'englobait qu'une maigre partie de ses capacités. Non. Elle était aventurière. Rien de plus, rien de moins. Secouant la tête, la jeune femme se tourna vers Ailyn, et lui retourna la question :

- Vous m'avez dit plus tôt que vous aidiez la danseuse Gaïa, je présume que vous travailler donc dans une agence. Quel poste occupez-vous, je suis curieuse ! Voyagez-vous souvent pour assister à des représentations ? Ce doit être agréable de pouvoir vivre pleinement dans le domaine qui fait battre notre cœur !


Une pensée maligne lui traversa l'esprit et elle laissa échapper, l'esprit embrumé :

- Dites-moi, qu'est ce qu'aimer selon vous ? J'ai toujours l'étrange sensation que sa définition est différente pour chacun.


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Le lac des cygnes [& Ailyn]
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