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 Gouttes de pluie et reflet éthéré. [& Willilou]

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MessageLun 22 Jan - 15:24


La blanche accéléra le pas, les mains profondément enfoncées dans ses poches. La pluie ruisselait sur sa cape de voyage détrempée depuis longtemps et son humeur s'associait parfaitement au temps, maussade. Cela faisait deux jours qu'elle avait quitté la caravane de marchands qu'elle avait suivi pour sortir d'Ahriman il y a plus d'une semaine. Elle avait négocié son trajet contre quelques anecdotes et de l'aide pour s'occuper des bêtes et des enfants des marchands itinérants. Prise d'empathie pour ces gamins souriants au cœur sur la main, elle s'était mise en tête de leur apprendre à compter jusqu'à dix. Le succès fut de la partie et elle hérita des remerciement des adultes pour cette leçon presque autant que des applaudissements des bambins lorsqu'elle montra comment jongler avec des pommes. C'est le cœur serré et avec la promesse de se revoir que la demoiselle les avait laissé pour poursuivre son propre voyage.

Un soupire de découragement lui échappa au souvenir de la chaleur du feu de camp et des histoires que les voyageurs avaient partagé avec elle. Quelque part, ce manque d'attache, de famille, lui pesait. Une violente bourrasque de vent faillit lui arracher sa besace et un coup d'œil supplémentaire au ciel zébré d'éclairs la convainquit de trouver un endroit pour s'abriter. Il restait une bonne dizaine de kilomètres avant de mettre un pied dans la capitale, mais ça n'aurait été que pure folie de décider de les faire par ce temps. Avancer contre le vent l'avait épuisée et ses vêtements alourdis par l'eau la ralentissait.

Apercevant une ferme, la blanche se hâta de s'en approcher en observant les alentours. Plusieurs bâtiments semblaient rattachés au corps de ferme, une grande construction de bois. Non loin, des Muffalooses s'étaient rassemblés sous un abri. Elle envia momentanément la chaleur qu'ils devaient partager puis se décida à frapper à la porte de la bâtisse. Elle espérait que son pitoyable état n'effrayerait pas les propriétaires et qu'ils accepteraient de la laisser se réchauffer quelques heures, le temps que l'orage passe, avant de repartir. Tâtant sa bourse au fond de sa besace, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas grand chose sur elle pour dédommager ces gens s'ils lui proposaient ne serait qu'un quignon de pain. Mayu n'était pas de ceux qui profite gratuitement sans se soucier des autres. Cette constatation la fit grimacer.

Attendant que quelqu'un réponde, la jeune femme resserra les pans de sa cape sur sa tunique écarlate que la pluie n'avait pas épargnée et repoussa ses cheveux, que l'humidité avait collé sur sa peau diaphane, dans sa capuche. La pierre sertie dans le pendentif laissait sur sa peau une morsure glacée, malgré cela, le réconfort qu'elle lui apportait rendait cela supportable, un mal nécessaire. On ne savait jamais vraiment avec qui on pouvait tomber nez-à-nez. C'est donc grelottante qu'elle hurla contre le vent, toquant derechef en espérant que cela suffirait à se faire entendre avec le capharnaüm que causait la tempête :

- Il y a quelqu'un ? Je cherche un endroit où m'abriter !


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MessageJeu 25 Jan - 12:05

Le retour de la Technopôle fut aussi long que l'allé, et plus désagréable encore. Depuis quelques jours le temps c'était gâté, et c'est sur une route pluvieuse au vent joueur que je retrouvais la ferme de mes parents.

Mes pensées étaient torturées, ma permission prendrait bientôt fin, j'avais encore quelque temps devant moi pour prendre une décision. Mais il me faudrait y réfléchir sérieusement. J'avais repoussé cette réflexion encore et encore, espérant ne plus réfléchir aux événements passés, ne plus me torturer l'esprit avec le secret de mon armée. Les femmes fécondatrices d'Hundra, l'armée de mages qui se constituait, les tortures que l'on me demanderait de faire contre l'obtention d'informations ...

Je secouais la tête pour éloigner toutes ses mauvaises pensées lorsque je toquais à la porte. Ma mère m'ouvrit, elle semblait beaucoup mieux que lorsque j'étais parti et cela me rassura. Son teint encore un peu blafard témoignait de la fatigue de ses derniers jours. J'embrassais son front avant qu'elle ne me pousse vers la cheminée :
- Tu es trempé jusqu'au os ! Donne moi tes vêtements tu vas attraper le mal !

Mes vêtements avaient détrempés de la porte d'entrée au feu de cheminé derrière la table à manger. Je retirais ma cape, laissant apparaître un petit animal tremblant. Je lui caressais la tête pour le rassurer et lui installais un petit coin dans l'angle de la cheminée. J'enlevais aussi mon haut, laissant mon torse sécher à la chaleur du feu. Je regardais la pièce principal avec mélancolie, la grande table de bois brute qui paraissait vide maintenant que mon frère et moi même avions quitter le cercle familial. Quelques ustensiles étaient accrochés aux murs, décorant la pièce de harnais de Muffalooses, de seaux à lait ...

Soudain un tambourinement à la porte me sortit de ma torpeur. Le félin sursauta, je n'eus le temps de réagir que ma mère ouvrit la porte proposant à la personne cherchant un abri de rentrer.

Je regardais autour de moi pour repérer un tissu qui aurait pu me couvrir. Ma sœur arriva à ce moment là, observant la scène d'un regard hilare. Il n'allait pas lui venir à l'idée de me trouver de quoi me fagoter, non elle préférait jubiler de mon malaise. Je soufflais avant de casser la glace directement avec notre invitée :
- Je vois que je ne suis pas le seul à m'être fait avoir par cette tempête ...

La silhouette semblait fine, le poids des vêtements trempés la rendait trapue. Ma mère nous invita à aller nous changer, m'indiquant de guider notre invitée vers un lieu plus propice à son changement.

- Suivez-moi, je vais vous laissez vous changer dans la salle d'eau.
Quant à moi je partais dans la chambre de mes parents pour récupérer quelques vêtements à mon père. J'entendis Maëlle toquer à la porte de la salle d'eau pour prêter de ses affaires à l'inconnue.

De retour dans la salle commune ma mère avait mis de l'eau à bouillir pour nous proposer une boisson chaude. Lorsque la jeune femme revint, je découvris un corps svelte baignant dans des tissus trop grands pour lui, une peau blanche sous une chevelure tout aussi immaculée. Des yeux bleus tranchèrent avec ce teint diaphane. Une âme éthérée ?
Ma mère proposa à la jeune femme de s'installer avec nous à table, j'en profitais pour engager la conversation :
- Quel temps ! D'où venez-vous comme ça ?


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MessageJeu 25 Jan - 17:32

Une dame d'âge mur vint lui ouvrir, étonné. À son air inquiet, la blanche lui devina une grande bienveillance et relâcha aussitôt sa garde avant d'entrer après y avoir été invitée. Dès qu'elle eut passé le seuil, la douce chaleur lui parvint de l'âtre et elle repéra rapidement les protagonistes présents. Un jeune homme qui avait, d'après ses dires, lui aussi prit la pluie, et une demoiselle, peut être plus jeune, qui semblait amusée de la situation. La blanche pouffa et répondit à l'homme torse-nu qui patientait devant le foyer :

- Les intempéries préviennent rarement !


Mayu se laissa ensuite guider vers une pièce, tout en profitant de cette escapade pour observer la maison. De nombreux meubles de bois, une demeure simple et chaleureuse, familiale et accueillante, tout ce qu'elle n'avait jamais connu. Incapable de résister devant la générosité de ces gens, elle laissa l'inconnue prendre ses vêtements trempés et lui donner des habits sec, quoique trop grands. Le pull de laine à col roulé, d'une douceur sans pareille, avait des manches si longues qu'elles engloutissaient ses mains, et la salopette lui faisait ressembler à ces clowns qu'elle avait vu dans les cirques itinérants. Au moins, cela restait confortable, et nul doute qu'elle devait avoir fière allure.

Après avoir refusé des chaussettes de laine, préférant sentir les lattes et le carrelage sous ses pieds nus, la blanche se sécha rapidement les cheveux avec une serviette en mousseline, pestant contre le fait que la teinture incarnate qu'elle utilisait habituellement pour masque sa véritable nature n'est pas résisté à toute cette eau. Elle décida de les laisser dénoués pour qu'ils puissent sécher rapidement, puis regagna la salle principale au centre de laquelle se dressait une grande table, à laquelle était assis le jeune homme qui la dévisageait.

Elle se sentit étrangère au milieu d'un cadre parfait. Gênée, elle attendit qu'on lui propose de s'asseoir, faillit refuser, mais craint de vexer ses hôtes et se plia finalement à la demande. Les chaises étaient faites de cadre en bois clair et de paille tressée, et de jolis coussins fins y étaient noués afin d'en parfaire le confort. La femme qui lui avait ouvert, probablement la mère des deux enfants, revint avec des tasses bouillantes ou infusait du thé. Les fragrances florales parvinrent à ses narines et la demoiselle en huma l'odeur avec délice avant de lui offrir un grand sourire. Elle se tourna ensuite vers le brun pour lui répondre, apaisée à mesure que la chaleur regagnait son corps :

- Je suis partie d'Ahriman il y a environs deux semaines. Je me rends à la capitale, Cirdania, pour y rencontrer un excellent tanneur que l'on m'a conseillé. Mes bottes sont tellement usées que je crains de passer à travers à chaque pas !

Elle tapota la hanse de la tasse du bout des doigts et se rappela que lors de son arrivée, le sol était déjà mouillé à l'entrée. Il avait dû arriver quelques minutes à peine avant qu'elle ne frappe à la porte, aussi lui retourna t'elle la question :

- Et vous ? Pardonnez mon indiscrétion, mais, d'où veniez vous ainsi ? Si je ne me trompe pas, vous portiez des vêtements de voyage et non de travail de ferme. Des affaires en cours ?

Mayu avait plongé son regard dans le sien, laissant les détails qu'elle avait repéré la guider. Se concentrer sur l'individu lui permettait d'oublier sa gêne quant à la situation. Mais quand la femme revint pour lui proposer du miel et des biscuits, la demoiselle ne put s'empêcher d'agiter la main, s'empourprant en refusant :

- Je ne peux pas accepter, vous m'accueillez chez vous alors que vous ne me connaissez même pas, et, en plus de me prêter des vêtements secs, vous m'offrez de quoi me restaurer. Je serais bien mal élevée d'accepter sans contre-partie. Permettez-moi au moins de vous dédommager pour le dérangement.

Elle plongea la main dans sa besace, qu'elle avait refusé de quitter malgré le fait qu'elle soit trempée, prête à attraper sa bourse.


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MessageJeu 25 Jan - 19:00

- Ahriman ? Une sacré trotte oui. Êtes vous passée par la mer intérieure ?
Quel mauvais souvenir que les jours passés en mer, loin d'avoir la fibre marine j'avais perdus quelques kilos à bord du navire.

La tasse entre les deux mains, je laissais la chaleur m'envahir, sirotant à petites gorgées le breuvage avant de répondre à la femme :
- Je reviens de la Technopôle où nous avons pu obtenir un contrat pour y vendre nos fromages.
Ma mère, qui n'était pas encore au courant, s'en réjouit. Je n'eus pas le temps de poursuivre que ma tendre maternelle partit récupérer de quoi nous sustenter.

S’ensuivit une plaidoirie de la blanchâtre qui se refuser toute autre attention à son égard en échange d'un dédommagement. Je la stoppais alors dans son élan, posant ma main sur son épaule tandis qu'une chaise nous séparait.
- Ne vous donnez pas cette peine croyez moi, nous n'accueillons pas des voyageurs en attente d'une contrepartie. Et dans la famille nous sommes plus butés que les ânes.

J'insistais d'un signe de tête tandis que notre mère déposait les biscuits, insistante :
- Mangez, ce froid a dû vous vider de vos forces.
Je souris à la jeune femme d'un air entendu *Vous voyez !*

Je me levais pour récupérer un papier dans mes affaires qui séchaient non loin de celles de l'inconnue près du feu. Au passage je caressais mon nouveau familier qui se mit à ronronner de plaisir.
- Au fait, bienvenue dans la famille Galier, je suis William, voici Eylène notre mère et Maëlle ma jeune sœur. Comment vous prénommez-vous ?

Je me rassis à table, prenant soin de laisser un espace vital à notre invitée. Je tendis le papier à ma mère qui le parcourus avec enthousiasme avant de me caresser les cheveux. Réflexe d'une maman envers son enfant, bien que celui-ci ait la trentaine passée.

Je partis un instant récupérer du fromage et une miche de pain que j'offrais également à la jeune femme :
- Ceci est ce pour quoi ma mère ce réjouit. Goûtez le si vous en avez envie.
Maëlle ne se fit pas prier quant à elle. Je repris à l'intention de ma mère, le regard désapprobateur envers ma jeune sœur :
- Les fromages se sont très bien vendus dans la taverne de Mr Storpe, vous allez pouvoir en faire parvenir à la Technopôle. Voici le contrat signé par sa main. Depuis le temps que tu t'acharnes à faire de ce lait une parfaite fermentation, tes efforts sont récompensés !

Je coupais un morceau de fromage que je posais sur une petite tranche de pain, j'y rajoutais une cuillère de miel avant d'en prendre une bonne bouchée.
- Père est à Cirdania j'imagine ? demandais-je après avoir déglutis ma bouchée.
- Oui il est allé amener les peaux de Muffalooses à la fabrique, il a dû rester sur place suite aux intempéries.
J'acquiesçais avant de m'adresser à notre convive :
- Comme vous l'aurez deviné je reviens d'un petit périple aussi, avez-vous déjà mis les pieds à la Technopôle ? C'est une drôle de ville.
Je racontais ensuite quelques anecdotes, principalement sur le bateau, et comment j'avais ramené le petit animal qui dormait à présent au coin du feu.

La chaleur de l'âtre avait gagné nos cœurs, une ambiance légère et gaie régnait, ma sœur toujours aussi lutine intervint lorsque ma mère débarrassait les tasses vides.
- Vous resterez pour la nuit ? Le temps ne semble pas se calmer.
Ma mère approuva derechef :
- Hors de question qu'on vous laisse repartir sous cette intempérie, surtout avec des bottes si peu étanche, dit-elle dans un clin d’œil à la femme. Ce soir ce sera une soupe de panais. J'espère que vous aimez cela ?

- Par contre ... commença à minauder Maëlle. Je reconnaissais cette petite voix espiègle, elle avait une idée en tête et je craignais le pire.
- Il n'y a que trois chambre de disponibles, et la mienne n'en ai pas vraiment une tellement elle est petite ... Ses yeux se plissèrent dans une lueur railleuse à mon attention.
Ma mère s'en inquiéta aussitôt :
- C'est vrai, avec l'activité qui a augmenté nous avons dû investir la chambre de Samuel. Elle est totalement inaccessible. Peut-être peut-on mettre une couche dans la tienne pour ...
Je me levais et pris le bras de ma mère.
- Ne t'inquiète pas, nous trouverons une solution.
Maëlle insista :
- La tienne est bien assez grande pour y rajouter un duvet Will. Un large sourire se fendit sur son visage.

Depuis la perte d'Ema je n'avais jamais ne serais-ce que songer à partager ma couche avec une autre. Evidemment la situation actuelle était tout autre, mais je reconnaissais dans le regard de ma sœur un défi de laisser le passé derrière moi et de faire de nouvelles rencontres. Ma famille savait à quelle point la mort de mon ex femme m'avait profondément anéanti. Quant à moi, je craignais surtout que la jeune femme ne veuille partager une nuit avec un inconnu, un homme de plus est, bien qu'elle pouvait ne rien craindre de moi, mais ça, elle ne pouvait le savoir sans me connaître.

- Ne vous inquiétez pas vous dormirez en paix, je m'installerais ici pour la nuit. Une simple couverture me suffit à me faire un lit. Je dardais ma sœur du regard. Il est vrai que j'avais connu situation bien plus inconfortable avec l'armée, mais l'idée d'un bon lit après un périple en mer m'avait séduit. Ce ne serait que partie remise.


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MessageVen 26 Jan - 1:00

Quand le brun lui demanda si elle avait choisi la voie navale, Mayu secoua négativement la tête. Non pas qu'elle craigne de naviguer, elle l'avait déjà fait par le passé, mais avoir de l'eau à perte de vue était bien moins divertissant que traverser des paysages divers et croiser toutes ces merveilles de la faune et de la flore. Tout comme elle, le jeune homme semblait avoir repris des couleurs. Le thé et la chaleur faisaient leur office et bien vite tout malaise disparu. Elle l'avait écouté parler de leurs fromages, avait observé le visage de la mère de famille s'illuminer à l'annonce de la nouvelle selon laquelle l'accord pour lequel son fils s'était déplacé avait été signé, avait fini par se laisser gagner par la bonne humeur ambiante.

Alors c'était cela, une affaire familiale ? Un étrange agencement d'idées et de volonté, où chacun mettait la main à la patte pour developper le commerce et la renommée de l'entreprise ? La demoiselle regardait toute cette énergie, accrochée à sa tasse comme à une bouée qui la maintenait consciente de sa propre place dans tout ceci. Inconnue. Étrangère. Les paroles de February lui revinrent en tête, maudite sorcière. Elle avait toutefois raison. Elle n'était qu'une âme sans attache. Une arme sans maître. Un être sans place dans ce monde. Elle avait déjà vécue trop longtemps et s'acharnait à continuer à rechercher une nouvelle vie, en vain.

Lorsque l'homme l'interrompit, Mayu se redressa, la main encore enfouie dans sa besace tandis que celle de l’inconnu se posait sur son épaule. La blanche se fit la réflexion étrange qu'elle recouvrait presque entièrement cette dernière. Ses mains à elle étaient petites, son premier maître lui en avait maintes fois fait la remarque lorsqu'elle apprenait à manier l'épée. Il la dissuada d'essayer de leur payer quoi que ce soit, et c'est décontenancée que la jeune femme accepta les gâteaux que lui tendait la doyenne. Mayu ne savait vraiment pas où se mettre. Peut-être que cela avait été une erreur d'accepter d'entrer ? Elle n'était plus habituée à tant de convivialité. Tous ses voyages silencieux avaient fait d'elle une solitaire.

Reposant ses fines mains autour de sa tasse, à présent presque vide, la blanche continua de regarder la vie qui habitait cette maison. Elle hocha la tête quand William, puisqu'elle connaissait à présent son prénom, lui présenta les membres de la famille présent, puis hésita lorsqu'il lui demanda son nom. Osant un sourire timide, la demoiselle finit par répondre :

- Vous pouvez me tutoyer, je suis sûrement plus jeune que vous. Appelez-moi Mayu.

Ce n'était qu'un demi-mensonge, une mauvaisa habitude à laquelle elle ne prêtait plus attention. Elle observa avec tendresse le bonheur d'Eylène lorsqu'elle ébouriffa les cheveux de son fils. L'amour d'une mère, encore une chose qu'elle n'avait pas connu, bien qu'elle ne puisse pas se plaindre de la vie qu'elle avait mené au manoir. Du peu de souvenir flou qui lui restait de son premier maître, Mayu gardait une image paisible, le silence continu et l'odeur du papier des vieux ouvrages. Toutes les armes ne recevaient pas autant d'attention. William parti un instant et reparu avec du pain et du fromage, sans doute celui qu'il souhaitait commercer. La demoiselle en eu la confirmation lorsqu'il lui proposa d'y goûter.

Ne voulant pas froisser les maîtres de maison, bien qu'elle ne soit pas grande amatrice de fromage, Mayu un coupa une petite tranche avant de l'approcher de son visage. Elle en huma d'abord l'odeur, puis le porta à ses lèvres avant d'en croquer un bout. Convaincue, elle termina sa part sans oser se resservir contrairement à la cadette de la famille Galier qui semblait fortement apprécier ce dernier. À demi-voix, comme par peur de se faire remarquer, elle complimenta le travail familial, accompagnant sa remarque d'un sourire désormais moins hésitant :

- Il est excellent, nul doute qu'il plaira peu importe l'endroit où vous le vendrez. Vous devriez essayer Mystarcia, cela m’étonnerait qu'il ne trouve pas sa place sur le marché ouvert. De nombreux voyageurs pourraient ainsi y goûter, peut être même que des vendeurs vous feraient commande pour le présenter chez eux. Enfin... Je m'avance peut-être, je n'y connais pas grand chose en échanges commerciaux.

Elle passa les minutes suivantes à écouter la mère et le fils discuter du succès de leur fromage à la technopole, puis du père, coincé à la capitale par le mauvais temps, quand la conversation revint à elle, la blanche répondit poliment :

- J'y étais il y a peu, pour rencontrer une connaissance qui n'était malheureusement pas présente lors de ma venue. Je vous mentirais en disant que j'apprécie cet endroit. Je le trouve bien trop étouffant.

Les anecdotes continuèrent autour de la mégalopole, de ses quartiers et habitants, qu'ils soient appréciés ou non. Le temps passa si vite que la blanche ne se rendit pas compte que la nuit était tombée. Lorsque la cadette lui proposa de dormir sur place, Eylène insistant pour qu'elle reste, une longue discussion s'ensuivit sur la place où elle devait s'installer. Lorsque William en vint à proposer sa chambre pour la lui laisser, la demoiselle s'exclama :

- Je ne vais tout de même pas vous chasser de votre couche ! Après un aussi long voyage vous devez avoir besoin d'une bonne nuit de sommeil. Un futon, cela me conviendra amplement, je ne veux pas vous déranger.

Se tournant vers le brun, bien que ce soit un peu gênant, elle se passa la main dans ses cheveux en ajoutant :

- Cela ne me dérange pas que nous partagions la même pièce, je ne pense pas que je doive me méfier de vous. Vous me semblez quelqu'un de correct, si tel n'était pas le cas, il se trouve que j'ai le sommeil extrêmement léger, faute aux nuits passé à la belle étoile.


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MessageSam 27 Jan - 22:15

- C'est réglé alors, conclus-je en remerciant d'un sourire la jeune femme.

- Par contre Mayu, si je te tutoie cela doit-être réciproque. J'ai l'impression d'être un vieux croûton sinon.
- Vu ta tête je suis prête à te vouvoyer moi aussi ! Ricana Maëlle.
Je lui envoyais un petit morceau de biscuit dans la tête avant de partir dans un rire communicatif. Qu'il était bon de retrouver sa famille ...

Mon regard se tourna alors vers les souvenirs de nos chamailleries, je revoyais Samuel courir après notre chipie de sœur autour de cette table, lui sommant de lui rendre je ne savais quel objet encore qu'elle lui avait chaparder. Les râles de mon frère, les rires de ma sœur, je souris avant de revenir au présent. Maëlle avait capté mon absence et en profita pour me balancer du fromage qui se colla sur mon front. J'expirais dans une longue désapprobation avant d'enlever l'aliment et de le manger.
- Okay c'est ma faute j'ai commencé. Elle haussa les sourcils d'un évident "Effectivement".

Ma mère quant à elle s'afférait à débarrasser la table :
- Maëlle soit mignonne avec ton frère, sermonna-t-elle en partant.
A mon tour de la narguer d'un haussement de sourcils ostentatoire.

Je tournais la tête vers Mayu le sourire toujours aux lèvres :
- Tu dois nous prendre pour des malappris.

J'entendis un plat tomber, je me levais et rejoignis la petite cuisine où ma mère blanche ramassais les morceaux de bris la main tremblante. J'entendis Maëlle retenir notre invitée, lui assurant de ne pas s'inquiéter. Je posais mes mains sur les épaules de ma mère, fermant les yeux je laissais mon don l'apaiser, une douleur naquit le long de ma colonne vertébrale.
- Il faut que tu te repose mère, lui soufflai-je.
- Ce soir Will, ce soir.

Elle posa sa main sur la mienne avant de se relever. Je l'incitais à s'asseoir quelques minutes tandis que je finissais de ramasser le plat brisé.
- Maëlle t'aidera pour le repas, et non, tu n'as pas ton mot à dire. Je me retournais pour lui faire les grands yeux. Cela la fit sourire.

Je fus étonné encore une fois de voir ses rides creusées, sa peau avait perdue en pigment, ses yeux, toujours plein de douceur, tombaient légèrement. Ces années à la Garde m'avaient éloigné du temps qui passe, et qui avait rattraper ma mère depuis qu'elle était malade.

Je déposais un baiser sur son front avant de retourner dans la pièce principale.
- Mère aura besoin de toi aux fourneaux Maëlle, tu tacheras de ne pas nous empoisonner.
Elle me tira la langue en partant, je ris.

M'adressa à la jeune femme pâle je rebondissais sur une information dite bien plus tôt :
- Demain je dois également me rendre à Cirdania, si cela te dit que nous fassions la route ensemble ? Je n'avais malheureusement aucun moyen de transport à lui proposer, mon père avait dû partir avec la charrette.

Il était temps pour moi de faire part de ma décision à ma hiérarchie, mais avant, je voulais parler au premier Lieutenant Sheperd. J'espérais la revoir avant qu'elle ne retourne en mission si ce n'était déjà le cas.

Je questionnais Mayu en attendant que le dîner ne soit servi :
- As-tu déjà été dans la capitale ? Si tu as besoin d'être logée j'ai quelques bonnes adresses à te donner. Tu pourrais même avoir des prix si tu dis que tu viens de ma part. Non que le fromage Galier était réputé à ce point, mais plutôt que mon nom avait gagné un peu de notoriété suite à quelques missions.

- Puis-je te poser une question si ce n'est trop indiscret ? Je laissais quelques secondes s'écoulaient avant de poursuivre. Il est rare de rencontrer des personnes avec cette non pigmentation, hormis dans les légendes d'Ezylone ... Je sentais le malaise monter, j'enchaînais. Et je me suis toujours posé une question ... Tu arrives à bronzer au soleil ? La commissure de ma lèvre s'étira, mes yeux pétillèrent, je me retins de rire.

S'ensuivit un repas animé où je charriais ma sœur avec Ethan, le mignon employé qui aidait mes parents avec les Muffalooses.


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MessageLun 29 Jan - 10:52

William insista pour qu'elle le tutoie aussi, et, après avoir pouffé à la pique de sa cadette, bien que cela la mette mal à l'aise, elle hocha la tête pour accepter sa requête. Un morceau de fromage s'écrasa sur le front de l'homme à Mayu dû se retenir de ne pas exploser de rire devant leurs attaques mesquines. Il s'excusa alors et le calme revint alors qu'Eylène demandait à sa fille d'être gentille. La blanche observait tout cela avec amusement, incapable de participer. Et lorsque le brun revint sur leur attitude, elle s'empressa de répondre :

- Pas du tout, voyons !

La demoiselle allait continuer quand le fracas d'un morceau de vaisselle qui se brise attira son attention vers ce qu'elle avait identifié comme la cuisine. William alla immédiatement voir ce qu'il en était tandis que la plus jeune de la fratrie lui indiquait de rester à sa place d'un geste apaisant. Les sourcils froncés, Mayu était incapable de cacher son inquiétude. Elle prit son mal en patience, chassant cette impression de déranger à grand renfort de volonté. Il fut convenu que Maëlle aiderait la doyenne à préparer le repas, et, encore une fois, la blanche se sentit parasite plus qu'invitée. Ce n'est que lorsque William s'adressa à nouveau à elle que la demoiselle se recentra sur la discussion.

- Oui, bien sûr, pourquoi pas. En espérant que le temps ce calme nous auront peut être le temps de chasser en cours de route, ainsi vous pourrait ramener une pièce de gibier.


Puis, lorsqu'il la questionna sur sa connaissance de la capitale, la blanche répliqua aussitôt, le rassurant :

- J'ai déjà eu de nombreuses occasions de m'y rendre, et, bien que je n'en connaisse pas chaque rue, je saurais aisément m'y repérer. J'ai également une amie tenant une auberge que tu connais peut-être, la corne d'or. J'y séjourne à chacune de mes visites, Célia en a hérité il y a peu et le succès lui sourit. Il faut dire que son ragoût de muffaloose a obtenu une bonne renommée depuis qu'elle y a ajouté son ingrédient secret !

Soudain, la conversation prit un tournant inattendu. La demoiselle sentit ses muscles se crisper, faisant de son mieux pour garder un air neutre. La question tomba, bien différente de ce à quoi elle s'était attendue, et elle du retenir un soupir de soulagement, se contentant de répondre en souriant malicieusement :

- J'ai hérité du don d'esquiver les rayons du soleil, malheureusement.


Ils dînèrent en enchaînant des sujets divers et variés, puis, quand le repas prit fin, et que la jeune femme vit qu'Eylène s'apprêtait à débarrasser, elle se leva rapidement et posa les mains sur ses épaules avec douceur en argumentant :

- Je vais m'occuper de débarrasser et de laver tout cela. Je ne vous permets pas de refuser.


Bien qu'elle lise l'hésitation dans le regard fatigué de la femme, elle ne la laissa pas refuser. Empilant les assiettes et les couverts, elle les emmena dans la cuisine où elle trouva un évier en pierre creusée composé de deux bacs où séchait une grande lavette. Elle posa la vaisselle dans le premier et effectua un deuxième voyage pour récupérer les plats, puis un troisième pour les verres qu'elle prit soin de poser sur le côté sans les ébrécher. C'est honteuse qu'elle se rendit compte qu'elle n'avait jamais fait cela en deux cents ans d'existence. Ce n'était toutefois pas compliqué. Mayu remonta les manches du pull, désireuse de ne pas l'abîmer, et se mit à la tâche. Lorsqu'elle eu fini elle retourna dans la pièce à vivre et, les mains croisées dans le dos, demanda après avoir hésité, ne voulant pas contrarier ses hôtes :

- Avez-vous besoin d'aide avec votre exploitation ?


Osant enfin affronter le regard d'Eylène, elle précisa son intention :

- J'ai rencontré de jeunes garçons durant mon voyage, courtois et volontaire, qui serait ravie de travailler contre de menu revenu. Cela vous permettrait de déléguer un peu et de vous reposer. Ne prenez pas mal ce que je vais dire, mais, il faut savoir prendre du repos quand il se fait demander et je ne saurais trop vous conseiller de ne pas le faire attendre trop longtemps.

La blanche était à présent persuadée que c'était malvenu d'avoir abordé ce sujet ainsi. Mais il n'était plus temps de revenir en arrière. Un bref regard vers la porte la fit soupirer intérieurement. Elle pourrait toujours se dégoter un abri de chasseur dans les forêts avoisinantes.


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MessageMar 6 Fév - 10:16

Le dîner se déroula dans une convivialité exemplaire, les sujets de conversations s'enchaînaient dans une douce ritournelle. Mayu ne laissa pas le choix à ma mère de débarrasser la table, ma sœur et moi y m'étions notre grain de sel, acquiesçant devant le repos imposé par notre invitée.

Tandis que Maëlle nettoyait la table à manger, je pris un torchon pour essuyer la vaisselle au fur et à mesure que la jeune femme la lavait. Je l'observais du coin de l’œil, l'eau s'écoulant sur sa peau blanche, presque délavée. Ses gestes avaient été hésitant au début, avant de prendre une assurance et d'enchaîner les assiettes. Je doutais de sa possible condition d'âme éthérée, après tout ces êtres étaient des armes, pouvaient-ils être empathiques comme le semblait être Mayu ?

Je détournais le regard lorsque ma sœur arriva pour déposer le chiffon qu'elle tenait, nous nous retrouvâmes tous dans la pièce à vivre où notre invitée proposa de l'aide à ma mère. Cette dernière sourit devant la générosité de la jeune femme :
- Ne vous inquiétez pas, nous avons déjà l'aide d'un jeune homme.
Maëlle se mit à gigoter à ce moment là, ce qui me fit sourire.
- Notre production n'est pas assez développée pour faire appel à d'autres personnels mais je vous remercie pour votre attention, ne vous inquiétez pas, les enfants m'aident beaucoup.

Une pointe de culpabilité naquit au creux de mon ventre, seule Maëlle était restée à la ferme pour aider nos parents. Elle n'avait pas vraiment eu le choix et ne s'en était jamais plainte.

- Allons préparer la chambre, suis moi Mayu.

Je pris l'escalier derrière la cuisine qui nous mena à l'étage. Sur le mur quelques photos de famille que nous avions eu le luxe de faire grâce aux technologies de la Technopôle. On y voyait des photos de nos trognes étant gosses, puis adolescent et adulte. Mon frère en tenu de prêtre, moi à ses côtés en tenue de Lieutenant. Maêlle en salopette.
Arrivés à l'étage, trois portes fermées cachaient la literie de nos enfances. Ici rien avait changé. A gauche la plus grande des pièces à coucher, celle de mon frère, encombrée. La première sur la droite, celle de ma sœur, petite mais douillette. Et au fond, la mienne. J'y pénétrais invitant la jeune femme à me suivre, une vague de nostalgie m'envahit à nouveau. On y trouvait un lit, reclus dans le coin de la pièce. Je m'attelais à y changer les draps, tendant à Mayu les tissus pour qu'elle m'aide recouvrir le matelas.

Dans l'autre coin un petit bureau où quelques parchemins étaient empilés sous un encrier vide et une plume de kokette qui me permettait, à l'époque, d'écrire des fiches sur différents remèdes naturels. Le bureau était surmonté des deux étagères emplies de livres, la première traitant de la médecine que j'étudiais au temple de Sakura, la seconde de l'histoire d'Ezylone, de sa géographie, des différentes politiques ... Tout ce que j'avais étudié à l'armée. Y trônait également une médaille que j'avais obtenu suite à une mission. Une médaille que tous les officiers de Sahl devaient avoir, rien de réellement gratifiant.

J'expirais longuement avant de me retourner vers la pâle demoiselle
- Je vais chercher le matelas de mon frère, as-tu besoin de change pour la nuit ?

Allant chercher le nécessaire je finissais par la chambre de mon frère qui était un véritable débarras. J'étais obligé de pousser du bout des pieds ce qui se trouvait au sol pour me frayer un chemin. Il y avait même des ustensiles sur le lit que je dû caler si et là pour libérer le matelas. Je faillis tomber à plusieurs reprise en sortant la couche de la chambre avant de la transvaser dans la mienne. Il n'y avait pas vraiment de place pour le déposer comme bon me semblait, j'étais obligé de coller le matelas au lit.
- Tu feras attention à ne pas me marcher dessus si tu sors du lit, dis-je à la belle avec un clin d’œil. Et avant qu'elle ne proteste je lui imposais le lit comme couchage. Le matelas au sol serait bien assez confortable pour moi.

- Je te laisse te changer, si tu as besoin de faire un brin de toilette,
tu sais où se trouve la salle d'eau, au rez-de-chaussé.


Avant de redescendre j'attrapais ma trousse de soin et partis à la cuisine pour faire bouillir de l'eau. Le sifflement de la théière me fit sortir de mes pensées mélancoliques, je versais l'eau dans un bol et y mélangea différentes plantes que je laissais infuser. J'y rajoutais un jus de kaki pour donner un bon goût avant de toquer à la porte de la chambre conjugale. Ma sœur m'ouvrit et me laissa avec ma mère, déjà allongée et faible.

Je posais ma main chaude sur son front, dans une caresse apaisante.
- Depuis quand cela à empirer ?
Elle me sourit sans répondre. Mon cœur se serra.
- Tiens je t'ai préparer une infusion, elle devrait t'aider à reprendre des forces.
Je l'aidais à se mettre en position assise, et la maigreur de ses bras m'interpella. Sous sa chemise de nuit, ses os saillaient. Un pincement m'enserra la poitrine, je me râclais la gorge avant de poser ma main sur son épaule.
- Je vais te soulager de tes douleurs mère, laisse toi faire je te prie, priai-je dans un souffle.
Elle me caressa la joue avant de fermer les yeux tout en buvant sa décoction.

Mes paupières s'abaissèrent à leur tour et je laissais mon don apaiser les maux de ma mère. Mes muscles se contractèrent sous la douleur lancinante qui s'infiltrait en moi, je restais un long moment ainsi, perdant la notion du temps. Ma mère avait posé le bol sans que je ne m'en aperçoive et c'était endormie, son souffle apaisé inaudible.

Je fis un tour dans la salle d'eau me rafraîchir et me changer, gardant un pantalon ample pour dormir. Je caressais mon nouveau familier avant de remonter dans la chambre, toquant avant d'y pénétrer.
- J'espère que je ne te réveille pas, chuchotais-je à Mayu.

Je m'installais dans mon lit de fortune, la pluie battant les carreaux de la fenêtre. Le temps ne s'améliorait pas avec la venue de la Lune. Le sommeil me tiraillait, j'étais pourtant bien incapable de m'endormir. Me tournant plusieurs fois je finis par demander simplement à la belle :
- Pourquoi voyages-tu autant ?

J'aurais aimé lui demandé ses origines, qui était-elle, qu'était-elle ... Une âme éthérée ? Pouvait-elle ressentir des sentiments ? Émotions ? Sa peau était-elle aussi douce que celle d'humain ? Comment son corps avait-il été créé ?
Je tus ces questions pour écouter sa réponse.


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MessageMer 7 Fév - 8:38

Eylène déclina son offre poliment, la rassurant, et la blanche demeura muette, n'osant insister. Elle sentait la faiblesse de cette femme derrière sa force de caractère. Qui oserait le lui reprocher ? Cela lui rappela des souvenirs désagréable. Un sourire fatigué, l'image tellement déformée qu'elle pouvait à peine distinguer le visage de son interlocuteur. Il lui avait dit que rien n'était éternel. Sauvée par l'intervention de William, Mayu hocha docilement la tête et lui emboîta le pas. En montant les marches, la demoiselle observa avec attention les photos. Comme c'était étrange de regarder une personne grandir en quelques images dérisoires !

Elle fut interpellée par l'uniforme que portait le jeune homme sur la dernière photo. C'était celui des forces armées de Cirdania, elle avait déjà eu l'occasion de le voir, en ayant même suivi l'évolution au fil des combats. Tout cela remontait à si longtemps, elle caressa son poignet, cherchant les marques inexistantes de cicatrices due à une lame qui l'avait traversé en deux points à cet endroit. C'est pour cela qu'elle se souvenait si nettement du blason, elle l'avait vu de très près.

Perdue dans ses pensées, la jeune femme aida le brun à faire le lit mécaniquement. Au moins, cela, elle l'avait déjà fait. La blanche avisa les livres sur l'étagère, intriguée. La moitié relatait de remèdes à base de simples, la curiosité la piqua, mais elle n'osa pas le questionner. Lorsque lui-même lui demanda si elle souhaitait un vêtement plus adapté, Mayu secoua la tête négativement, elle ne pouvait en accepter plus. Elle le laissa quitter la pièce, et se pencha sur les ouvrages, passant le bout de son index sur les reliures de cuir, suivant le relief des titres en essayant de savoir si elle les avait déjà parcouru par le passé.

Lorsque William revint avec le matelas, elle se poussa vivement, puis voulu protester quand elle comprit qu'il lui laissait sa couche, mais comprit qu'elle ne serait pas entendue et abandonna l'idée. Soupirant, elle attendit qu'il parte et se dévêtit, ne conservant que ses sous-vêtements. Comme il mettait du temps à revenir, la jeune femme se plongea dans un des livres trouvé sur le support et l'ouvrit à une page au hasard pour en lire le contenu. Craignant que sa semi-nudité ne dérange l'homme, elle s'enveloppa tout de même dans le drap qu'elle huma, reconnaissant une odeur florale discrète et agréable, apaisante.

Le lit étant collé à la fenêtre, elle finit par s'asseoir, posant son épaule contre la vitre glacée et perdit son regard dans la tempête qu'elle ne pouvait pas réellement distinguer dans l'obscurité. Lorsqu'il regagna la pièce, apposant un coup léger sur la porte pour la prévenir de son entrée, Mayu avait les yeux clos, plongée dans ses pensées, comme à sa grande habitude. Elle posa son regard pâle sur lui, admirant son buste, probablement musclé par le travail et les combats, ou peut être simplement par un entretien régulier, tout était imaginable quand on ne savait pas. Un sourire prit place sur ses lèvres, ne gagnant pas ses yeux, et elle répondit en chuchotant à son tour, désireuse de respecter le sommeil des autres habitant de la demeure :

- Non, du tout.

Comme il se positionnait pour dormir, la demoiselle en fit autant, se plaçant sur le dos, le regard fixé sur le plafond, observant le changement de luminosité à chaque fois que la foudre s'abattait non loin. Elle sentit qu'elle ne pourrait pas s'endormir et fut presque soulagée lorsque William rompit le silence. Amusée, elle lui répondit à voix basse :

- Dans d'autres circonstances, j'aurais sans doute répondu que je souhaite simplement rencontrer de nombreuses personnes, découvrir tout ce que cette terre a à offrir. Mais la vérité, c'est que je n'ai nul part ou rentrer...

Elle se tue un instant, elle ne voulait pas qu'on la plaigne. Elle avait déjà tant vécu après tout ! Comment se lamenter alors qu'on lui avait tant donné. Mayu acheva sa phrase, souriant tristement dans la pénombre :

- Il n'y a personne qui m'attend.

Elle se tourna vers le vide, cherchant son regard, et sa chevelure détachée glissa le long de son épaule pour suivre le bord du lit, s'arrêtant à quelques centimètres du matelas. Elle se permit alors de poser une question, se remémorant la photo, l'uniforme :

- Pourquoi être entré dans l'armée ?

Un souvenir revint à la blanche et elle murmura, plus pour elle-même que dans le réel but d'être entendue :

- Existe-t-il seulement encore une cause que la corruption n'ai pas engloutie et qui mérite d'être défendue au prix de tant de sacrifices ?


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MessageMer 7 Fév - 10:10

Il n'y a personne qui m'attend ...
Je me retournais une nouvelle fois, m'installant sur le côté les yeux fixant la silhouette de la jeune femme surélevée. Elle se pencha sur moi, je sentis ses cheveux effleurer mon bras. Mes doigts passèrent discrètement sur leurs pointes faisant écho à un lointain souvenir.

Lorsqu'elle me demanda une explication sur la raison de mon engagement dans l'armée, je soupirais. Que répondre à part "on m'a recruté". Elle murmura alors quelques mots qui auraient pu être inaudible, mais dans le silence de la maison familiale je compris chacun d'eux. Je me soulevais brutalement, appuyé sur mes bras mon visage à quelques centimètres du sien. Réalisant notre proximité je m'écartais un peu avant de lui demander d'une voix rauque
- Qu'entends-tu par là ? De quelle corruption parles-tu ?
Mon souffle se fit court et rapide, les souvenirs d'Hundra remontèrent aussi violemment que l'assaut que nous y avions mené. Le tonnerre éclata, se traduisant par une bombe qui explosait dans mon esprit. Les corps calcinés apparaissaient à chacun des flashs des éclairs qui foudroyaient le ciel.

Quelques secondes de panique me prirent, j'étais perdu sur les terres d'Hundra, les cors des enfants s'empilaient autour de moi les bombes continuaient à exploser, je ...
- Non ! Je me pris la tête entre les mains, une larme s'échappa du coin de l'oeil, je m'appuyais sur le bureau.

- Je suis désolé, dis-je à Mayu. Elle devait me prendre pour un fou.

Une sueur froide perlait sur mon front, mes esprits à moitié revenus je lui avouais mes incertitudes :
- Je ne sais plus quoi faire, comment est-ce que je pourrais y retourner ? Comment est-ce que je peux les laisser continuer ? Que je parte ou que je reste ça va continuer ... Je ne sais pas à qui m'adresser ...

Je n'arrivais pas à revenir totalement dans la réalité de la chambre, dans une supplique j'avais besoin que l'on me ramène, j'incitais la jeune femme à me parler, tellement désolé de ce à quoi elle assistait.
- Je comprendrais si tu veux rester seule, l'armée m'a marqué ... La corruption dont tu parles ... Je ... Je soufflais. Quelle est ton histoire ?


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Gouttes de pluie et reflet éthéré. [& Willilou]
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