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 Gouttes de pluie et reflet éthéré. [& Willilou]

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Tueuse de siless
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MessageMer 7 Fév - 11:21

Le froissement de drap et l'éclair suivant lui apprirent qu'il s'était tourné vers elle à son tour. Il avait l'air intrigué par ce qu'elle venait de dire, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il réagisse ainsi. Son visage se trouvait si près du sien désormais qu'elle sentait sur sa peau les effluves d'une concoction de plantes médicinales. Elle n'avait pas réalisé que si peu d'espace les séparait. Immobile, les yeux écarquillés, elle observa son regard fiévreux, ses traits auparavant rieurs et curieux se tordre. Que se passait-il actuellement dans son esprit ? Sa question la crispa. Il y en avait tant, laquelle des corruptions connues devait-elle exposer en premier ?

La demoiselle était restée immobile, ne reculant pas devant son rapprochement soudain. Elle reconnaissait dans son attitude quelque chose qu'elle avait déjà vu. Cette lueur, la folie qui animait son regard, la blanche l'avait déjà côtoyée. Derrière le marron de ses yeux défilaient des images, réelles ou non, celle-ci occultaient tout le reste. Mayu tendit la main sans avoir le temps de l'atteindre. William s'était levé, allant jusqu'au bureau dont elle craint un instant qu'il en brise le plateau. Des mots lui parvenaient par intermittences, des excuses, gémissements lointains, tremblants. Elle écouta, encore incertaine de l'attitude à adopter.

La jeune femme n'avait pas la moindre idée de ce qu'il évoquait, mais il était certain qu'il avait vécu une expérience traumatisante et qu'il n'en avait pas encore combattu les remords. Lorsqu'il finit par lui demander si elle souhaitait qu'il s'éclipse, un étrange rictus crispa ses lèvres. Elle aussi avait voulu être seule autrefois. Mais on lui avait refusé, à raison, ce droit. À demi enroulée dans le drap, elle se leva, traversa le matelas et fit pression sur son épaule gauche pour le forcer à lui faire face. La gifle résonna dans le silence avant que la foudre ne frappe, si proche que la maison parut frissonner, puis retenir son souffle.

Le visage de la blanche ne reflétait aucune colère, et pas plus de crainte, uniquement une profonde compréhension. Si le gaillard n'avait pas fait une tête de plus, elle l'aurait probablement pris dans ses bras, créant un rempart entre son âme en peine et le monde extérieur, parfois si cruel. Elle se contenta de poser une main sur son torse, là où son cœur battait une rythmique chaotique, en murmurant :

- Si ton âme n'était pas aussi tourmentée, tu ne mériterais sûrement pas de continuer à vivre. Cette colère, cette impuissance, utilises les pour faire le bien, pour renverser les tyrans et punir les traîtres. Si ces personnes remettent en question ton intégrité, alors c'est qu'elles ne méritent probablement pas ton sacrifice.


N'importe qui ouvrant la porte à cet instant aurait probablement imaginé une toute autre scène que celle qui avait lieu. La blanche se fit la réflexion que sa peau était plus chaude que la sienne, c'était étrange, mais pas désagréable. Sa main devait lui paraître glacée en comparaison... Mayu recula d'un pas, gênée, mettant tout de même un point d'honneur à déclarer avec ce maudit sourire amer, comme pour masquer son malaise :

- Quand un homme pleure, des tas de mots comme force, fierté, virilité, des châteaux-forts avec tours et oriflammes s'effondrent. Celui qui a dit ça est un crétin fini. Ce qui importe vraiment, c'est ce que cet homme choisi de faire le lendemain.



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MessageJeu 8 Fév - 10:05

Les éclairs illuminaient le spectre qui s'approchait de moi. Un pas après l'autre, la pâleur de cette apparition se rapprochait, mon cœur s'emballait. Sa silhouette me rappelait cette femme que j'avais torturé il y a de cela quelques longs mois. Rien de pire que torturer une femme, ses cris, stridents, résonnaient encore à mes oreilles. Je n'avais jamais eu a soutirer es informations à des gosses, qu'Artos m'en garde.

Le choc fut brutal, imprévisible. Un dixième de seconde durant laquelle je dû retenir un réflexe de défense.  Mayu m'observait, imperturbable. Sa main se posa sur mon torse, provoquant un frisson qui me parcouru l'échine. Je me sentis honteux de mon comportement. Je m'étais perdu, la jeune femme venait de me ramener.

Je me râclais la gorge, reprenant totalement mes esprits. La blanche s'écarta avant de prendre parole. Des mots justes qui heurtèrent mon esprit. Renverser les tyrans ... Elle avait raison il me fallait dénoncer ce qu'il se tramait. Je devais voir Messya.

Mayu reprit sur la force des hommes, mon regard s'assombrit, je m'approchais d'elle, presque menaçant. Ma main vint se poser sous son menton pour soulever son visage, obligeant son regard à plonger dans le mien.
- Que fais-tu contre les injustices ? Que viens-tu faire à Cirdania ?

Son discours était bien trop acerbe et criant de vérité pour que soit de simples mots de réconfort.

La porte s'ouvrit à ce moment sur Maëlle le regard inquiet. Puis étonné. C'est à ce moment là que je me rendis compte de la situation, ma main paressant caresser la joue de la belle, nos deux corps dénudés si proche ...
Le draps qui recouvrait l'épaule de notre invitée glissa un peu plus, Maëlle balbutia des excuses :
- J'ai entendu ... Enfin j'ai cru qu'il se passait quelque chose ... Bref ... Je vous laisse ...
Elle referma la porte sur un sourire qui étirait le coin de sa lèvre, les yeux plissaient en un rictus rieur.

Je commençais un pas vers la porte avant de me stopper, tout en me retournant vers Mayu :
- Je t'annonce que tu seras mon amante d'une nuit, je connais ma soeur se justifier aurait empirer la scène. J'espère que tu n'as pas de compagnon jaloux. finis-je en me retenant de rire.

Peut-être cette situation des plus gênantes fera fuir Mayu, et je pouvais la comprendre. La pauvre, subir la présence d'un homme inconnu au bataillon qui est pris d'une crise de démence et se faire surprendre dans une posture douteuse ... Je tenais à la rassurer un tant soit peu :
- Ne t'inquiète pas, Maëlle est taquine mais pas mesquine. Elle me charriera mais ta vertu ne sera pas entachée. Je lui expliquerai et elle comprendra.


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MessageVen 9 Fév - 1:11

La distance s'amoindrit à nouveau alors qu'il s'avançait, l'obligeant à relever la tête. Elle aurait aisément pu se défaire de son emprise, mais il y avait dans ses yeux quelque chose de fascinant. Elle n'entendit pas ses mots, absorbée par les émotions qui passaient dans son regard, interpellée par la douceur et la fermeté de son contact. La blanche n'aimait pas qu'on la touche, mais elle se sentait prisonnière à cet instant de quelque chose qu'elle ne voulait pas fuir. Intriguée, curieuse, toutes ses émotions se mélangeaient dans un tableau chaotique. Ils étaient si proches... Il aurait suffi qu'elle se dresse sur la pointe des pieds...

La porte s'ouvrit et la cadette apparut, le visage laissant transparaître une certaine appréhension. Mayu en profita pour rompre le contact, reculant d'un bon pas pour remettre de l'ordre dans ses pensées. Elle regarda Maëlle balbutier puis se sauver, une mimique amusée collée au visage, certaine de ce qu'elle pouvait s'imaginer. William fit un geste dans sa direction puis s'arrêta, probablement parce qu'il savait que démentir à cet instant était inutile. Il lui confirma ce qu'elle avait deviné et la jeune femme s'autorisa un sourire mesuré. Tentant de la rassurer sur une chose qui ne l'inquiétait pas, elle lui retrouva cette humeur qui avait animé la conversation plus tôt dans la soirée.

Se reculant jusqu'au lit, elle s'assit sans se couvrir, le drap masquant le bas de son corps et laissant son buste capter l'éclat lunaire. Sa lingerie sombre contrastait avec sa peau diaphane, tranchant son corps en deux nettement. L'esprit embrumé, curieuse d'identifier l'étrange engouement qui l'avait envahit plus tôt, elle lâcha, la tête ailleurs :

- J'imagine que ce n'est pas vraiment un problème pour moi. Après tout... Rien ne laisse supposer que nos chemins se croiseront à nouveau...

Prononcer ces paroles lui fit réaliser que c'était l'exacte vérité. Et la curiosité l’entraîna vers une pente glissante.

- Je me demande si...

Les seuls contacts qu'elle avait connus jusque-là avaient été maternels ou distants, amical, mais ce qu'elle avait vu dans son regard à cet instant ne la quittait pas. Se redressant d'un mouvement souple, abandonnant le drap dans son élan, elle se positionna face à William et posa ses mains glacées sur ses joues à la barbe drue puis se dressa sur la pointe des pieds jusqu'à ce que son regard soit à hauteur du sien. La blanche voulait y lire toutes ses émotions, aussi contradictoires et changeantes soient elles. Elle murmura dans un souffle, comme si parler risquait d'empêcher la magie d'opérer :

- Le poids des souvenirs est moins lourd quand il est partagé, tu le savais ?

Captivée par les expressions qu'elle pouvait observer sur son visage, la demoiselle s'avança encore, ne laissant que quelques millimètres entre eux, à tel point que leur nez auraient pu se frôler. Ses lèvres s'étirèrent doucement en un sourire. Grace à cette proximité, elle pouvait quasiment entendre battre son cœur. Qu'il était étonnant de constater à quel point le corps exprimait plus que les mots si l'on prenait la peine de l'écouter. Finalement, elle dévoila sa proposition.

- Si tu me racontes ton histoire, je te révélerais une fraction de la mienne, qu'est ce que tu en dis ?


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MessageVen 9 Fév - 10:31

La belle se recula jusqu'au lit où elle s'assit. Le buste découvert laissait apparaître les fines courbes de sa taille, sa sombre lingerie cachant avec peine la fermeté de sa poitrine peu proéminente, la pâleur de sa peau laissait supposer sa douceur. Le regard perdu elle laissa insinuer qu'une nuit à deux sans lendemain ne serait un problème ...

Mes yeux la scrutèrent alors différemment. Un début de phrase accéléra les battements de mon cœur, je restais figé :
- Je me demande si ... *Et moi dont...* continuais-je à penser.

Son pas délicat revint vers moi, ma respiration était courte et rapide. Plongeant mon regard dans le sien, je m'interrogeais. Les muscles de mon corps se tendirent, mes pensées retournèrent auprès d'Ema. Les paroles qu'elle m'avait confié sur sa fin de vie résonnèrent encore dans ma tête. *Ma vie se termine aussi belle fut-elle. Vis pour moi,
amuse toi. Je sais que tu ne m'oublieras pas, mais ne t'oublie pas. Vis Will, ne renonce pas à tous ces plaisirs.
*

Depuis combien de temps avais-je tu mes émotions ? Un an qu'Ema nous avait quitté, un an que j'avais renoncé à vivre pleinement.

Les mains de Mayu sur ma joue me ramenèrent à l'instant présent, j'étais comme hypnotisé par le moment, le bleu sombre de mon regard trouvant le sien, plus étincelant. Elle me chuchota quelques mots qui dans un souffle me firent frissonner de désir. Le poids des souvenirs comme elle le dit m'empêcher de prendre les devants, je restais spectateur de cette scène, absorbé par la délicatesse de la jeune femme au teint si claire.

Un pas de plus et nos peaux se frôlèrent, je pouvais sentir la fraîcheur que son ventre dégageait sur le mien, une sensation étrange tandis que la chaleur s'échappait de mon corps. Une phrase de plus et je restais glacé, ma main se stoppant net dans le mouvement qu'elle allait entreprendre.
- Si tu me racontes ton histoire, je te révélerais une fraction de la mienne, qu'est ce que tu en dis ?

Je restais coi, était-ce une mauvaise blague ? Pourtant Mayu me regardait tout ce qu'il y avait de plus sérieux. Tendu, une vague d'hésitation me perdit quelques secondes avant que la dureté de mon assurance ne reprenne.

Laissant mes gestes exprimer des mouvements trop longtemps oubliés, mon front vint se coller sur celui de la jeune femme.
- Mon histoire commence par le partage de deux corps complémentaires ... susurrai-je.
Comme un vieux souvenir ma main gauche glissa de sa cuisse jusqu'au creux si bien dessiné de son dos où elle vint se poser, tandis que les doigts de ma main droite vinrent se perdre dans sa chevelure décolorée d'une douceur surprenante. Ne perdant un instant de plus mes lèvres se déposèrent sur les siennes, fines et délicates, goûtant la saveur sucré que celles-ci exhalaient.

A cet instant plus rien ne compta, les tourments quittèrent mon esprit aussi vite que le tonnerre raisonna, lointain à mes oreilles. Seuls les sensations du corps de la belle sur le mien comptaient, ma main la ramenant un peu plus contre moi avec une tendre fermeté.
Les yeux clos je pouvais humer son parfum, doux et marqué. Sa poitrine contre mon torse m'électrisa un peu plus. Sentant ses muscles se tendre je mis un terme à ce délicieux baiser pour ne m'écarter d'un petit centimètre, ne voulant rompre le contact. Ma main glissa sur sa joue mes yeux interrogeant son regard d'un *Veux-tu aller plus loin ?*


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MessageVen 9 Fév - 20:34

Son front se posa sur le sien sans que leur regards ne se quittent. Lorsqu'il lui répondit sur le même ton, elle crue d'abord qu'il allait accéder à sa demande et se débarrasser de ses angoisses en lui faisant part de ce qui pouvait l'avoir ainsi marqué. La caresse dessina sur sa peau un frisson inconnu, comme si sa peau s'embrasait sous ses doigts, elle comprit alors qu'elle avait perdu le contrôle, engendré quelque chose qu'elle n'aurait osé imaginer. Une arme avait elle le droit à ce genre d'attention ? Elle n'eut pas d'avantage de temps pour y réfléchir. Cet instant de réflexion lui avait laissé l'occasion de briser les derniers remparts d'hésitation qu'elle aurait pu opposer. Les lèvres du brun avaient trouvé les siennes.

Étrangement, la première chose qui lui vint à l'esprit fut une sensation de bien-être, de sécurité. Au creux de ses bras, elle se sentait inatteignable. Mais n'était ce pas son rôle de défendre les autres ? Un tourbillon de pensées chaotiques obscurcissait son jugement. Elle devait y mettre fin. Elle aurait dû y mettre fin... Mais pourquoi ? N'avait-elle pas le droit d'être égoïste, juste une fois ? Et tant pis s'il y avait des conséquences ! Et tant mieux s'il n'y en avait pas ! Elle n'avait que trop vécu, trop marché seule, trop donné sans jamais recevoir en plus de cent an. Pour une fois, juste une fois, elle voulait comprendre ce que toutes ces personnes éprouvaient, ce qui les poussaient vers les autres.

Les paupières closes, elle laissa le flux d'émotions l’envahir, goûtant avec hésitation au baiser qu'ils partageaient. Devait-elle feindre l'assurance ? Ou révéler sans honte qu'elle n'avait jamais eu d'amant ? Comment était-elle censée réagir ? La seule fois où elle en avait parlé à son premier Maitre, celui-ci avait ri, avant de lui expliquer qu'il n'y avait pas à réfléchir, que c'était instinctif. Mais était ce pareil pour elle ? Ne risquait-elle pas de le blesser si elle perdait le contrôle ? Cette simple idée lui fit peur et la blanche se crispa. William s'éloigna, et elle pensa pendant une fraction de secondes qu'elle avait réussi à tout gâcher.

Ouvrant les yeux précipitamment, elle chercha son regard, inquiète. La douceur de sa main sur sa joue la fit frissonner, une nouvelle fois, et elle chercha dans ses yeux océaniques la réponse à toutes ses questions. C'était stupide, bien sûr, personne ne pouvait y répondre si ce n'est elle-même. La jeune femme y trouva toutefois la seule chose qui importait. S'il s'était écarté, ce n'était pas pour la délaisser, mais pour lui demander l'autorisation de continuer. Mayu sentait ses joues, brûlantes, semblables à son corps, tout entier incandescent, le rythme de son cœur accordé au sien comme pour jouer un duo improvisé. Puis elle voulut parler, mais perdit ses mots, la bouche entrouverte comme un poisson hors de l'eau. Secouant doucement la tête, elle se reprit, faisant preuve d'un minimum d'assurance, bien que son regard fiévreux laisse transparaître d'avantage de craintes et d'envies que de sérieux :

- Je n'ai jamais... Je ne... Je ne suis pas humaine...

Les mots se bousculaient sans former de phrases complètes. Elle ne voulait pas lui mentir, mais à quel point pouvait elle lui dire la vérité sans l'effrayer ? C'est la première fois qu'elle avait affaire à un tel dilemme. Combattre un Siless était une broutille à côté de ce qu'elle affrontait là...

- Je crois... J'ai peur de ne pas être à la hauteur... Mais je...

Se giflant mentalement, la demoiselle reprit de l'assurance. C'était simple après tout, il suffisait de prendre la situation comme un défi personnel. Elle ne reculait jamais devant la difficulté, au contraire. Timidement, elle déposa un chaste baiser sur ses lèvres, se prouvant qu'elle pouvait assumer ce qu'elle s'apprêtait à dire. Sur le ton d'un élève studieux, la blanche déclara le plus sérieusement du monde, bien que la situation la rende nerveuse, osant à peine affronter son regard :

- J'apprends vite.



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MessageVen 9 Fév - 23:21

Tant d'informations en si peu de mots ... Mes soupçons se confirmaient. Mayu n'était pas humaine, sa condition d'âme éthérée se vérifiait. Mais pas que ... Son innocence me frappa alors, sa maladresse me toucha. Je serais le premier, elle confiait son corps à un inconnu. Une âme éthérée pouvait-elle avoir un amant ? Elle était une arme conçue pour défendre son Maître et répondre à ses ordres. Lui donner cette allure frêle devait déstabiliser l'ennemi, mais en cet instant, c'est moi qui l'était.

J'accueillis son timide baiser avec un tendre sourire, et ris lorsqu'elle m'assura vite apprendre. Elle était on ne peut plus sérieux, je retrouvais alors mon calme sérieux pour me rapprocher d'elle, caressant une nouvelle fois son visage et l'obligeant à me regarder.
- Je ne ferais rien qui te déplaise.

Un nouveau baiser, doux, long. Je sentis les frissons de son corps contre ma peau, ma main l'entoura, rassurante, sûre. Mes bras glissèrent sous ses fesses arrondies pour la soulever, j'avançais pour la déposer sur le lit.

Mon pied s'emmêla alors dans le drap du matelas au sol, je perdis l'équilibre. Je me redressais tant bien que mal mais le poids, aussi léger soit-il, de la belle, m'entraîna en avant. J'avais beau me contorsionner la chute fut inévitable. Fort heureusement nous atterrissions sur mon lit, enfin son lit d'une nuit.

Étalé sur la jeune femme je me relevais prestement pour ne pas l'écraser de tout mon poids. M'assurant qu'elle allait bien je partis alors en fou rire, allongé au côté de Mayu.
- Quelle catastrophe ... finis-je par articuler. Je ne sais pas si tu es bien tombé avec moi.

Basculant sur le côté je me penchais sur le corps délicat de la belle, plongeant mes yeux dans son regard avant de déposer mes lèvres sur son épaule, puis sur son cou, remontant jusque la base de son oreille où mon souffle caressa son lobe. Mon bras vint de nouveau l'entourer pour la tourner contre moi. Mes doigts jouèrent rapidement sur son dos pour défaire le peu de tissu qui la couvrait encore, me dévoilant un petit trésor que je ne pus me retenir de découvrir.

Je ponctuais tous mes mouvements de la plus douce tendresse dont j'étais capable, parcourant le corps de la belle, y découvrant chaque courbe. Je guidais ses gestes, goûtais sa peau en retour. La nuit continua dans un bain de caresses, une découverte mutuelle qui nous rapprocha comme jamais nous n'aurions appris à nous connaître.

Je finis par envelopper son corps frêle contre le mien, ma tête se posant dans le creux de son cou. Un dernier baiser et mes paupières se fermèrent, ma main caressa son bras jusqu'à se que je sente sa respiration s'apaiser.

Les premiers rayons me réveillèrent, aussi courte fut la nuit mon sommeil fut sans cauchemar. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pu trouver un repos aussi réparateur. Ma main caressa le draps ... Ouvrant les yeux je me rendis compte de ma solitude. Me levant, j'enfilais rapidement mes vêtements avant de descendre à la salle à manger où ma sœur et ma mère sirotaient leur boisson. L'odeur du thé et du pain grillé vint chatouiller mes narines, me donnant l'eau à la bouche.

Elles papotaient doucement pour ne pas déranger, me voyant arriver Maëlle se fendit d'un large sourire. Je levais les yeux au ciel, la commissure de ma lèvre se relevant sans que je l'en empêche.
- Avez-vous vu Mayu ?


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MessageSam 10 Fév - 4:25

Son rire permit à la demoiselle de se détendre un peu. Lorsqu'il lui donna sa parole qu'il n'irait pas contre sa volonté, elle abandonna définitivement ses craintes, le laissant la ramener contre lui. Elle avait toujours imaginé la peau des hommes plus dure, rugueuse comme celle de son premier maître, mais la sienne était douce, ses doigts y glissaient sans accrocher et cela la fascinait tout autant que le reste. Le brun l'embrassa à nouveau et elle lui répondit sans hésiter cette fois, à présent sûre de son choix. La demoiselle sursauta tout de même lorsqu'elle sentit ses pieds quitter le sol, et noua instinctivement ses jambes autour de sa taille par crainte de tomber.

Ne prêtant pas attention au décor, elle parcourait ses épaules de ses doigts, s'arrêtant sur chaque marque, chaque grain de beauté qu'elle rencontrait, comme pour mémoriser leur emplacement. Elle fut donc totalement désarçonnée lorsque le plafond se retrouva face à elle et réagit à contre temps, resserrant son étau plutôt que de lâcher prise. Le matelas amorti le choc et les empêcha de se blesser, Mayu se redressa, le libérant enfin tout en constatant qu'il semblait aussi inquiet qu'elle. Lorsqu'elle constata qu'il n'avait rien, elle soupira et le rejoignit dans son éclat de rire avant de se taire, craignant de réveiller les autres habitants.

Chaque caresse, chaque baiser, lui faisait découvrir des réflexes corporels et des endroits de son corps dont elle n'avait même pas prit conscience jusque-là. Son souffle sur son oreille la fit frissonner une nouvelle fois et elle dut se mordre la lèvre inférieur pour contenir honteusement le son qui lui aurait échappé sinon. Il dégrafa son haut et elle rougit d'avantage. Si elle se souciait peu d'être aperçue en sous-vêtements, laisser quelqu'un la voir dans son plus simple appareil était quelque chose qu'elle avait refusé jusque-là. Elle chercha son regard, captivé par son corps, comme pour s'assurer qu'il n'était pas contrarié. C'était bien tous le contraire et le soulagement la poussa à se libérer un peu plus de sa timidité.

Alors qu'il créait des milliers de papillons flambants sur sa peau brûlante, elle passa sa main dans ses cheveux, fermant les yeux pour graver toutes ses sensations dans sa mémoire. La suite ne fut que douceur, un partage sans honte, une appartenance mutuelle où elle découvrait au fil de ses baisers les possibilités multiples, les zones sensibles, celles qui le faisaient soupirer et celles sur lesquelles il ne fallait pas s'attarder. Jamais il ne se moqua, ni ne la retint, se contentant de l'orienter de temps à autre jusqu'à ce qu'ils atteignent l'extase.

Son cœur battait si vite qu'elle pensa qu'il allait exploser. Peut-être que ce corps n'était pas fait pour résister à de tels ébats après-tout ? Mayu chassa cette pensée aussi vite qu'elle était survenue, refusant de laisser une remarque négative gâcher cet instant extatique. Elle se blottit dans ses bras rassurant, l'oreille contre sa peau tiède, et écouta les battements de son palpitant reprenant un rythme lent à mesure qu'il s'endormait. La main de la blanche caressait son dos, son pouce dessinant des cercles relaxants. Qu'elle était bien, là. Si elle avait pu rester dans une boucle temporelle composée uniquement de cette soirée, elle l'aurait sans doute fait...

Son souffle dans son cou la chatouillait agréablement, et malgré le confort et la sécurité qui aurait emporté n'importe qui vers le sommeil, celui-ci la fuyait. Elle prenait conscience de ce sous-entendu initial, celui qui avait entraîné tout cela, cette proposition n'était valable que pour une nuit. La tempête, au-dehors, s'était calmée. La blanche n'aurait même pas su dire à quel moment l'orage s'était estompé, mais à présent que l'aube pointait, elle apportait avec elle un goût amer dont elle ne parvenait pas à se débarrasser. Se dégageant doucement, prenant garde à ne pas réveiller le brun qui dormait comme un bienheureux, elle sortit du lit, récupéra ses sous-vêtements et enfila le pull et la salopette que Maëlle lui avait prêté avant de descendre sur la pointe des pieds.

Alors qu'elle goûtait au silence de la maisonnée, elle pensa un instant s'enfuir, n'avoir à assumer aucune conséquence, à supporter aucun regard moqueur ou accusateur. Elle entra dans la pièce à vivre où les braises rougeoyaient dans l'âtre et s'en approcha pour les raviver. Elle ajouta deux bûches et faillit mourir d'une crise cardiaque quand la voix de la jeune femme la surprit :

- On allait prendre la poudre d'escampette ? Mon frère est si mauvais que ça ?

Elle se retourna, rougissante et mal à l'aise avant de bredouiller :

- Pas du tout !


Ne sachant même pas à quelle question elle répondait véritablement. Son désarrois fit rigoler la cadette et Mayu tenta tant bien que mal de se rattraper, boudeuse :

- Je ne parvenais pas à dormir, je pensais me rendre utile d'une façon ou d'une autre...

Maëlle haussa un sourcil et alla chercher de larges bottes imperméabilisées qu'elle lui tendit avant d'enfiler les siennes, l'invitant à la suivre en la narguant :

- Pour ça, je dois pouvoir t'aider.

Elle l'emmena jusqu'à l'étable où s'étaient réfugiés la plupart des Muffalooses durant l'orage et lui montra comment remplir les mangeoires et traire les femelles. Elle lui fit même goûter le lait directement au pis, se moquant de son hésitation. Lorsqu'elles eurent fini, Mayu avisa un bosquet un peu plus loin, déclarant qu'elle y trouverait sans doute des simples, et lui demanda de ne pas l'attendre. Comme elle l'avait prédit, l'endroit regorgeaient de plantes médicinales en tout genre, et aussi d'énormément de mauvaises herbes, il fallait l'avouer. La blanche ramassa celles qu'elle était sûre d'identifier et lorsqu'elle eu les mains trop pleines pour en prendre d'avantage elle rebroussa chemin. Poussant la porte, plutôt contente de ses trouvailles, elle lança en enlevant ses bottes boueuses devant cette dernière, le nez dans les herbes :

- C'est une véritable aubaine, j'ai bien fait d'aller voir. La pluie à fait sortir une multitude de fleurs sauvages !

Se redressant, elle perçut l'odeur appétissante du pain chaud une fraction de seconde avant de repérer William, Maëlle et Eylène qui l'observaient. Gênée, Mayu demeura sur le pas de la porte, incapable de savoir ce qu'elle devait dire ou faire. Ce serait sans doute mal venu de s'imposer d'avantage, elle balbutia, le regard focalisé sur ses chaussettes :

- Pardon, je ne voulais pas vous surprendre. Je ne veux pas abuser d'avantage de votre hospitalité, vous avez beaucoup fait pour moi... Et ces plantes ne sont qu'un maigre remerciement. Je vais... Récupérer mes affaires et reprendre ma route...

C'aurait été un énorme mensonge que de déclarer qu'elle avait envie de partir. Elle se sentait bien ici. Et il y avait William... La nuit qu'ils avaient passés... Mais elle n'était qu'une étrangère qui avait été recueillit pendant l'orage. Le temps d'une nuit.


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MessageSam 10 Fév - 11:32

A peine eus-je posé ma question que la porte d'entrée s'ouvrit à la volée sur un buisson à jambes. La tête de Mayu était cachée par de nombreuses herbes que je reconnus aussitôt, je fus étonné et ravi de la voir avec.

Alors qu'elle parlait de partir, je claquais la langue en tournant la tête négativement. Tout en m'approchant d'elle pour lui libérer les mains je lui répondit :
- Ne dis pas de bêtise, viens plutôt t'asseoir et petit-déjeuner avec nous. Je te rappelle que nous allons à Cirdania ensemble ... En prenant le petit fagot ma main frôla la sienne d'une légère caresse, mon regard insistant l'observa sans gêne.

La porte s'ouvrit à nouveau brusquement, une main robuste la tenant.
- Enfin de retour !

La voix grave de mon père résonna dans la pièce tandis que je plaquais Mayu contre moi pour ne pas qu'elle se prenne la porte d'entrée. Les herbes tombèrent dans la bousculade, libérant l'odeur de végétal fraîchement coupé. J'adorais cette senteur, me rappelant mes longues cueillettes pour constituer ma trousse de soin.

- Père ! Qu'il est bon de te voir ! m'enjouais-je en libérant la jeune femme de mes bras.

Je donnais une accolade à mon paternel avant de faire les présentation.
- Père voici Mayu, mère lui a offert le gîte pour la nuit, toi-même tu comprendras pourquoi. Et Mayu, voici mon père, Altor.

Il stoppa un instant en dévisageant la jeune femme, sourit poliment en la saluant. Maëlle intervint à ce moment-là, le regard pétillant.
- Ils ont dormi ensemble, tu sais comme la chambre de Sam est pleine ...
Parfois j'aimerais lui faire avaler son petit sourire en coin.

Ma mère enchaîna s'entant le malaise naître.
- Tu tombes bien Altor, nous nous apprêtions à prendre le repas. Du lait chaud pour toi ?
Il acquiesça en allant embrasser sa femme, son amour. Nous avions vraiment de la chance Sam, Maëlle et moi d'avoir grandit dans une famille aimante. Il n'était pas rare de rencontrer des couples dont le mariage avait été arrangé. Histoire de dote, de bienséance, qu'en sais-je encore.

Je ramassais les herbes médicinales tandis que ma famille se retrouvait dans un petit engouement bruyant. De mon côté je remerciais discrètement la belle pour sa cueillette.

Nous nous installâmes tous à table, j'enjoignais Mayu de se joindre à nous. Je répétais à mon père la réussite de ma pseudo mission fromage, il en fut ravi, son regard tendre coulant sur le visage de ma mère. Il savait que ça lui tenait à cœur. Ne tenant qu'à lui les Muffalooses ne serviraient qu'à produire du cuir et de la viande. Ce procédé lassait ma mère qui préférait en retirer des matières "secondaires" comme le lait, puis le fromage.

Mon père raconta alors ses mésaventures, il s'était fait volé les peaux de Muffalooses dans la Capitale, fort heureusement la garde était de passage et avait pu arrêter les mécréants. La pluie s'était ensuite infiltrée dans la charrette, mouillant les peaux, altérant leur qualité. Bien sûr il les avait fait sécher et espérait que le cuir qui en découlerait resterait à la hauteur de sa réputation, mais la famille le lui achetant avait baissé le prix de rachat. La tempête avait ensuite fait rage et il était resté sur place.
- Les aléas du temps ... L'important est que tu ailles bien.
Il me tapa l'épaule en guise de réponse rassérénant.

Mon nouveau compagnon miaula étrangement indiquant sa présence, mon père le regarda étonné.
- Oui voici un panion, je l'ai récupéré à la Technopôle, il s'appelle Shadow. Je ne sais quel malheur il lui serait arrivé si je ne l'avais pas retiré d'entre de mauvaises mains.
- Will l'ami des bêtes, soupira joyeusement mon père.

Le petit-déjeuner fini, je proposais à Mayu de faire un brin de toilette avant de prendre la route. Rangeant la chambre je souriais en pensant à la voluptueuse nuit qui venait de s'y passer.

Panion:
 


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MessageLun 12 Fév - 2:07

William lui fit part de son désaccord, et la convainquit de déjeuner avec eux alors qu'il s'approchait, sans doute pour prendre les simples. Il lui rappela qu'ils devaient faire route ensemble et la blanche rougit. Elle avait oublié... Il caressa sa main en récupérant les fleurs fraîches, la couvrant du regard sans honte. Mayu ne savait qu'en penser, et n'en eut de toute façon pas l'occasion, car la porte s'ouvrit, manquant la percuter. Elle ne dut qu'au réflexe du brun de l'attirer contre lui de ne pas se manger le battant de plein fouet. Un homme de bonne carrure entra, tout sourire. Sa voix et son apparence tenaient plus du grizzli que du gentilhomme, mais elle sentit chez lui une grande bienveillance. Ce devait être de famille.

Entre les exclamations et les preuves d'amour, ici et là, Mayu n'eut aucun mal à identifier le père, que le brun lui présenta comme Altor, et elle déclara qu'elle était enchantée avant de piquer un fard quand Maëlle s'empressa de lui rapporter qu'ils avaient partagé la même chambre, souriant timidement quand Eylène lui sauva la mise en ramenant le sujet du déjeuner sur la table. Alors que la salle s’emplissait d'anecdotes et de rire, William l'aida à ramasser les simples qui, elles, avaient subit l'entrée marquée du père, la remerciant au passage.

Ne pouvant plus refuser sans passe pour une malpolie, Mayu s'installa à table avec la petite famille et se servit du thé avant de tartiner deux toasts de beurre et de les savourer. Plutôt discrète, elle se contenta de les observer, d'écouter distraitement, l'esprit ailleurs. Le miaulement aigu la tira de ses réflexions existentielles et la demoiselle posa sur la boule de poils un regard curieux. Elle n'avait jamais vu de Pans, si rares à l'état sauvage, alors des Panions, c'était impensable. Quelle belle créature... Ezylone regorgeait de surprise. Cela lui rappela la raison pour laquelle elle voyageait et son visage neutre se fendit d'un sourire tendre.

Lorsqu'ils eurent fini, le brun lui proposa de se préparer à partir. Hochant la tête, Mayu remercia encore une fois la tablée pour le petit-déjeuner avant de s’éclipser dans la salle d'eau où l'attendaient ses vêtements, secs et pliés avec soin. La demoiselle se pressa d'échanger les deux tenue, prenant garde à ne pas abîmer celle qu'on lui avait prêté. Elle se sentit immédiatement plus à l'aise dans sa tunique écarlate et son pantalon souple d'un noir de jais. Sortant de sa besace un petit sachet empli d'une poudre rosâtre et d'un bol, elle mélangea cette dernière avec un peu d'eau avant de s'en frotter les cheveux, puis de les rincer, ils auraient tôt fait de sécher avec le magnifique soleil qui brillait au-dehors. Elle ne pouvait prendre le risque de mettre William en danger en attirant les regards des mal intentionnés.

Elle fut la première du duo à regagner la salle commune. Le couple discutait devant la cheminée et elle se refusa à les interrompre. Maëlle posa ses mains sur ses épaules, la faisant sursauter et elle s'arrêta dans le réflexe qui l'aurait sans nul doute poussé à écarter violemment la jeune femme alors qu'elle n'avait aucune mauvaise intention. Elle devait se reprendre. Souriant avec hésitation, elle se retourna vers la cadette.

- Tiens, on l'a laissé près du foyer comme ça elle est déjà bien chaude.

Lui mimant de se rapprocher, elle ajouta à son oreille tout en lui tendant sa cape :

- Tu savais que les grincements du lit s'entendaient jusqu'au bout du couloir ?

Mayu se recula, horrifiée et honteuse, rouge comme une pivoine, avant que la jeune femme ajoute, morte de rire :

- Je plaisante, si tu voyais ta tête ! Jolie couleur au fait !

Elle se radoucit et ajouta, le regard triste et les mains enfoncées dans les poches de sa salopette, laissant transparaître son jeune âge et ses craintes :

- Mon frère est quelqu'un de bien.

Intriguée, Mayu allait la questionner quand des pas se firent entendre dans les escaliers. La cadette changea radicalement d'attitude, redevenant l'espiègle petite sœur à la langue bien pendue elle s'en alla sauter sur son frère. La blanche ne l'avait pas remarqué, mais Eylène avait quitté son fauteuil pour s'approcher d'elle, son sourire bienfaisant lui réchauffa le cœur. Quelle femme courageuse !

- Ça a été un plaisir de vous avoir à la maison, revenez quand vous voulez.

Mayu s'avança pour la prendre dans ses bras, elle-même étonnée de cette démarche. Elle murmura à son oreille :

- Vous avez une famille merveilleuse, je n'aurais pas pu mieux tomber. Ce sera donc avec plaisir.

La femme rit et retourna auprès de son mari à qui la demoiselle serra la main, amusée de l'avoir surpris en lui rendant sa poigne ferme. Attendant sur le pas de la porte que le brun soit prêt, elle s’enveloppa dans sa cape, enfonça ses pieds dans ses bottes de cuir usées et ajusta sa besace sur son épaule. Ses cheveux lâchés lui donnaient froid, elle en fit donc deux tresses inégales qu'elle remonta en un chignon fait à la va-vite qui formait une bosse sous son capuchon. Il était temps de prendre la route.


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MessageMar 13 Fév - 20:42

A peine eus-je mis le pied en bas de l'escalier que Maëlle me sauta dessus pour m’ébouriffer les cheveux. La vingtaine passée elle gardait une âme d'enfant, peut-être surprotégée par deux grands frères et des parents aimants. Nous avions toujours eu une belle complicité fraternelle, et je lui rendis la pareil en emmêlant ses cheveux. Ma sœur râla quelques secondes avant de se fendre d'un sourire lorsque je lui dis que ça nouvelle coupe de cheveux ne changeait pas trop de d'habitude. Me donnant un coup dans l'épaule elle partit en suivant pour s'occuper des bêtes au dehors.
- Tu repasseras par ici ? s'enquit-elle.
- Ma permission n'est pas finit, je reviendrais à la ferme oui avant de reprendre la garde.
Satisfaite elle s'en alla, passant devant notre invitée qui m'attendait.

Mayu s'était métamorphosée, troquant les vêtements trop larges de ma sœur contre un ensemble plutôt saillant, une veste écarlate au col anguleux, fermée par des cordelettes dorées soulignant légèrement sa petite poitrine. Une espèce de longue queue de pie recouvrait un pantalon noir commun. Des épaulettes agrémentées sa veste, était-ce une tenue militaire ? Ses cheveux teints d'un rose pâle étaient mouillés.

Je sortis de ma contemplation lorsque la belle revêtit sa cape, couvrant sa nouvelle tenue.
- Je n'en ai pas pour longtemps, lui assurai-je avant de passer par la salle d'eau afin de me préparer.

Après une toilette convenable j'enfilais ma tenue de service, d'un blanc immaculé, un galon sur la poitrine gauche. Je taillais ma barbe correctement avant de ressortir prestement. Je me sentais oppressé dans cet accoutrement d’apparat. Mais pour parler au Premier Lieutenant Sherperd je tenais à être présentable. Il me fallait me montrer sous mon meilleur jour ainsi que mon appartenance sans faille à la Chevalerie.

Je sortis pour rejoindre la jeune femme, attrapant mon arme je la glissais dans ma ceinture et je caressais Shadow en guise d'au-revoir. Je m'approchais de ma mère qui partit dans sa chambre et en revint avec un bout de tissu sombre.
- Tiens, donne ça à Mayu, pour ses cheveux. Je ne voudrais pas qu'elle attrape froid.
Une douce attention qui cachait une tout autre vérité.
- Fais attention Will, je ne t'apprendrais pas la valeur de notre invitée d'une nuit.
J'acquiesçais et compris que le turban était une seconde protection pour couvrir ses cheveux claires.

J'embrassais le front de ma mère, donnais une accolade à mon père et me retournais vers la porte d'entrée. Une boule de poils miaulant à tue tête vint alors se mêler dans mes pied, manquant de me faire trébucher.
- Tu restes là Shadow, je ne voudrais pas qu'il t'arrive malheur.
Son miaulement se fit plus perçant, j'enjoignis Mayu à sortir. Les miaulements ne cessèrent pas pour autant, j'attendis quelques minutes faisant signe à la belle de ne pas faire de bruit, mais les plaintes de mon nouveau compagnon perdurèrent.

Rouvrant la porte je me penchais vers lui et il se jeta dans mes bras en ronronnant.
- Tu n'es pas bien farouche toi, allez viens.

Ma mère, prévoyante, me tendit une besace dans laquelle j'installais le panion. Un dernier signe de la main et nous partîmes vers la charrette.
- Tiens Mayu, ma mère a peur que tu attrapes froid, tu peux te couvrir la tête avec ça si tu veux. Lui dis-je en lui tendant le tissu.

J'installais les Muffalooses dans les harnais servant à tirer la roulotte, Maëlle vint m'aider et j'invitais la belle à s'installer à l'avant avec moi. Je pris ma sœur dans des bras rassurant avant de monter et ordonner aux bêtes d'avancer. Les Muffalooses se mirent en marche de leur pas lent et lourd.

La carriole sentait la peau de bête séchée, une odeur si familière à mes narines qu'elle en devenait rassurante. Perdu dans mes pensées un long silence s'abattu sur ce début de route à deux. Bercé par la démarche des animaux je finis par lâcher, l'esprit vagabondant :
- J'ai le don d'apaiser les douleurs ...

J'expirais longuement avant de reprendre en observant Mayu :
- De ce fait je suis parti faire mes études au temple de Sakura. J'y suis resté quelques années à étudier la médecine douce, les plantes, et surtout à maîtriser mon pouvoir. Pour calmer la douleur de quelqu'un je suis obligé de la subir moi-même, ça n'a pas toujours était évident.

Je préférais taire le fait que je pouvais aussi accroître cette même douleur.
- J'étais loin de me douter qu'un jour je finirais dans l'armée. Avant de me demander comment j'ai fait, je vais te répondre. Alors que je faisais un soin d'un pèlerin gravement blessé, j'ai pris sur moi sa douleur pour lui prodiguer les soins nécessaires à sa survie. Chose que je ne savais pas, lui et son ami étaient des Chevaliers. L'homme qui l'accompagnait été Capitaine, et mon don l'a vivement intéressé.

Je me rappelais de cette scène comme si elle s'était produite hier. Je veillais sur le blessé quand l'homme m'a simplement dit "Je vous veux, et je vous aurais"

- Après nombre d'arguments je finis par me laisser enrôler. Soigner les gardes de ma région était à mes yeux une noble tâche.

Je détournais le regard, honteux de la suite des événements.
- Malheureusement cela ne dura pas. Mes capacités furent détourner pour une autre activité. Il s'avère que je suis plutôt efficace pour faire avouer des choses à ceux qui complotent. Je n'en suis pas fier, et cette ... tâche, me hante.

Je me raclais la gorge, elle s'était asséchée d'un coup comme pour me sommer de me taire.
- Le pire dans tout cela, c'est que je m'aperçois qu'arracher la vérité à ces individus est nécessaire et primordial. C'est le seul moyen de protéger Sahl de manigance bien plus dangereuse que l'on ne peut imaginer.

Cette fois j'eus le courage de regarder la jeune femme dans les yeux pour conclure :
- Le plus dur est lorsqu'on découvre que sa propre nation trempe dans des conspirations inacceptables ... Il faut alors faire le choix de fermer les yeux et vivre avec, ou de dénoncer au prix peut-être de sa vie.

Je tournais une nouvelle fois la tête, préférant fixer l'encolure des Muffalooses qui se balançait au rythme de leurs pas. Je laissais à ma compagne de route le temps d'ingérer les paroles que je venais de débiter, laissant la fraîcheur matinale panser mes pensées.

A cette allure nous en avions pour plus de trois quarts d'heure de route, mais je n'avais pas envie de presser les bêtes de trait, ne voulant retrouver trop vite la caserne et la décision que je devrais y prendre.

Ma main effleura celle de Mayu, une caresse timide qui enrôla mon regard à la suivre. Cette jeune femme m'intriguer, au delà de son statut d'âme éthérée. J'avais découvert en elle une fragilité qui se confrontait sans nul doute à une force de caractère qui la faisait avancer chaque jour.
- Et toi, quel est le bout d'histoire que tu voudrais me révéler ? Il me semble que c'est le marché que nous avions conclu cette nuit non ?
Un sourire fendit mon visage tandis que je rapprochais mes lèvres des siennes si douces et attirantes.


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Gouttes de pluie et reflet éthéré. [& Willilou]
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