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 Gouttes de pluie et reflet éthéré. [& Willilou]

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Tueuse de siless
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MessageJeu 15 Fév - 9:39

William lui fit savoir qu'il ne serait pas long et la demoiselle lui offrit un sourire poli signifiant que ce n'était pas un souci avant d'enfoncer les mains dans les poches de sa cape. Lorsqu'il reparut, Mayu observa sa tenue d'un œil curieux. Elle avait l'air contraignante, trop... Droite, pour permettre des mouvements amples, là où la sienne avait été spécialement conçue pour être adaptée au combat. Le blanc de ses vêtements réfléchissait la lumière, elle paraissait neuve, ou, du moins, avoir peu servi. Le genre de tenue officielle qu'on ne sort que pour les grandes occasions. Que comptait-il faire exactement à la capitale ? Qui souhaitait-il rencontrer ?

Tentant de laisser derrière eux le Panion, sans y parvenir toutefois, le brun décida finalement de l'embarquer dans une sacoche prévue à cet effet. Le petit félin s'y glissa et bientôt l'on entendit plus qu'un ronronnement léger, signe qu'il dormait probablement déjà. William lui tendit alors un carré de tissus sombre, lui expliquant qu'Eylène craignait qu'elle n'attrape un rhume en sortant ainsi. Souriant et remerciant mentalement la femme, elle enveloppa sa longue chevelure pâle avant d'utiliser le foulard pour les coincer et les faire disparaître sous sa capuche. La doyenne était une femme intelligente, Mayu était certaine que, tout comme son fils, elle avait percé à jour son secret. Elle pria un instant les chimères pour que cela ne les mette pas en danger.

Pendant que Maëlle et son frère préparaient la charrette, la demoiselle vérifia le contenu de sa besace. Elle était assez tête en l'air pour oublier ici et là des objets personnels. Pour une fois, tout était à sa place et elle soupira, rassurée de ne pas passer pour une écervelée, avant d'accepter l'invitation du brun à s'installer. Leur support se mit en branle, roulant au rythme lent et régulier des pas des Muffalooses qui la tirait. Mayu observait les champs balayés par la brise, les comparants aux vagues d'un océan doré, puis s'arrêtait un instant sur une famille d’écureuil au détour d'un bosquet avant de repérer un aigle en vol. Qu'il était agréable de pouvoir s'ouvrir à toutes ces observations plutôt que se concentrer sur le chemin ou le rythme de marche. C'était tout à fait différent.

La voix de William faillit la faire sursauter tant elle était plongée dans ses observations, et, plutôt que de répondre, elle préféra l'écouter, le regard effleurant le sien sans oser s'y perdre. Il lui parla de l'altération qu'il possédait, évoqua les décisions qu'elle lui avait fait prendre, leurs bons et leurs mauvais côtés. Il lui expliqua comment il était entré dans l'armée, la façon dont on avait transformé sa volonté de porter secours en une tache sombre et cruelle. On lui avait fait croire, à raison, qu'il pouvait apporter plus, de cette façon, puis il s'était rendu compte de la supercherie, des secrets de ceux qui donnaient les ordres. Alors qu'il plongeait son regard dans le sien, la blanche posa sa main sur la sienne, pour le rassurer, lui montrer qu'elle était là, d'une façon ou d'une autre.

- Ils ont tous leurs secrets, crois-moi, et certains sont inavouables. Il n'y a pas un dirigeant pour rattraper l'autre.

Elles comprenait mieux à présent, la raison de ses doutes, la folie qu'elle avait lu dans son regard. C'était sans doute la première fois qu'il était confronté à l'ambition dévorante du roi de Sahl, un homme qui n'hésiterait pas à vendre fils et frère pour obtenir toujours plus de puissance. Il n'était pas impossible qu'il ai même envisagé un jour de sacrifier son people pour agrandir son territoire. Il revint sur la proposition qu'elle lui avait faite la nuit passé, juste avant que le temps ne s'arrête. La jeune femme piqua un fard à ce souvenir, ne rejetant pas pour autant son baiser qui avait une force d'attraction à laquelle elle ne pouvait résister. Elle se recula, juste assez pour poser sa tête contre son épaule et fermer les yeux.

Ses souvenirs étaient comme autant de pages de livres qu'elle tournait avec peine, incapable d'en lire les mots, d'en identifier les personnages sur les dessins. Sa nature était un fardeau que le temps, cruel, l'obligeait à supporter jour après jour. Ses souvenirs amputés disparaissaient, et même une âme dotée d'une excellente mémoire finissait par oublier ses défunts maîtres. Cela faisait parti du pacte, et rien ne pouvait en modifier les termes. Soupirant, las, elle battit des paupières, momentanément aveuglée, avant de fixer son regard loin à l'horizon. Elle s'exclama soudain :

- Tu as tellement de chance.

Mayu lâcha un petit rire amer avant de reprendre, plus doucement :

- Tu avances en faisant tes choix d'après les valeurs qu'on t'a inculquées. Moi... Je n'ai pas eu mon mot à dire, et lorsque j'ai enfin eu cette liberté, il était déjà trop tard.


Elle avait la gorge serrée, l'image d'une âme qui avait choisit de mourir aux côtés de son Maitre en tête. Le sien ne lui avait pas laissé ce choix, il lui avait ordonné de vivre. Après une longue inspiration, elle déclara :

- Tu parlais de corruption, cette nuit, avant qu'on...

Elle rougit d'avantage, clignant des yeux pour chasser les souvenirs et reprendre plus sérieusement.

- Que les Edgémont aient recours à d'ignobles actes en secret ne m'étonne pas plus que cela. Si le défunt roi était aussi sage que juste, son fils à toujours eu des ambitions insatiables, malsaines, et il n'est pas rare que d'étranges rumeurs circulent à son sujet.

La blanche ferma les yeux à nouveau, se focalisant sur l'image qu'elle voulait exposer au brun. Elle n'était pas sure que cela soit une bonne idée, mais après tout, qu'avait elle à perdre ?

- Il y a... De nombreuses années... Je me trouvais à la capitale pour les affaires d'un ami, un amateur de premières éditions. Un homme instruit doté d'un cœur immense. Je me suis perdue, j'ai erré au moins trois heures dans les rues centrales sans parvenir à le retrouver. Tout me paraissait immense à cette époque. Je suis finalement arrivée dans une cour dont le portail était ouvert, et comme un petit garçon y jouait, je suis entrée pour lui demander mon chemin. Je ne me doutais absolument pas qu'il s'agissait du prince et les gardes m'ont chassés sans ménagement. Toutefois, je me souviens très nettement l'avoir vu brûler des insectes vivants avec des allumettes. Il avait ce regard mauvais... Comme s'il était doté d'une profonde noirceur...

La jeune femme se tue, juste un instant, ce n'était pas une histoire très réjouissante, et elle ne parvenait à se débarrasser de ses craintes. Ne partirait-il pas en courant si elle lui racontait tout ? Il ne l'avait pas rejeté alors qu'il savait après tout... Mais peut être était ce parce qu'il ne mesurait pas le risque ? Il pouvait encore la jeter de la caravane à tout moment, elle ne pourrait lui en vouloir. Elle étouffait sous le poids de sa condition. Puis, en voulant attraper une mèche de ses cheveux, ses doigts rencontrèrent le tissu qu'Eylène lui avait prêté et une vague de nostalgie la submergea tandis qu'elle changeait radicalement de sujet :

- J'ai grandi dans un manoir qui sentait le papier et la poussière. L'homme qui m'y a recueillit était respecté et apprécié, bien qu'il préfère la solitude à la compagnie des citadins. Nombre étaient ceux qui venaient lui demander conseil. Tout comme toi, il a été appelé sur les champs de bataille... À cause de moi. C'était il y a si longtemps que je ne m'en souviens pas. Tout est si flou... Les combats, la cruauté des êtres pensants, on fini par avoir raison de sa volonté de faire le bien autour de lui. Quand il est mort, après m'avoir interdit de le suivre, il m'a confié à son neveu, un jeune marchand itinérant qui recherchait désespérément sa femme disparue. Il était tellement naïf... Il pensait que rien ne pouvait l'atteindre. Malgré tous mes conseils et mon acharnement à le protéger, il est mort sur les routes, seul, sans avoir atteint son but.

Elle fit une pause, marquant une minute de silence à la mémoire de Timothy, les mains crispées sur sa cape.

- Après ça, j'aurais pu partir. Je n'avais même aucune raison logique de rester. Après tout, je ne l'avais suivi que parce que j'y étais contrainte. Mais, au lieu de ça, j'ai voulu exploiter tout ce que j'avais appris, alors j'ai commencé à voyager. Rien de bien formidable, comme tu peux le constater. J'aimerais tellement pouvoir faire plus...


Mayu se sentait soudain comme une petite fille lorsque l'histoire touchait à sa fin. Elle avait envie de pleurer, pas parce que le récit avait été triste, ou heureux, non, simplement parce qu'il n'y avait plus rien à raconter. Toutes ces années à exister. Simplement exister. Chassant cette rancœur, elle osa enfin le regarder, revenant sur ses inquiétudes :

- Qui vas-tu rencontrer à Cirdania ?



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MessageSam 17 Fév - 13:16

La belle posa sa tête sur mon épaule pour raconter les brides de son passé. Comme elle juste avant, je ne l'interrompis pas et écoutais patiemment son histoire, en comprenant chacune des émotions que sa voix retranscrivait.

Une vieille anecdote sur le Roi de Sahl me fit froncer les sourcils. Nombre d'enfants s'amusent à torturer les insectes lors de leur découverte du monde, ils ne comprennent pas vraiment ce qu'ils font. Mais de là à les brûler ... S'il jouait avec le feu cela signifiait qu'il était assez grand pour comprendre ce qu'il faisait alors. Graine de psychopathe ?

Ma réflexion s'arrêta lorsque Mayu changea de sujet et me raconta son "enfance". J'aurais aimé lui poser de nombreuses questions, sur sa création, sa "naissance". Avait-elle déjà toutes les connaissances que son Créateur voulait lui inculquer ou les apprenaient-elles comme un enfant qui grandit ? Fallait-il qu'elle apprenne à marcher, parler, lire ? Toutes ses connaissances rudimentaires ?

Je préférais taire cet interrogatoire et caresser sa main, tout comme l'avait fait avec moi avant. Espérant apaiser son âme en peine, je me permis d'intervenir :
- Tu as encore de nombreuses années pour voyager et faire plus pour ce monde. Tu en sais plus que quiconque ici, le tout est de savoir à qui se confier pour faire avancer les choses.

Quelque part nous avions le même but, mais à nous deux nous ne pouvions dénoncer ce que nous savions, on nous ferait taire avant que les rumeurs ne s'ébruitent et déclenche une révolution parmi les citoyens d'Ezylone. Sans nul doute que des alliances bien plus sombres tiraient les ficelles de nos régions, tissant une toile dans laquelle nous étions prisonnier sans nous en apercevoir. A cette pensée je frémis, peut-être étais-je trop pessimiste. Je l'espérais.

Mayu me demanda alors qui j'allais rencontrer, je répondu plus sèchement que je ne l'aurais voulu :
- La personne qui répondra à mes questions. Le premier Lieutenant Sherperd. Une femme au coeur de pierre et meurtri. Il était rare de rencontrer un individu de sexe féminin dans la Chevalerie, Messya avait dû faire ses preuves pour en arriver là. Elle était forcément au courant de ce qu'il se tramait plus haut, et je devrais redoubler de finesse pour en apprendre plus sans éveiller ses soupçons. Qui sait, peut-être je découvrirais en elle une nouvelle alliée. Comme disait l'adage, l'espoir fait vivre, je risquais donc de vivre très longtemps !

Je me repris plus doux :
- Je compte bien avoir des explications sur ce qu'il s'est passé à Hundra, et peut-être en découvrirais-je plus encore. Ou peut-être on me mettra au cachot ...

Le reste du trajet se fit silencieux, chacun perdu dans sa bulle du passé. Je gardais la belle contre moi, l'espace d'un instant je me retrouvais auprès d'Ema. Nous arrivâmes sur Cirdania plus vite que je ne l'aurais cru. Laissant la charrette derrière les remparts de la ville je déposais un baiser sur le front de Mayu :
- Il va falloir qu'on se revoit, j'aimerais te connaître un peu plus encore ... Cette jeune femme m'intriguais. Etai-ce vraiment elle ou sa condition d'âme éthérée ? Toujours est-il que nos routes devaient se séparer à cette instant, je me souvins de ses paroles "Rien ne laisse supposer que nos chemins se croiseront à nouveau...". Peut-être n'aurait-elle pas envie de me revoir, partir avec ses secrets et les miens, poursuivre son existence sur des routes inconnues. J'étais nul en adieu, je préférais alors laisser le choix à la jeune femme :
- Tu sais où me trouver si tu veux. Tu seras la bienvenue crois-moi,
et mon lit chaud sera ravi de t'accueillir à nouveau.
Je souris devant les joues rougis de Mayu face au sous-entendu et je partis en lui caressant la joue. Pas de baiser pour cet adieu, je ne me retournais pas. Enfin presque, au tournant d'une rue je glissais un œil là où elle se trouvait quelques instants plus tôt, mais déjà son svelte corps avait disparu.

Shadow sortit sa petite tête à ce moment là, révélant ses crocs dans un long bâillement. Je lui caressais le crâne avant de me retrouver à la Caserne où j'allais affronter mon destin.


Ecriture William : color=#cc3300
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MessageVen 23 Fév - 14:18

Le brun n'hésita pas à la rassurer, lui confiant qu'il n'était pas encore temps de baisser le bras, mais plutôt de trouver de solides alliés. Du moins, c'est ainsi qu'elle interprétait ses paroles, et cela lui redonna la petite étincelle qu'elle avait failli laisser s'éteindre à maintes reprises. Quand elle évoqua celle qu'il devait rencontrer, William fut soudain plus distant, ne lui donnant aucun nom. Il se contenta de déclarer que cette personne avait des choses à lui expliquer, et lui, des questions à lui poser. Mayu sentit un frisson remonter le long de son dos au souvenir de ce qu'il lui avait appris un peu plus tôt. Jusqu'où était-il prêt à aller pour obtenir ses réponses ? Userait-il de son don quitte à souffrir lui-même ? Inquiète, elle allait ouvrir la bouche pour en discuter quand les remparts de la ville apparurent à l'horizon. Mayu resta immobile, profitant de la chaleur que leur contact lui procurait, encore un peu, tout en observant les murs se rapprocher. Était ce là que leur chemin allait se séparer ?

Lorsque la carriole s'immobilisa, ils descendirent tous deux et William posa un baiser sur son front. C'était tellement différent, comme si, soudainement, il y avait un mur invisible entre eux. Pourtant, il évoqua l'envie de la revoir, d'en apprendre plus, et la blanche sourit tristement. Savoir qu'elle serait la bienvenue si elle retournait à la ferme ne lui fit pas l'effet escompté. N'aurait-elle pas du être heureuse qu'il ai envie de partager du temps avec elle à nouveau ? Elle rougit légèrement, mal à l'aise qu'il évoque si facilement la nuit qu'ils avaient passés ensemble quand elle ne savait pas, de son côté, comment l'interpréter. Il n'attendit pas d'avantage et parti sans un regard en arrière.

Si elle resta un instant à regarder le vent soulever sa cape à intervalle régulier, elle décida de ne pas rester pétrifiée plus longtemps, et se fondit dans la foule. Quitter cette petite bulle , cette drôle de parenthèse à sa routine de voyage, laissait à présent un vide quelque part en elle. Avait-elle seulement un cœur à proprement parler ? Probablement, sans quoi, elle ne serait pas en proie à de tels tourments. Décidant de remettre au lendemain son passage chez le cordonnier, la blanche marcha tranquillement jusqu'à la Corne d'Or, une auberge dont elle connaissait bien la propriétaire, la tête ailleurs. Lorsqu'elle en poussa la porte, Emelyne s'écria en venant à sa rencontre :

- Ça, pour une surprise ! Mayu, cela fait une éternité !

La grande brune élancée au décolleté outrageant la serra dans ses bras. Habituée de ses démonstrations d'affection qu'elle trouvait exagérée, la jeune femme pouffa en répondant :

- Toi aussi, tu m'as manqué, essaye de ne pas m'étouffer tout de même !

Emelyne la relâcha avant de la gratifier d'une tape affectueuse sur l'épaule et de s'éloigner vers le comptoir ou elle remplit deux verres et en poussa un vers elle :

- Cadeau de la maison ! Tu veux une chambre, j'imagine ? Je n'en ai qu'une de disponible, elle n'est pas très spacieuse, mais au moins tu seras au calme, ça t'ira ?


Mayu hocha la tête et descendit le verre d'alcool cul-sec après avoir trinqué avec son amie. Le goût amer resta sur sa langue durant le reste de la soirée qu'elle passa à discuter de ses dernières rencontres et des récent événements auxquels elle avait assisté. Elle ne parla pas de William, trop incertaine encore à son sujet.


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